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L'eurodéputé RN Fabrice Leggeri visé par une enquête pour complicité de crimes contre l'humanité

Fabrice Leggeri, eurodéputé RN et ancien patron de Frontex, est visé par une enquête pour complicité de crimes contre l’humanité et de torture. La justice française s’intéresse à son rôle à la tête de l’agence européenne des frontières, après des accusations de refoulements illégaux de migrants en Méditerranée.

Fabrice Leggeri, membre du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN) lors d'une conférence de presse au Parlement européen, le 8 juillet 2024

Crédit : François WALSCHAERTS / AFP

AFP & La rédaction numérique de RTL

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Un juge d’instruction va prochainement être saisi pour enquêter sur Fabrice Leggeri, eurodéputé RN et ancien directeur de Frontex, soupçonné de complicité de crimes contre l’humanité et de torture. L’information a été confirmée mardi 24 mars par une source judiciaire à l’AFP. À la tête de Frontex, l’agence européenne chargée du contrôle des frontières, de 2015 à 2022, Fabrice Leggeri a rejoint en 2024 le Rassemblement national, devenant l’un des principaux visages de la liste du parti d’extrême droite aux élections européennes

Alors que Frontex a été la cible de critiques répétées de la part d’ONG, qui l’accusent d’avoir toléré des refoulements illégaux de migrants, notamment en Méditerranée. Selon la Ligue des droits de l’homme (LDH), qui a déposé plainte en 2024, Leggeri aurait encouragé ses équipes à faciliter les interceptions de migrants par les autorités libyennes et grecques.

La LDH lui reproche d’avoir "encouragé" ses agents à faciliter les interceptions d'embarcations de migrants par les autorités libyennes et grecques. Elle lui reproche d'avoir "fait le choix d'une politique visant à faire obstacle, quel qu'en soit le prix - en vies humaines notamment - à l'entrée des personnes migrantes au sein de l'UE".

Ouverture d'une enquête

Après deux ans de procédure, la cour d’appel de Paris a ordonné l’ouverture d’une enquête le 18 mars dernier. La chambre de l’instruction a estimé qu’il y avait lieu d’informer sur les faits dénoncés par la LDH, qui s’est constituée partie civile. L’entourage de Fabrice Leggeri, contacté par l’AFP, a indiqué qu’il n’avait pas été informé de ces développements et n’a pas souhaité faire de commentaire.

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Pour l’avocat de la LDH, Emmanuel Daoud, cette décision marque une étape inédite : "Des juges d’instruction français vont examiner la responsabilité pénale éventuelle de Fabrice Leggeri dans le drame migratoire qui a coûté la vie à des milliers de personnes en Méditerranée, dont de nombreux enfants et femmes."

Depuis 2014, près de 82.000 migrants sont morts ou portés disparus en tentant de traverser la Méditerranée, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM). Un chiffre probablement sous-estimé, selon l’ONU, qui dénonce régulièrement les conditions de détention et les violations des droits humains subies par les migrants en Libye.

Les ONG soulignent également que Frontex a progressivement remplacé ses moyens maritimes par des moyens aériens, permettant d’alerter plus rapidement les garde-côtes libyens, souvent au détriment du sauvetage en mer.

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