2 min de lecture Racisme

Les Réunionnais "dégénérés" : la justice saisie après les propos de Brigitte Bardot

Le préfet de La Réunion a saisi le procureur de la République après que Brigitte Bardot a qualifié les Réunionnais de "dégénérés".

Brigitte Bardot dans la cour de l'Élysée en septembre 2017
Brigitte Bardot dans la cour de l'Élysée en septembre 2017 Crédit : ERIC FEFERBERG / AFP
Eleanor Douet
Eléanor Douet
et AFP

Le préfet de la Réunion a annoncé avoir saisi le procureur de la République, mercredi 20 mars, après les déclarations racistes de Brigitte Bardot à l'encontre des Réunionnais. Des propos condamnés par le gouvernement et l'Assemblée nationale. 

La veille une lettre adressées à la militante de la cause animale au préfet de l'île avait été rendue publique. Dans celle-ci, l'ancienne actrice de 84 ans, déjà condamnée cinq fois pour incitation à la haine raciale, affirme que "les autochtones ont gardé leurs gênes (sic) de sauvages" et évoque pêle-mêle "des réminiscences de cannibalisme des siècles passés", "une population dégénérée encore imprégnée des coutumes ancestrales, des traditions barbares qui sont leurs souches".

"Cette lettre comporte des termes injurieux et racistes à l'égard des habitants de La Réunion", a indiqué le préfet de La Réunion dans un communiqué. "Cette lettre étant susceptible d'être constitutive d'un délit", il précise avoir "saisi mercredi matin le procureur de la République de Saint-Denis au titre de l'article 40 du Code de procédure pénale".

L'article 40 dispose que "toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit, est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République". 

Condamnations des députés et du gouvernement

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Interpellé par le député de la Réunion Jean-Hugues Ratenon (LFI), qui a fait part de son "indignation" lors des Questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le secrétaire d'État chargé du Logement Julien Denormandie a condamné "au nom du gouvernement, de la manière la plus solennelle possible, de la manière la plus ferme possible, ces propos indignes".

Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand a, lui, assuré que "l'ensemble de cet hémicycle ne peut avoir qu'un sentiment de mépris" à l'égard de ces propos, sous les applaudissements debout de l'ensemble des députés. Le député Ratenon a annoncé mercredi matin avoir déposé plainte pour "injure publique".

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, qui se trouvait mardi à La Réunion, avait aussitôt condamné les termes injurieux du courrier, et annoncé qu'elle s'associerait à une plainte déposée par le préfet. Le président de la Région Réunion, Didier Robert, a également saisi le procureur. 

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