3 min de lecture

"Je n'aime pas cette ambiance" : prix des carburants, vie chère... Pourquoi le gouvernement redoute un retour des Gilets jaunes

La flambée des prix des carburants et la vie chère ravivent les appels à la mobilisation. François Hollande estime qu'un retour d'un mouvement comparable aux Gilets jaunes est un risque, alors que le gouvernement surveille de près la colère sociale.

Une station essence de Lallaing (Nord) a été vandalisée dans la nuit du dimanche au lundi 15 septembre 2026

Crédit : Franck Antson / RTL

Juliette Vignaud & Pauline Théveniaud & Franck Antson

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

Mettre RTL en favori sur Google

Carburants hors de prix et coût de la vie vont-ils faire renaître les Gilets jaunes ? Les appels à la mobilisation contre la vie chère gagnent du terrain sur les réseaux sociaux, laissant planer un retour d'un mouvement comparable aux Gilets jaunes. Une contestation qu'il ne faut pas prendre à la légère selon François Hollande. 

"C'est un risque", a-t-il assuré sur RTL ce mardi 15 septembre, appelant à agir vite, avec des aides ciblées, pour éviter de nouveaux blocages. "Les Français attendent des mesures", a insisté l'ancien chef de l'État.  "C'est possible", a aussi jugé François Bayrou, patron du MoDem et ex-Premier ministre, interrogé sur LCI.

Sur le terrain, les actions sont encore disparates. Au moins quatre stations-services ont été vandalisées dans la nuit de dimanche à lundi 14 septembre dans le Nord. C'est le cas notamment à Lallaing, près de Douai, où la pompe du supermarché a été taguée avec "voleur", notamment. À Pecquencourt, toutes les pompes Total ont été mises hors-service. "Les Français en ont ras-le-bol", commente Patrick, un ouvrier du secteur, au micro de RTL.

À La Rochelle, en Charente-Maritime, une cinquantaine de personnes se sont réunies ce mardi 15 septembre après un appel lancé sur les réseaux sociaux contre la hausse des prix du carburant. Du côté de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, un dépôt pétrolier a été brièvement bloqué par des pêcheurs dans la matinée. 

Une colère sourde qui inquiète Matignon

Cette ambiance, illustration d'une colère sourde, inquiète Matignon et l'ensemble de ses ministres. Le gouvernement est soucieux de se retrouver confronté à des accès de colère incontrôlés, réminiscences d'un mouvement des Gilets jaunes que le pouvoir macroniste n'avait pas vu venir en 2018. 

À lire aussi

Même si "c'est très difficile de pronostiquer ce genre de mouvements", affirme Jean-Marie Pernot, chercheur en sciences politiques à l'Institut de recherches économiques et sociales (IRES) à l'Agence France-Presse (AFP). Mais entre hausse du prix de l'essence et inflation, "beaucoup de choses rappellent l'époque". 

Dans ce contexte, chaque mobilisation, comme celles des pêcheurs ou des gaziers et électriciens en grève, peut être guettée comme le signe avant-coureur d'un mouvement social de plus grande ampleur. Un ministre confie à RTL être revenu "stressé" de son week-end privé, alors que les prix à la pompe ont parfois flirté avec la barre des trois euros le litre. "Il y a une colère, je ressens la même chose qu'au début des Gilets jaunes", souffle-t-il. Je n'aime pas cette ambiance." Selon cette même source, le tarif à la pompe est évoqué à chaque conseil des ministres. "Le choc est majeur, je comprends la colère", ajoute une autre.

Vers un retour des aides ?

Dans les ministères concernés, les yeux sont rivés sur les cours du pétrole. "S'ils restent à ce niveau, on ne pourra pas ne rien faire", souffle un conseiller, surtout que les oppositions font monter la pression. Mais le gouvernement doit aussi arbitrer les solutions avec le budget 2027, où 30 milliards d'euros d'économies sont nécessaires. Sébastien Lecornu a d'ailleurs demandé à ses ministres de geler les dépenses, hors défense. 


Dans ce contexte, le gouvernement entrouvre seulement la porte à une prolongation voire à une augmentation des aides ciblées pour les agriculteurs, pêcheurs et grands rouleurs. "On fait avec ce qu'on a. Pourquoi on ne peut pas plus aider les gens ? Parce qu'on vit à crédit", répond un conseiller. Le ministre de l'Économie travaille sur ces pistes, sans que rien ne soit encore décidé. "On a montré depuis le mois d'avril qu'on était capable d'adapter les dispositifs au plus près et on continuera évidemment de le faire", a assuré Roland Lescure.

Avant de mettre en garde ceux qui attisent le mouvement de colère : "Certains souhaitent transformer cette inquiétude en colère. J'ai bien compris qu'on est dans une phase préélectorale qui excite beaucoup de monde. Je suis là pour [...] évacuer les démarches, propositions et parfois même les prises de position intempestives des uns et des autres qui souhaitent souffler sur les braises." La France insoumise et le Parti socialiste se sont chacun dit prêts à soutenir des mouvements sociaux contre la vie chère, Olivier Faure affirmant dimanche ainsi que "si les Français se soulèvent", il sera "à leurs côtés". Le chef des communistes, Fabien Roussel, a, lui, "appelé les Français à se mobiliser comme nous avons su le faire en 2018". 

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée