2 min de lecture Justice

Mort d'Adama Traoré : une nouvelle expertise médicale va être ordonnée

Le mois dernier, une expertise médicale fournie par la famille du jeune homme, mort lors de son interpellation en 2016, venait contredire les conclusions de l'enquête.

Environ 800 personnes avaient réclamé justice pour Adama Traoré le 21 juillet 2018
Environ 800 personnes avaient réclamé justice pour Adama Traoré le 21 juillet 2018 Crédit : FRANCOIS GUILLOT / AFP
Sarah Duhieu
Sarah Duhieu
et AFP

Les causes de sa mort continuent de faire débat. Les juges d'instruction chargés de l'enquête sur la mort d'Adama Traoré, un jeune homme décédé lors de son interpellation en juillet 2016 dans le Val-d'Oise, vont ordonner une nouvelle expertise médicale, a appris l'AFP ce mercredi 10 avril, d'une source proche du dossier.

Le décès de l'homme de 24 ans avait longtemps été attribué à son état de santé intérieur. Mais un rapport médical réalisé à la demande de sa famille et versé au dossier récemment contredit les conclusions de l'enquête. Les médecins choisis par la famille invitent à "se poser la question de l'asphyxie positionnelle ou mécanique", ce qui tend vers une mise en cause de la technique d'interpellation des gendarmes.

Selon une ordonnance dont a eu connaissance l'AFP, les juges d'instruction considèrent que ce rapport ne peut être considéré comme une expertise judiciaire car les quatre médecins des hôpitaux de Paris qui en sont les auteurs n'ont pas été désignés par les magistrats, ne figurent pas sur les listes d'experts auprès des cours d'appel ou la Cour de cassation et n'ont pas prêté serment.

Deux versions contradictoires

Une expertise judiciaire réalisée en septembre concluait que le pronostic vital du jeune homme était "engagé de façon irréversible" avant son arrestation. D'après elle, c'est une maladie génétique, la drépanocytose, associée à une pathologie rare, la sarcoïdose, qui a entraîné une asphyxie à l'occasion d'un épisode de stress et d'effort.

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Le 19 juillet 2016, la mort d'Adama Traoré avait été constatée dans la caserne des gendarmes de Persan, près de deux heures après son arrestation dans sa ville de Beaumont-sur-Oise au terme d'une course-poursuite (Val-d'Oise). 

Les juges d'instruction avaient bouclé une première fois leurs investigations mi-décembre sans avoir mis en examen les gendarmes, faisant craindre à la famille d'Adama Traoré un non-lieu. Ses proches avaient érigé le dossier en symbole des violences commises par les forces de l'ordre. De son côté, la défense des gendarmes mis en cause dans la mort du jeune homme avait dénoncé le choix de la famille du jeune homme de privilégier une "instruction médiatique" en ayant transmis à la presse le rapport médical réalisé à son initiative.

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