3 min de lecture Justice

Mélinda, 19 mois, morte ébouillantée : 25 ans de prison pour le beau-père, 18 pour la mère

VU DANS LA PRESSE - Mélinda, 19 mois, est morte après avoir été ébouillantée par son beau-père. S'il a plaidé l'accident, il a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle.

L'entrée de la salle des assises de Saint-Omer (illustration)
L'entrée de la salle des assises de Saint-Omer (illustration) Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Paul Turban et AFP

Le 18 mars 2016, Mélinda, 19 mois, est morte à Neuf-Mesnil (Nord), après une longue agonie. Son beau-père, Jason Odin, l'avait aspergée d'eau brûlante dans la baignoire. La jeune fille avait été prise de violents vomissements et hurlait, mais les pompiers n'avaient été prévenus que le lendemain. Jason Odin a été condamné ce lundi 12 octobre à 25 ans de réclusion criminelle, rapporte France 3

Cette peine est assortie d'un suivi de 10 ans. La mère de Mélinda, Ana Maria Barbosa, a pour sa part été condamnée à 18 ans de réclusion criminelle. Cette peine équivaut à ce qu'avait requis l'avocat général qui avait estimé que les actes de torture et de barbarie étaient caractérisés. 

L'homme qui hébergeait le couple a été condamné lui à quatre ans de prison pour non-assistance à personne en danger. L'avocat général avait requis cinq ans, la peine maximale pour ce chef d'accusation. 

La mère a fait "passer son couple avant sa fille"

La mère n'a pas assisté au bain des suites duquel est morte la petite Mélinda. Toutefois, "elle a préféré faire passer son couple avant sa fille, jusqu'à en causer la mort", avait estimé l'avocat général. Elle avait "avant toute chose le devoir de protéger ses enfants, ce qu'elle n'a pas fait", avait asséné Loïc Poirier, bien qu'il avait reconnu qu'elle portait "dans sa chair" la mort de sa fille Joulia en 2013, tuée par son parrain qui l'avait faite tomber. 

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L'avocat d'Ana Maria Barbosa De Sousa, Me Jean-Raphaël Doyer, a rappelé que sa cliente s'était occupée de sa fille la nuit du drame - certes de façon insuffisante - allant à son chevet et la changeant, et qu'elle n'était pas poursuivie pour avoir commis des faits, mais uniquement pour son inaction.  Dans ce dossier, tous s'accordent pour reconnaître que les accusés n'étaient pas aptes à s'occuper d'un enfant. 

Le beau-père, un homme jaloux et égocentrique

Jason Odin, qui voulait se faire appeler "papa" par Mélinda, était également accusé d'avoir maltraité la fillette pendant des mois. Il avait affirmé que l'ébouillantage de Mélinda était un accident. Toutefois, la mère et l'homme qui logeait le couple on tout deux chargé le beau-père. 

L'avocat général l'avait présenté comme un homme jaloux et égocentrique, qui éprouvait un sentiment de toute-puissance en maltraitant Mélinda. Son avocat, Maître Jean-Baptiste Henniaux, a lui décrit un homme "complètement déboussolé", atteint d'une déficience modérée, en témoigne son QI de 56. La barbarie n'était pour lui pas qualifiée, puisque que rien ne prouve selon lui l'intention d'infliger des souffrances. 

Des services sociaux défaillants ?

"Enfant de remplacement" après la mort de Joulia, à qui elle ressemblait, Mélinda avait été conçue alors que ses parents, sous contrôle judiciaire, avaient pourtant interdiction de se voir. S'appliquant à décrire le "terreau" de "misère morale, intellectuelle et financière" où se sont déroulés les faits, l'avocat du logeur Me Vincent Demory a souligné que plusieurs personnes, médecin ou éducatrice, avaient vu Mélinda sans déceler de danger immédiat.  

Le jour même du drame, une éducatrice avait rendu visite à la famille, suivie depuis 2014. Trouvant Ana Maria Barbosa fatiguée et irritée et ne la jugeant pas apte à s'occuper de sa fille, l'éducatrice avait proposé que la grand-mère de Mélinda, chez qui les deux aînés étaient déjà placés, la récupère quelques jours. Mme Barbosa avait refusé. Dès le 17 janvier, le père de Mélinda avait, quant à lui, envoyé un courrier au juge des enfants pour s'inquiéter du sort de sa fille. 

Pour Nathalie Bucquet, avocate de l'association Innocence en danger, ce ne sont pas les responsabilités individuelles des éducatrices qui sont en cause mais les lourdeurs administratives, les délais de traitement par les services sociaux. Conjointement avec l'association Enfance et Partage, également partie civile au procès, elle compte engager une action en responsabilité à l'encontre de ces services

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