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Des CRS au contact de "gilets jaunes" samedi 1er décembre 2018
Crédit : Eric Dessons/JDD/SIPA
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Des policiers face à la justice. Sept ans après les gilets jaunes, le procès de neuf CRS accusés de violences s'ouvre ce lundi 9 février 2026 au matin à Paris.
L'affaire remonte à décembre 2018, lors du troisième acte du mouvement. Ce 1er décembre est une journée marquée par le saccage de l'Arc de Triomphe. Alors que la place de l'Étoile est saturée de gaz lacrymogène, des manifestants - comme Manon et son compagnon - forcent l'entrée d'un Burger King pour s'y réfugier. Des CRS débarquent alors et commencent à les matraquer.
"On est complètement essoufflés, on essaie de respirer, on a les yeux qui brûlent", se souvient Manon. Selon ses dires, les manifestants présents dans ce Burger King étaient "tous pacifiques" et n'avaient "touché à rien". Elle s'attendait à ce que les CRS entrent et leur disent de quitter les lieux, ils recevront des coups de matraque et seront frappés à coups de pied. "Je hurle parce que je ressens les secousses. Et ça ne s'arrête pas, ça tape, ça tape, ça tape."
Manon est touchée au bras, son compagnon à la tête, à la main et au bras. "Même si cela s'est passé il y a huit ans, c'est quelque chose qui reste dans ma tête chaque jour depuis toutes ces années", confie Manon, qui espère que la justice reconnaîtra qu'elle a été victime d'une "violence policière". "Ce n'était pas un maintien de l'ordre ça."
Les CRS ne nient pas les coups, la scène a été filmée. Mais ils plaident le manque de lucidité après une journée particulièrement tendue. "Mes clients sont harassés à ce moment-là. Ça fait 12 heures qu'ils se battent" contextualise Maître Laurent-Franck Lienard, l'avocat des CRS. Tenus par "l'obligation de libérer dans l'urgence les lieux" puisque "ça brûle de partout" pendant ce temps-là, les dépositaires de l'autorité publique ont fait le choix d'exercer la force. "Ce sera au tribunal de dire si cette force était proportionnelle ou pas", conclut l'avocat.
Ces neuf hommes, tous membres à l'époque de la CRS 43 basée à Chalon-sur-Saône, vont répondre, pendant trois jours (lundi, mardi et jeudi) de violences volontaires avec plusieurs circonstances aggravantes, et encourent pour certains jusqu'à sept ans de prison et 100.000 euros d'amende.
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