1 min de lecture Antisémitisme

Rassemblements pour réclamer "justice" pour Sarah Halimi

Des rassemblements ont eu lieu ce dimanche 5 janvier à Paris et à Marseille pour demander la condamnation de l'auteur du meurtre en 2017 de Sarah Halimi, une sexagénaire juive.

Sarah Halimi a été assassinée en avril 2017, à son domicile dans le quartier de Belleville à Paris.
Sarah Halimi a été assassinée en avril 2017, à son domicile dans le quartier de Belleville à Paris. Crédit : Capture d'écran / Google Street View
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Nicolas Scheffer et AFP

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées ce dimanche 5 janvier à Paris et Marseille pour réclamer justice pour Sarah Halimi, une sexagénaire juive tuée en 2017, et pour exiger un procès pour son meurtrier présumé, déclaré pénalement irresponsable.

Le 19 décembre dernier, la cour d'appel de Paris a déclaré Kobili Traoré, mis en examen pour le meurtre, pénalement irresponsable. Les juges ont estimé que ce consommateur de cannabis était alors en proie à une "bouffée délirante". Il ne pourra donc pas être jugé aux assises.

Cette décision a provoqué la colère des parties civiles et de représentants de la communauté juive. "Justice pour Sarah", ont scandé plusieurs centaines de manifestants réunis Place de la République à Paris, tandis que d'autres, venus en scooters et motos, faisaient retentir leurs klaxons. Autour du socle de la statue, une banderole proclamait: "Sarah tuée car juive".

"Un crime religieux antisémite"

À la tribune, William Attal, le frère de Lucie Attal, la victime, - aussi appelée Sarah Halimi - a dénoncé les "incohérences et les dysfonctionnements" à ses yeux de l'enquête menée depuis deux ans, jugeant que sa soeur avait été victime d'"un crime religieux antisémite".

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Muriel Ouaknine Melki, l'avocate de M. Attal, a qualifié la décision du 19 décembre de "décision de la honte", réclamant un procès aux assises. L'écrivain Marek Halter, lui aussi présent au rassemblement parisien, a mis en garde contre une décision qui pourrait, selon lui, "introduire une nouvelle jurisprudence".

Abolition du discernement

À Marseille, ce sont 2.500 personnes selon la police qui ont défilé de la préfecture au Palais de justice, brandissant des pancartes ironiques : "fume des joints, il t'arrivera rien". 

S'appuyant sur plusieurs expertises, la cour d'appel avait estimé en décembre qu'il existait "des charges suffisantes contre Kobili Traoré d'avoir (...) volontairement donné la mort" à Mme Halimi, avec la circonstance aggravante de l'antisémitisme, tout en le déclarant "irresponsable pénalement en raison d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement".

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