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"J'ai fait le travail de la police" : son ex-meilleur ami était un "prédateur", elle raconte comment elle a démasqué ce violeur en série

PODCAST - En 2023, l'ex-agent de mannequins Johan Mapaga est condamné à 16 ans de prison pour des viols commis sur 16 jeunes filles. C'est grâce au travail d'enquête de la photographe Sylvie Castioni, son ancienne meilleure amie, qu'il a été arrêté. Elle témoigne dans "Les Voix du crime".

La photographe Sylvie Castioni.

Crédit : Maëwenn Le Coroller-Richard / RTL

Son ex-meilleur ami était un prédateur : la photographe Sylvie Castioni raconte comment elle a démasqué ce violeur en série

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Marie Zafimehy

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C'est une pièce de théâtre qui a été le déclic. Après avoir assisté au seul en scène Les Chatouilles d'André Bescond, Sylvie Castioni, à l'époque photographe de mode, réalise qu'elle a été victime de violences sexuelles dans son enfance. C'est une déflagration : elle sort d'amnésie traumatique et sa vision du monde change. Jusqu'à se rendre compte que son meilleur ami, agent de mannequin avec qui elle partage même son pied-à-terre parisien, a tous les traits d'un "prédateur".

Sylvie Castioni se souvient de ce jour où une mannequin se confie à elle dans l'appartement qu'ils partagent : elle lui raconte que son passeport lui a été confisqué. De fil en aiguille, d'autres jeunes filles lui décrivent des faits de séquestration et de viols. "Je me sens trahie, explique-t-elle dans Les Voix du crime. Je suis très en colère parce qu'il me manipulait. Constamment, il me disait qu'il faisait attention aux mannequins. Je n'avais vraiment aucune idée de ce que lui pouvait faire quand je n'étais pas là."

C'est ainsi qu'elle décide d'enquêter et de rassembler les preuves nécessaires à ce qu'il soit poursuivi devant la justice. "J'ai fait le travail de la police, résume Sylvie Castioni. J'ai demandé aux jeunes femmes qui vivaient encore dans l'appartement de rencontrer celles qui étaient sorties d'emprise, celles qui ne travaillaient plus avec lui (...) J'ai demandé, quand il était sous la douche, à certaines de prendre en photo son passeport, par exemple."

On a fait en sorte d'avoir au moins cinq plaintes pour avoir un dossier solide

Sylvie Castioni

Par ailleurs, Sylvie Castioni coupe les ponts avec Johan Mapaga, et au bout de six mois d'enquête confie ses découvertes à un avocat. "On a fait en sorte d'avoir au moins cinq plaintes pour avoir un dossier solide, puisqu'on a compris que deux adolescentes, avaient porté plainte deux ou trois ans auparavant et que l'affaire avait été classée sans suite. Donc je ne voulais pas que ça se reproduise. Là, l'idée, c'était vraiment d'arriver en force."

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Pendant la procédure, Sylvie Castioni est confrontée plusieurs fois à l'ex-agent de mannequin qui est mis en examen. Lui nie les faits, plaide le consentement des 16 jeunes filles parties civiles lors du procès. Il est finalement condamné à 16 ans de réclusion criminelle. "Seize ans, ce n'est jamais assez et en même temps, c'est déjà ça", souffle Sylvie Castioni.

La photographe, qui a désormais quitté le milieu de la mode et monté le projet Toutes Mariannes qui met en lumière des personnalités françaises qui se battent "pour les droits humains", est persuadée qu'il existe au moins "une cinquantaine" de victimes. Elle, a d'ores-et-déjà été entendue dans le cadre de plaintes déposées par d'autres jeunes filles qui accusent Johan Mapaga de faits similaires.

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