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Trois personnes sont décédées, le 11 mai au matin lors d'un incendie criminel dans un immeuble de Décines-Charpieu, en banlieue de Lyon
Crédit : JEFF PACHOUD / AFP
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Trois personnes sont mortes, ce lundi 11 mai au matin lors d'un incendie criminel dans un immeuble de Décines-Charpieu, en banlieue de Lyon. La piste du règlement de comptes entre narcotrafiquants est à l'étude. Le parquet a ouvert une enquête pour homicide volontaire en bande organisée.
En fin de matinée, les pompiers restaient mobilisés pour sécuriser le bâtiment. Des policiers, en nombre important, verrouillaient les accès au site, selon des journalistes de l'AFP.
"Vers 7h30, il y a eu plusieurs départs de feu" dans un immeuble de sept étages situé dans le quartier populaire du Prainet, a déclaré le préfet délégué à la sécurité Antoine Guérin qui s'est rendu sur place. Le sinistre, qui a mobilisé plus de 80 sapeurs-pompiers et une trentaine d'engins, a rapidement été éteint.
Aucune information sur l'identité des personnes décédées n'a à ce stade été communiquée. L'une d'elle s'est défenestrée en se jetant du septième étage, selon deux sources proches du dossier à l'AFP.
Au micro de RTL, un locataire, présent dans l'immeuble au moment de l'incendie, se trouvant au septième étage, a décrit l'évacuation. "J'ai entendu le détecteur de fumée qui s'enclenche donc je suis parti dans le couloir, j'ai senti la fumée", a-t-il raconté.
"J'ai souhaité descendre mais je ne pouvais plus ouvrir la porte de chez moi, elle était bloquée. La fumée était de plus en plus grosse, donc je suis allé dans ma chambre m'enfermer et j'ai attendu l'arrivée des secours", a-t-il expliqué. Et de confier : "Je me suis vu mourir. J'ai surtout eu peur pour les voisins qui ont des enfants".
"C'était choquant", a raconté auprès de l'AFP une voisine âgée d'une vingtaine d'années, qui dit avoir assisté à la scène et être "traumatisée". Comme la plupart des riverains interrogés, elle n'a pas souhaité donner son nom par peur de "représailles" dans ce quartier devenu selon elle "trop dangereux".
Quatorze personnes exposées à des fumées de l'incendie ont été transportées à l'hôpital en urgence relative, et une quarantaine de résidents de l'immeuble ont été évacués vers un gymnase municipal, selon la préfecture.
Une cellule d'écoute psychologique a été mise en place et le bailleur a commencé à reloger les habitants, a déclaré la présidente LR de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli.
Une enquête pour homicide volontaire en bande organisée a été ouverte par le parquet de Lyon, et confiée à la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de la police judiciaire. "Pour l'heure, aucune hypothèse n'est écartée, notamment la piste criminelle", a écrit le procureur de Lyon, Thierry Dran, dans un communiqué laconique.
"L'hypothèse de violences entre trafiquants de drogues est à l'étude", a précisé à l'AFP une source policière. "Il y a eu des guerres de territoire sur Lyon ces derniers jours (...) des rivalités entre des bandes de narcotrafiquants", notamment à Décines-Charpieu, a rappelé le préfet délégué à la sécurité.
"Depuis quelques semaines, les habitants vivent l'enfer", a estimé Jean-Emmanuel Alloin, adjoint à la mairie de Décines-Charpieu auprès de RTL. On doit être sur une dizaine de faits, notamment sur les mises à feu de paliers", a-t-il ajouté avançant l'hypothèse du narcotrafic et d'une "guerre de territoires".
Plusieurs départs de feu d'origine volontaire ont eu lieu depuis fin avril, rue Sully où s'est produit l'incendie, et des tirs d'armes à feu ont également été recensés à proximité.
Le 24 avril, une femme qui rentrait chez elle avec ses deux enfants a été atteinte au mollet par une balle perdue dans des tirs qui visaient cinq voitures stationnées dans la rue. Après ces tirs, la maire LR de Décines-Charpieu, Laurence Fautra, avait interpellé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, et réclamé une "présence régalienne ferme et efficace". "Décines-Charpieu doit être purgée de ses narcotrafiquants", avait-elle écrit sur Facebook.
Le dispositif policier a été renforcé dans le quartier depuis, avec le déploiement d'une compagnie de CRS notamment. Des patrouilles militaires Sentinelle ont été déployées pour garantir le périmètre de sécurité, a écrit sur X la préfète du Rhône, Fabienne Buccio.
En décembre 2022, un incendie avait fait dix morts, dont quatre enfants, dans un immeuble de Vaulx-en-Velin, également dans la banlieue est de Lyon. Les flammes étaient parties du rez-de-chaussée, avant de se propager au reste du bâtiment. L'enquête a montré que le feu était parti d'un canapé installé dans un point de deal en bas de l'immeuble mais sans identifier les responsables.
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