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Procès de Valérie Bacot : "J'ai été naïve", confie sa mère à la barre

Jugée pour avoir assassiné son mari violent et proxénète, Valérie Bacot était "amoureuse" de son bourreau, a assuré sa mère Joëlle Aubague, ce mercredi 23 juin, devant les assises de Saône-et-Loire.

Valérie Bacot arrivant au procès en compagnie de ses enfants le 21 juin 2021.
Valérie Bacot arrivant au procès en compagnie de ses enfants le 21 juin 2021.
Crédit : JEFF PACHOUD / AFP
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La rédaction numérique de RTL
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"Amoureuse". C'est ainsi que Joëlle Aubague, la mère de Valérie Bacot, a qualifié le sentiment qu'éprouvait sa fille envers Daniel Polette, son mari violent et proxénète, ce mercredi 23 juin, devant les assises de Saône-et-Loire. Valérie Bacot, 35 ans à l'époque des faits, encourt la perpétuité pour avoir assassiné d'une balle dans la nuque, le 13 mars 2016, Daniel Polette, alors âgé de 61 ans. 

Daniel Polette avait déjà été condamné en 1995 pour avoir agressé sexuellement Valérie Bacot, qui avait alors 12-13 ans. Mais, après avoir purgé sa peine, il est revenu au domicile familial en septembre 1997. Valérie Bacot est tombée enceinte de lui et l'a suivi en s'installant en couple avec son violeur. C'est un des "nombreux dysfonctionnements" des autorités qui ont poussé Maître Nathalie Tomasini, une des avocates de Valérie Bacot, à assigner l’État en justice pour "faute lourde".

"Valérie voulait" que Daniel Polette revienne "à la maison", assure à la barre sa mère Joëlle. Selon elle, Valérie Bacot avait déjà dit, quand son violeur a été jugé : "Je ne lui en veux pas. Je ne veux pas qu'il aille en prison". 

"Vous étiez sa mère !"

"Je veux rester avec mon homme", avait écrit Valérie Bacot, alors presque majeure, dans une lettre écrite à sa mère à l'époque. "J'ai été naïve. On donne une deuxième chance. Oui, ce n'était peut-être pas normal", tente de se justifier Joëlle Aubague, assurant avoir "découvert" le viol de sa fille par son compagnon "quand les gendarmes ont débarqué un matin". "J'étais atterrée".

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Mais "vous étiez sa mère ! Comment avez-vous pu emmener cette enfant chez son bourreau ?", s'emporte Maître Tomasini en évoquant les visites de Valérie Bacot, alors adolescente, dans la prison où était son violeur. "C'est elle qui voulait", assure la mère. "Mais qu'est-ce qui vous est passé par la tête ?", crie l'avocate. "Je n'ai rien imposé", affirme Joëlle Aubague, qui restera sans mot lorsque l'avocate lui annoncera que sa fille vient de déposer plainte contre elle pour "complicité de viol par omission". 

"Je voudrais bien pouvoir faire marche arrière", lâche la mère, concédant ne pas avoir été "parfaite" mais assurant n'avoir jamais chassé sa fille du domicile familial quand elle est tombée enceinte. "Valérie a cru comprendre que je voulais qu'elle parte mais non", dit-elle, jurant ses grands dieux que c'était Daniel Polette qu'elle voulait chasser de sa vie. Le procès qui se tient à Chalon-sur-Saône doit s'achever vendredi 25 juin.

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