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"J'y pense chaque jour depuis 2018" : neuf CRS jugés pour avoir frappé des gilets jaunes dans un Burger King à Paris

En décembre 2018, des CRS avaient matraqué des manifestants qui avaient forcé l'entrée d'un Burger King à proximité de la place de l'Étoile pour y trouver refuge, sans leur laisser le temps d'évacuer l'endroit. Leur procès s'ouvre ce lundi 9 février à Paris et durera trois jours.

Des CRS au contact de "gilets jaunes" samedi 1er décembre 2018

Crédit : Eric Dessons/JDD/SIPA

"J'y pense chaque jour depuis 2018" : neuf CRS jugés pour avoir frappé des gilets jaunes dans un Burger King, le procès s'ouvre ce lundi 9 février

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Arthur Pereira - édité par La rédaction numérique de RTL

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Des policiers face à la justice. Sept ans après les gilets jaunes, le procès de neuf CRS accusés de violences s'ouvre ce lundi 9 février 2026 au matin à Paris.

L'affaire remonte à décembre 2018, lors du troisième acte du mouvement. Ce 1er décembre est une journée marquée par le saccage de l'Arc de Triomphe. Alors que la place de l'Étoile est saturée de gaz lacrymogène, des manifestants - comme Manon et son compagnon - forcent l'entrée d'un Burger King pour s'y réfugier. Des CRS débarquent alors et commencent à les matraquer.

"Je hurle parce que je ressens les secousses"

"On est complètement essoufflés, on essaie de respirer, on a les yeux qui brûlent", se souvient Manon. Selon ses dires, les manifestants présents dans ce Burger King étaient "tous pacifiques" et n'avaient "touché à rien". Elle s'attendait à ce que les CRS entrent et leur disent de quitter les lieux, ils recevront des coups de matraque et seront frappés à coups de pied. "Je hurle parce que je ressens les secousses. Et ça ne s'arrête pas, ça tape, ça tape, ça tape."

Manon est touchée au bras, son compagnon à la tête, à la main et au bras. "Même si cela s'est passé il y a huit ans, c'est quelque chose qui reste dans ma tête chaque jour depuis toutes ces années", confie Manon, qui espère que la justice reconnaîtra qu'elle a été victime d'une "violence policière". "Ce n'était pas un maintien de l'ordre ça."

Au tribunal de juger si l'usage de la force était proportionnel

Les CRS ne nient pas les coups, la scène a été filmée. Mais ils plaident le manque de lucidité après une journée particulièrement tendue. "Mes clients sont harassés à ce moment-là. Ça fait 12 heures qu'ils se battent" contextualise Maître Laurent-Franck Lienard, l'avocat des CRS. Tenus par "l'obligation de libérer dans l'urgence les lieux" puisque "ça brûle de partout" pendant ce temps-là, les dépositaires de l'autorité publique ont fait le choix d'exercer la force. "Ce sera au tribunal de dire si cette force était proportionnelle ou pas", conclut l'avocat.

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Ces neuf hommes, tous membres à l'époque de la CRS 43 basée à Chalon-sur-Saône, vont répondre, pendant trois jours (lundi, mardi et jeudi) de violences volontaires avec plusieurs circonstances aggravantes, et encourent pour certains jusqu'à sept ans de prison et 100.000 euros d'amende.

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