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La cour d'assises du Vaucluse à Avignon
Crédit : Angeline Desdevises / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Pas d’aveux, pas de mobile, un accusé qui affirme même ne pas connaître sa victime… Mais la reine des preuves : l’ADN. Depuis plus de 15 ans, Sébastien Malinge est derrière les barreaux pour le meurtre de Michèle Martinez, 66 ans, retrouvée morte le 28 novembre 2010, un tournevis planté dans la tempe. Son corps est découvert chez sa fille, à Avignon.
Trahi par deux infimes traces ADN retrouvées sur le manche de l’objet et la veste de la victime, Sébastien Malinge a été condamné à deux reprises à 30 ans de prison. Pourtant, l’homme continue de clamer son innocence et, du fond de sa cellule, a accepté de nous livrer sa vérité. "Quand tu es incarcéré, là, c'est le plus dur", confie-t-il à Enquêtes criminelles.
À partir de ses déclarations, le magazine a mené sa propre contre-enquête. Car dans cette affaire, Sébastien Malinge pourrait être victime d’une erreur judiciaire.
Tout le monde me parlait de Martinez, Martinez. Je connais pas Martinez, moi
Sébastien Malinge
Pour Sébastien Malinge, le cauchemar débute un mois après la découverte du corps de Michèle Martinez. Preuve ADN à l’appui, le père de famille, alors âgé de 31 ans, est soupçonné d’avoir sauvagement tué la fringante retraitée au moyen d’un tournevis et de pierres tâchées de sang retrouvées tout près du corps.
Mais le mobile avancé par les enquêteurs semble léger. Fragile depuis un divorce douloureux et en froid avec sa mère, Sébastien Malinge aurait tout simplement "pété les plombs" en croisant la route de Michèle Martinez, qui avait le malheur de ressembler un peu trop à sa mère. Lui insiste : il n'a aucun lien avec la victime. "Tout le monde me parlait de Martinez, Martinez. Je connais pas Martinez, moi !", continue-t-il d'affirmer.
Pour l’accusé, si cela fait de lui un coupable idéal, c’est parce qu’un élément a échappé aux enquêteurs. En effet, Sébastien Malinge découvre juste avant son procès, prévu pour novembre 2012, qu’il connaît la fille de la victime. "J'ai révélé que j'avais eu une relation avec Marianne", raconte-t-il. Effectivement, pendant près de deux ans, il a entretenu une liaison avec elle. Aucune investigation ne sera menée à ce sujet.
Pourtant, cela aurait pu disculper l’accusé : comme la victime, qui s’était installée chez sa fille peu avant sa mort, Sébastien Malinge a vécu chez Marianne Di Nicola. Et si son ADN s’était retrouvé sur Michèle Martinez par simple "contamination" ? Aujourd'hui, condamné par deux fois, Sébastien Malinge est en prison mais continue de se battre contre ce qu'il considère être une erreur judiciaire.
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