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Christel Sire-Coupet, actuellement directrice du laboratoire de la police scientifique de Paris, a identifié le "tueur de l'Essonne", Yoni Palmier à l'aide de son ADN en 2012
Crédit : RTL
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En l'espace de quelques mois, la paranoïa se propage parmi les habitants du département de l'Essonne. Entre novembre 2011 et avril 2012, quatre meurtres sont froidement perpétrés dans un rayon de quelques kilomètres seulement. Nathalie, Jean-Yves, Marcel et Nadjia. Deux hommes et deux femmes âgés de 35 à 81 ans que rien ne lie, excepté le mode opératoire de leur meurtrier.
Tous sont tués par des balles, principalement visant la tête, dans des halls d'immeubles et des parkings souterrains. Le tueur met fin aux jours de ses victimes près de sa moto Suzuki bleue et blanche, aperçue sur toutes les scènes de crime. Qui est donc celui qui est surnommé "le tueur de l'Essonne" ?
Les enquêteurs suspectent un homme dès le premier meurtre : Michel Courtois. C'est lui qui a aperçu son ex-compagne Nathalie Davids, laborantine de 35 ans, pour la dernière fois avant sa mort dans un parking de Juvisy-sur-Orge (Essonne). Il venait de passer la soirée avec elle. En garde à vue en décembre 2011, Michel Courtois avoue les faits et est ensuite mis en examen pour assassinat. En détention provisoire, il se rétracte et nie avoir tué Nathalie. Alors qu'il est incarcéré, les meurtres se succèdent. L'enquête est relancée pour déterminer si le premier suspect est en réalité innocent.
Dans Les Voix du crime, la directrice du laboratoire de la police scientifique de Paris, Christel Sire-Coupet, raconte son travail dans ce dossier depuis le premier appel des enquêteurs à sa déposition aux procès du "tueur à la moto". Cette affaire, elle la relate dans son livre qui retrace les 100 ans de la police scientifique : Le crime parfait n'existe pas, paru aux éditions Du Rocher en janvier 2026.
Lorsque Christel Sire-Coupet est appelée en urgence pour être saisie dans cette affaire en avril 2012, un second suspect vient d'être interpellé : Yoni Palmier. En remontant la piste de la moto, les enquêteurs parviennent à retrouver et à perquisitionner le box loué par cet homme. À l'intérieur, un casque, plusieurs armes dont celle du crime, un pistolet semi-automatique, un blouson ou encore des munitions.
On retrouve un seul profil génétique : celui du "tueur de l'Essonne"
Christel Sire-Coupet, directrice du laboratoire de la police scientifique de Paris
Pour l'actuelle directrice du laboratoire de la police scientifique de Paris, à l'époque, cheffe de section, commence alors un travail d'analyse génétique pour répondre à une question posée par la magistrate qui instruit le dossier : les éléments retrouvés dans ce local appartiennent-ils au "tueur de l'Essonne" ?
À la réception de ces objets mis sous scellés, Christel Sire-Coupet effectue des prélèvements à l'aide d'écouvillons stériles sur "des zones d'intérêt". Par exemple, à l'intérieur du col du blouson ou encore sur la crosse d'une arme à feu. Un nombre d'ADN différent est ensuite recherché et dans ce cas, "on retrouve un seul profil génétique : celui du "tueur de l'Essonne"", explique la policière.
L'ADN retrouvé sur ces scellés est ensuite comparé avec un échantillon salivaire appartenant au second suspect, Yoni Palmier. Les deux profils génétiques sont concordants. Christel Sire-Coupet appelle la juge en charge du dossier pour lui annoncer que la fréquence d'apparition d'un seul ADN permet de pointer la responsabilité d'un seul homme.
Ça sert à ça aussi l'ADN. Ça sert à innocenter, ça ne sert pas qu'à inculper
Christel Sire-Coupet, directrice du laboratoire de la police scientifique de Paris
Cette trouvaille vient confirmer les résultats balistiques qui avaient conclu que la même arme avait été utilisée lors du premier et du troisième homicide. En moins d'une semaine, ces deux éléments tombent, ce qui confère "beaucoup de satisfaction" à la biologiste de formation. Ces analyses permettent en effet de disculper la personne qui a été arrêtée. Michel Courtois est libéré et innocenté en juin 2012, après sept mois de détention. "Ça sert à ça aussi l'ADN. Ça sert à innocenter, ça ne sert pas qu'à inculper", conclut la directrice.
Au terme de son procès devant la cour d'assises de l'Essonne, Yoni Palmier est condamné en avril 2015 à la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans et une rétention de sûreté. L'accusé a fait appel de sa condamnation. En appel, à la cour d'assises de Paris, en 2017, sa peine a été confirmée, mais sans la rétention de sûreté.
Dans Les Voix du crime, Christel Sire-Coupet raconte ces deux procès et ses dépositions à la barre, notamment un moment marquant : sa confrontation avec l'accusé.
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