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Refus d'obtempérer : que demande vraiment la hiérarchie à ses policiers ?

DÉBAT - "Pas de vague", "pas de chasse". Jean-Christophe Couvy (Unité SGP Police) et le journaliste Valentin Gendrot reviennent sur les consignes tacites en cas d'arrestation difficile.

Jean-Christophe Couvy et Valentin Gendrot
Jean-Christophe Couvy et Valentin Gendrot
Crédit : RTL / AFP
Refus d'obtempérer : que demande vraiment la hiérarchie à ses policiers ?
00:06:20
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Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

"La police tue". Cette phrase, décidément, ne passe pas. Jean-Luc Mélenchon est-il allé trop loin ? Pour en parler, RTL reçoit ce mercredi 8 juin Jean-Christophe Couvy, secrétaire national du syndicat Unité SGP Police, et Valentin Gendrot, journaliste et auteur du livre Flic, un journaliste infiltré la police, paru l'an dernier aux éditions Goutte d'Or. 

"Nous les policiers, on le prend forcément très mal parce qu'encore une fois, on est en train de mettre tout le monde dans le même panier et on veut faire croire aux gens que les policiers sont des assassins en puissance. Et là, la difficulté, justement, c'est d'expliquer que non, c'est faux. Il vaut mieux se faire son propre jugement", recommande le syndicaliste.

Pour Valentin Gendron, la petite phrase de Jean-Luc Mélenchon est de la simple "communication politicienne". "On est à quelques jours seulement du premier tour des élections législatives. C'est de la communication. Et plus largement, tout ce qui touche malheureusement au sujet police, que ça soit de la part des gens qui critiquent l'action des forces de l'ordre ou de la part de ceux qui vont plutôt défendre l'action des policiers et des gendarmes dans le pays, tout tourne autour de la communication. Donc cette phrase de Jean-Luc Mélenchon, évidemment, elle est choquante, ça c'est indéniable. En revanche, je pense qu'il a réussi son coup puisqu'on parle de lui, on parle de cette phrase et on parle du sujet police aujourd'hui."

Le journaliste a aussi partagé son expérience personnelle lorsqu'il a infiltré les forces de l'ordre dans un commissariat du XIXe arrondissement de Paris pendant plusieurs mois. Sur les refus d'obtempérer, les consigne de sa hiérarchie étaient claires à l'époque. "Sur la question du refus d'obtempérer sur les six mois où je suis resté dans le commissariat du XIXe arrondissement, on avait un ordre très simple de la hiérarchie : si vous avez un refus d'ob', pour reprendre un terme policier, un terme du jargon, vous cessez la chasse. Donc il n'y a pas de courses poursuites. Ça, c'était les ordres en 2019, donc je n'ai jamais vu de policiers sur le point de faire usage de leurs armes, ou pire, s'en servir", raconte le reporter. 

Jean-Christophe Couvy n'est pas surpris par cette consigne. "Ce ne sont jamais instructions écrites, c'est souvent des instructions orales. Notre hiérarchie est un peu frileuse et n'aime pas le fait divers. Nous non plus d'ailleurs. Mais surtout elle ne veut pas de vagues." 

Ils tweetent "sans savoir"

Dans le cas précis de l'arrestation à Paris du week-end dernier, le syndicaliste veut rappeler certains éléments qui, selon lui, permettent de mieux comprendre ce qu'il s'est passé. "Au départ, ça part sur un contrôle. Il y a un refus d'obtempérer. Sauf que la personne qui fuit, je suis désolé, mais il n'y a pas de chasse avec des VTT (les policiers se déplaçaient en effet à vélo, ndlr). Ce ne sont pas les policiers qui ont mis la vie de personne en danger sur une chasse, juge-t-il. Le conducteur qui est sous l'emprise de l'alcool, des stups quand même, part à fond dans les rues de la capitale. Il est bloqué. Les VTT le poursuivent donc par des rues adjacentes. Ils réussissent à l'interpeller, enfin veulent l'interpeller... On parle d'un refus d'obtempérer mais à la fin, on arrive sur une tentative d'homicide."

La justice est désormais en charge de faire toute la lumière sur les circonstances exactes que cette arrestation qui a entraîné la mort de la passagère qui était dans la voiture avec le conducteur qui a refusé de s'arrêter. "C'est vrai qu'on réagit à vif, reconnaît le leader syndical, et les politiciens dégainent assez rapidement eux aussi. Leur arme préférée, c'est le tweet, sans savoir. C'est ça qui me gêne. C'est que monsieur Mélenchon arrive directement sur la finalité en disant : voilà, la police tue parce qu'une personne est décédée. Vous savez, mes trois collègues aujourd'hui, ils sont dévastés. (...) Jamais ils n'ont voulu avoir sur les épaules la mort d'une personne, bien entendu. Moi, ce que je garde, c'est la finalité : si cette personne, dès le départ, avait accepté le contrôle de police, on n'en serait pas là."

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