3 min de lecture Justice

Mort de Fiona : les conclusions glaçantes du procureur

Le magistrat demande que la mère de la fillette et son compagnon soient jugés aux assises. Il revient sur le "calvaire" de l'enfant de 5 ans, morte en 2013.

Une photo de la petite Fiona (archive).
Une photo de la petite Fiona (archive). Crédit : THIERRY ZOCCOLAN / AFP
Julie Coste
et AFP

Durant les dernières semaines de sa vie, la petite Fiona a vécu un enfer. Le procureur de la République de Clermont-Ferrand, Pierre Sennès, qui a mené ce dossier depuis le début, vient de rendre ses conclusions, comme le révèle La Montagne, jeudi 13 août. "Un document limpide, parfois glaçant", avertit le journal régional. 

Fiona, 5 ans, avait prétendument disparu le 12 mai 2013, dans un parc de Clermont-Ferrand. En réalité, elle est morte après avoir été battue. Sa mère et son beau-père ont enterré le petit corps dans la campagne, en présence d'Éva, la petite soeur de Fiona. Le couple n'a avoué qu'après quatre mois de recherches. Malgré de multiples fouilles, les enquêteurs n'ont jamais retrouvé les restes de l'enfant. 

Ils risqueraient 30 ans de prison

Le procureur requiert aujourd'hui que le couple soit jugé aux assises. Dans son réquisitoire définitif, daté du 29 juin, Pierre Sennès demande au juge d'instruction de renvoyer Cécile Bourgeon, 27 ans et Berkane Makhlouf, 33 ans, devant un tribunal jugeant les crimes pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner" sur mineure de moins de 15 ans, par ascendant ou par personne ayant autorité et en réunion. Des poursuites passibles de 30 ans de prison. 

Dans son réquisitoire, que La Montagne a pu consulter, le magistrat revient sur le "calvaire" de Fiona. "Une enfant vive, dégourdie et très sociable", d’après de nombreux témoins. "Les plus beaux yeux bleus de l’école", selon une institutrice bouleversée. "Au terme de plus de deux ans d’enquête (...), le procureur s’est forgé une conviction, indique le journal. La mort de Fiona est l’aboutissement d’un processus de 'violences répétées' commises essentiellement par Berkane Makhlouf dans l’appartement" familial. "Selon le magistrat, la fillette a même vécu un véritable 'calvaire' dans les deux semaines précédant son décès, encaissant successivement des coups à la tête, au visage et à l’abdomen", écrit La Montagne

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Des blessures maquillées

"Le lundi 6 mai ou le lendemain, un hématome conséquent apparaît et se développe sur sa tempe gauche, aussitôt dissimulé par Cécile Bourgeon sous un épais bandeau jaune", rappelle le quotidien. "Les rares personnes qui ont croisé l’enfant dans les jours suivants ont été frappées par sa pâleur extrême". La caissière d'un cinéma la compare à "un zombie". "On aurait dit un petit cadavre", selon un membre de l’équipe pédagogique de son école, où la fillette apparaît pour la dernière fois le 7 mai.

Des témoignages "indiscutables" pour le procureur. Selon lui, Fiona a été victime d'"un autre épisode de violences sévères le 11 mai, dans l’étouffant huis clos familial. C’est au lendemain de ces nouveaux coups - dont les mis en examen se rejettent la responsabilité - que la petite fille aurait été trouvée morte dans son lit". Mais, faute de corps et donc d'autopsie, impossible de déterminer les causes de la mort de Fiona. Le procureur avance tout de même l'hypothèse "d'une lésion intracrânienne qui aurait dégénéré au fil des jours et des coups", indique La Montagne

La mère et le beau-père complices

En revanche, le magistrat a une certitude : "bien que leurs versions divergent, la mère et le beau-père de Fiona ont bien agi de concert, soit comme auteur, soit comme complice". "L’escalade morbide n’a été rendue possible que par une action commune de chacun des deux mis en examen", écrit le magistrat, cité par le journal. Aux côtés de Berkane Makhlouf, "individu au lourd passé judiciaire, violent et toxicomane profond", Cécile Bourgeon est présentée comme un "acteur du calvaire infligé à Fiona", puisqu'elle est allée jusqu’à maquiller sa fille et masquer ses blessures sous un fichu. Pierre Sennès est catégorique : la mère de Fiona "a fait cause commune avec son compagnon dans l’enchaînement des violences". 

Pour l'avocat de Cécile Bourgeon, ce réquisitoire "n'est qu'une étape et on est encore loin de la cour d'assises". Me Gilles-Jean Portejoie conteste toujours que sa cliente ait porté des coups et blessures mortelles. 

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Le magistrat demande que la mère de la fillette et son compagnon soient jugés aux assises. Il revient sur le "calvaire" de l'enfant de 5 ans, morte en 2013.
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