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Deux jeunes femmes faisant parties d'un réseau de prostitution (illustration)
Crédit : REMY GABALDA / AFP
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C'était le 13 avril 2016. Après deux ans et demi de vifs débats, les députés ont adopté il y a dix ans, la loi contre le système prostitutionnel. À l'époque, le texte vise à renforcer la lutte contre la prostitution et les réseaux de proxénètes tout en offrant un accompagnement aux personnes prostituées.
Cette loi marque à l'époque un tournant dans la lutte contre la prostitution. Avec son application, les travailleuses et travailleurs du sexe sont devenus des victimes. C'est la fin du délit de racolage qui les catégorisait systématiquement comme des délinquants : la loi considère désormais que l'acte sexuel rémunéré est une violence qui doit être pénalisée. On s'attaque donc aux clients, passibles d'une amende de 1.500 euros, voire 3.700 en cas de récidive.
En pénalisant les clients, l'État voulait endiguer les réseaux de prostitution. Est-ce que ça a marché ? Le bilan est plutôt mitigé : le nombre de verbalisations reste très faible, environ 1.000 par an, car le milieu de la prostitution a bien changé.
Les travailleuses et travailleurs du sexe ont largement quitté la rue pour internet, ce qui rend la tâche des autorités plus difficile pour débusquer les clients car tout se passe en lieu fermé. Il suffit d'un téléphone pour réserver une chambre d'hôtel et d'un simple clic pour acheter une prestation. Cette prostitution 2.0 a rajeuni les profils des travailleuses et travailleurs du sexe : un tiers des personnes en situation de prostitution sont des mineurs. Les jeunes filles sont les cibles privilégiées des proxénètes, recrutées sur les réseaux sociaux comme TikTok.
Le manque de moyens explique également l'échec de la lutte contre la prostitution. 36 départements n'ont d'ailleurs enregistré aucune verbalisation en 2024, faute de moyens conséquents. Même constat du côté des parcours d'aide aux victimes. "Il n'y a eu que 2.500 parcours de sortie de la prostitution entre 2017 et 2025. Il y a des inégalités territoriales. Un quart des départements n'ont pas eu de parcours de sortie de prostitution en France, ce qui est énorme", explique à RTL Delphine Jarraud, déléguée générale de l'Amicale du nid.
Chez le syndicat des travailleurs du sexe, on estime que cette loi a été contre-productive. La pénalisation des clients aurait aggravé la sécurité et la précarité des prostituées, poussé à s'enfoncer encore plus dans la clandestinité.
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