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Neuf femmes, deux rappeurs, un avocat... Qui sont les personnes mises en examen après l'opération Octopus contre la DZ Mafia ?

Ce samedi 14 mars, Nicolas Bessonne, le procureur de la République de Marseille a indiqué que 26 personnes ont été mises en examen après le vaste coup mené contre l'organisation criminelle de la DZ Mafia. Parmi elles, plusieurs profils dénotent.

Une patrouille de gendarmerie (illustration)

Crédit : DENIS CHARLET / AFP

Opération Octopus sur la DZ Mafia : qui est l'avocat qui fait partie des 15 personnes placées en détention provisoire

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Frédéric Perruche & Justine Audollent

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Un avocat, neuf femmes et deux rappeurs parmi les 26 personnes placées en examen après l'opération Octopus. Le 10 mars, les forces de l'ordre ont réalisé un coup de filet inédit contre la DZ Mafia. Au total 42 personnes ont été placées en garde à vue, dont trois des principaux chefs présumés de l'organisation. 

Lors d'une conférence de presse ce samedi 14 mars, Nicolas Bessone, le procureur de la République de Marseille, a fait le point sur l'enquête et a annoncé la mise en examen de 26 personnes11 ont été placées sous contrôle judiciaire et 15 en détention provisoire. Parmi ces dernières, un avocat lyonnais soupçonné de corruption.

Un avocat lyonnais soupçonné d'avoir aidé un chef de la DZ Mafia à communiquer depuis sa prison

Kamel Aïssaoui est inscrit au barreau de Lyon depuis six ans seulement. Son modeste cabinet est situé à une vingtaine de kilomètres du côté de Villefranche-sur-Saône, à proximité de l'autoroute A6, dans une zone commerciale. C'est d'ailleurs à Villefranche qu'il a longtemps exercé comme juriste, chargé de l'aide aux victimes et délégué du procureur pour des questions liées à la discrimination. 

Fin 2019, il a prêté serment, a endossé la robe d'avocat à 43 ans et a enchaîné les affaires du quotidien : divorces, violences conjugales, stupéfiants. Rien de très médiatique jusqu'à son recrutement par un chef de la DZ Mafia au printemps dernier, soupçonné de plusieurs assassinats et écroué dans des prisons de la région avant d'être transféré dans l'unité ultra-sécurisée de Condé-sur-Sarthe avec le gratin du narcotrafic.

L'avocat est soupçonné de l'avoir aidé à communiquer depuis sa prison avec ses complices en liberté via son ordinateur, par téléphone et courrier. A-t-il été corrompu pour cette assistance ? Menacé ? Selon les informations de RTL, les activités de Kamel Aïssaoui n'étaient guère florissantes. Son cabinet est en redressement judiciaire pour défaut de paiement depuis l'été 2024.


Pour le procureur de Marseille, cette mise en examen illustre les moyens mis en place par les délinquants pour "continuer à diriger leur organisation" depuis la prison. 

Des femmes qui sont passées d'un rôle de nourrice à celui de logisticienne

Parmi les autres personnes mises en examen, un autre profil interpelle. Neuf femmes ont effectivement été mises en cause. Sur RTL, ce samedi 14 mars, Nicolas Bessonne estime que ce n'est "pas totalement une surprise" car il y a une "féminisation" du milieu, note-t-il.

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"Traditionnellement, les femmes dans le narcotrafic étaient cantonnées au rôle de nourrice, c'est-à-dire l'appartement d'une personne qui est en précarité sociale, qui va servir à garder des armes ou de l'argent ou de la drogue. Là, on a un rôle, depuis quelques temps, plus actif. Elles sont soit messagères, soit logisticiennes, soit elles peuvent participer au circuit de blanchiment. C'est effectivement un nombre significatif sur l'ensemble des mises à l'examen, ce qu'on ne voyait pas il y a une dizaine d'années de cela", précise-t-il au micro de RTL.

Utiliser le rap pour blanchir les activités criminelles

Par ailleurs, deux rappeurs ont été mis en examen, Dika et KITKVT, symbole de l'existence d'une porosité entre le banditisme et certains secteurs du rap. Qu'apporte le rap à une telle organisation criminelle comme la DZ Mafia ? "Elle va utiliser le rap à la fois pour générer de nouveaux revenus, mais également pour blanchir leurs activités criminelles", explique le procureur de Marseille au micro de RTL.

Et d'ajouter : "Il y a également un aspect publicitaire. On va faire des spéciales dédicaces. On l'a dans la procédure. Le label a fait des spéciales dédicaces aux détenus de Vendin-le-Vieil ou de Condé-sur-Sarthe. Donc, là aussi, ça assoie quelque part un peu la puissance".

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