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Un immeuble à Caraballeda le 2 juillet 2026, huit jours après le double séisme au Venezuela.
Crédit : MARTIN BERNETTI / AFP
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Une activité sismique importante. Le séisme dévastateur qui s'est déclenché ce lundi 10 août en Colombie n'est pas sans rappeler les deux tremblements de terre de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont fait 6.000 morts au Venezuela en juin dernier. Un nouveau séisme qui pose la question : pourquoi l'Amérique du Sud est-elle particulièrement touchée par ces phénomènes sismiques ?
Cette nouvelle secousse, de magnitude 7,4, est due à un phénomène de "subduction", c'est-à-dire lorsqu'une plaque océanique passe sous une autre, explique à RTL.fr Benoît Derode, sismologue pour le BCSF-Rénass, le Bureau central sismologique français. L'Amérique du Sud est ainsi une zone de "subduction active due à la plaque Caraïbe", ce qui cause une "activité sismique relativement forte dans la région".
Dans le cas de la Colombie, tout particulièrement, le Service colombien de géologie (SGC) explique au média Colombia 1 que trois plaques tectoniques interagissent au niveau du pays : la plaque de Nazca, qui plonge sous la plaque sud-américaine, et la plaque Caraïbe, qui "exerce une pression au nord".
Bordée par la "ceinture de feu du Pacifique", c'est-à-dire la région géologique qui suit les contours de l'océan Pacifique où se produisent la majorité des séismes et éruptions volcaniques dans le monde, la plaque Pacifique est "probablement la zone sismique la plus active au monde", explique Benoît Derode. C'est d'ailleurs sur la côte ouest du continent sud-américain qu'avait eu lieu le plus gros séisme de l'histoire en 1960 : un tremblement de terre de magnitude 9,5 dont l'épicentre se trouvait près de Lumaco, au Chili.
Le séisme qui a touché la Colombie ce lundi est un peu différent par nature de celui qui a ravagé le Venezuela. "Ce qui s'est passé en Colombie, c'est assez spécifique, un peu plus profond que les séismes classiques", là où le tremblement de terre au Venezuela était "plutôt superficiel".
Mais quant à savoir si l'un est plus dangereux que l'autre : "Des études tendent à montrer qu'à magnitude égale, le plus profond aura tendance à faire plus de dégâts. Mais vu qu'il est plus profond, il sera potentiellement plus éloigné des habitations". D'autant que la notion de dégâts dépend aussi de la résistance des constructions en surface et des normes parasismiques en vigueur dans les pays concernés.
Si les séismes d'une magnitude très importante, comme cela avait notamment été le cas au Venezuela, "ça n'arrive pas tous les ans", le spécialiste du BCSF-Rénass peine à utiliser le terme de phénomène "rare" : "Ils font partie du cycle", explique-t-il. Il souligne par ailleurs que "depuis une centaine d'années qu'on fait des mesures, on n'a pas noté d'augmentation de l'activité sismique dans le monde". L'évolution des outils de mesures, aujourd'hui plus précis, permettent toutefois de "capter de plus petits séismes, mais les gros événements n'ont pas changé leur rythme".
Et malgré des événements rapprochés, comme en Colombie et au Venezuela, ainsi qu'au Japon récemment, il n'existe pas de saison plus propice aux séismes. "Pour l'instant, sur ce genre de gros séismes, on n'a absolument pas de saisonnalité", explique Benoît Derode à RTL.fr. Certaines études se penchent sur un possible lien avec les marées et les saisons, les pluies et les sécheresses pouvant "créer de la petite sismicité de surface", mais cela ne concernerait pas de gros séismes comme celui survenu en Colombie cette semaine.
À ce stade, il n'est d'ailleurs toujours pas possible de prévoir un séisme d'une telle ampleur. "Il y a beaucoup trop de facteurs extérieurs auxquels on n'aura jamais accès", explique le sismologue. Certains phénomènes peuvent être "anticipés", en fonction du mouvement des sols, du début du glissement d'une faille, ou bien du temps écoulé depuis le dernier événement majeur. Mais il n'est pas possible de dire avec précision où et quand un séisme viendra à se produire.
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