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Le tribunal de Toulon
Crédit : Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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L'infirmière et la patiente se sont rencontrées en 1997 alors que cette dernière était soignée à l'hôpital pour une tumeur et souffrait d'un lourd handicap physique, selon les éléments de la plainte déposée par la mère de la patiente et consultée par RTL. La patiente était alors âgée d'une quarantaine d'années et sa soignante avait 26 ans.
La jeune femme assurait ses soins pendant plusieurs années avant de devenir sa fille adoptive en 2012. Selon le récit contenu dans la plainte, la mère adoptive se montrait généreuse et offrait de nombreux cadeaux à sa fille adoptive ainsi que plusieurs dons pour un montant qui s'élève à plus de 50.000 euros. Elle lui a également octroyé un prêt de 185.000 euros. Ce prêt a permis à l'infirmière d'acheter une maison en 2014 à La-Seyne-Sur-Mer dans laquelle elle a installé sa mère adoptive en contrepartie d'un loyer mensuel de 600 euros.
Mais l'ancienne patiente devenue mère adoptive, ruinée, est rapidement devenue incapable de payer le loyer. Notamment en raison du prêt et des dons octroyés à sa fille adoptive.
En mars 2016, l'infirmière a engagé une procédure d'expulsion contre sa mère adoptive et le compagnon de cette dernière. Trois ans plus tard, en avril 2019 alors qu'un huissier et trois policiers s'apprêtaient à mettre en œuvre l'expulsion locative, ils ont découvert les corps sans vie de la mère adoptive et de son compagnon. Le couple avait mis fin à ses jours et avait laissé des inscriptions sur les murs de la maison, accusant l'infirmière de manipulation pour se faire adopter.
La mère de l'ancienne patiente a déposé plusieurs plaintes au pénal et devant l'Ordre des médecins. Me Martin Pradel, avocat de la femme âgée de 88 ans, dénonce les irrégularités qui entachent la procédure d'adoption : contrairement à ce qui est indiqué sur le jugement qui formalise l'adoption, l'adoptante n'a jamais été "conjoint du parent de l'adoptée" - la patiente n'a jamais été la conjointe du père de l'infirmière. De plus, les deux femmes ont une différence d’âge de 14 ans et 8 mois, inférieure à la limite d’âge de 15 ans fixée par la loi lorsque l’adoptant n’est pas le parent de l’adoptée. Enfin, le juge n'a pas été informé du fait que l'adoptée a été l'infirmière de l'adoptante, ce qui aurait fait obstacle à l'adoption au regard des règles de déontologie inhérentes à sa profession.
Me Martin Pradel explique à RTL : "Dans cette affaire, la déontologie aurait dû demeurer la boussole constante de l’infirmière. Elle impose de protéger le patient, en particulier lorsqu’il est vulnérable, et d’exclure tout intérêt personnel. Si les faits sont établis, on est précisément face à l’inverse de ces exigences fondamentales. Ces principes ne sont pas abstraits : ils conditionnent la confiance des patients envers les soignants et, plus largement, celle des justiciables dans les institutions chargées de garantir leur protection."
L'avocat de l'infirmière n'a pas donné suite, pour le moment, aux sollicitations de RTL mais sa cliente réfute l'ensemble de ces accusations. Elle précise aussi dans le cadre de la procédure qu'elle a remboursé 100.000 euros sur les 185.000 empruntés à sa mère adoptive et elle assure que c'est la patiente qui a essayé de profiter d'elle en l'adoptant.
Une enquête préliminaire ouverte au parquet de Toulon est toujours en cours. Ce mardi 25 mars 2026 l'infirmière doit s'expliquer devant l'Ordre des infirmiers du Var.
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