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Île-de-France : 5 hommes jugés pour avoir prostitué plusieurs jeunes filles

Cinq hommes sont jugés mardi 5 décembre pour proxénétisme aggravé après avoir prostitué plusieurs jeunes filles dans des hôtels d'Ile-de-France. Les prévenus sont aussi poursuivis pour trafic de stupéfiants.

Les prostitués se réfugient de plus en plus sur internet.
Les prostitués se réfugient de plus en plus sur internet. Crédit : SERGE POUZET/SIPA
Laure-Hélène de Vriendt
Laure-Hélène de Vriendt
et AFP

Elles étaient leurs petites amies ou des copines de lycée. Cinq hommes sont jugés mardi 5 décembre par le tribunal correctionnel de Créteil pour avoir prostitué, dans des hôtels d’île-de-France, des jeunes filles âgées de 16 à 20 ans.

Les faits remontent à 2012 quand une femme constate que sa sœur se prostitue. Elle dépose alors une plainte pour proxénétisme, et la jeune fille est placée sur écoute. Après cinq mois d'enquête quatre des cinq hommes - âgés de 19 à 28 ans au moment des faits - sont interpellés. Le dernier, toujours en fuite, est visé par un mandat d'arrêt.

Trois victimes âgées de 16, 18 et 20 ans ont été identifiées. Il s'agit de jeunes femmes fragiles qui, dans leurs déclarations, emploient le terme d'"escorting" mais jamais celui de prostitution. Par ailleurs elles entretiennent un rapport de séduction avec leurs proxénètes, qui sont des camarades ou des petits amis. C'est la plus jeune, prostituée depuis l'âge de 14 ans, qui a présenté ses deux amies de lycée aux cinq hommes.

Jusqu'à 48.000 euros par mois

Loin des réseaux de prostitution de "grands bandits", ce proxénétisme de "petit niveau, presque le fait d'amateurs", est organisé par un groupe d'amis, où figurent deux paires de frères, explique Arthur Melon, responsable plaidoyer de l'association Agir contre la prostitution des enfants, partie civile dans le procès. 

Moins risqué et plus facile à mettre en place que le trafic de drogues, le phénomène prend de l'ampleur ces dernières années, selon la police et les associations. "Artisanal", le mécanisme est cependant bien rôdé. 

Des annonces sont publiées sur internet et les jeunes filles, enfermées de midi à deux heures du matin dans des chambres d'hôtels parisiens du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine, effectuent chacune jusqu'à trois cent passes par mois. Les clients paient 100 euros le quart d'heure, 150 euros la demi-heure et 200 euros l'heure. L'une des jeunes victimes a déclaré rapporter jusqu'à 48.000 euros par mois. L'argent était confisqué par les proxénètes après chaque passe.

Rendues dépendantes à des drogues

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Les proxénètes entretenaient entre eux un rapport hiérarchique. Trois petites mains - les plus jeunes alors âgés de 19, 20 et 21 ans - assuraient la sécurité et l'approvisionnement en préservatifs

Les deux chefs, dont l'homme recherché, fournissaient cannabis et cocaïne aux jeunes filles rendues dépendantes. Ces dernières, qui ne consommaient pas de drogue avant de les rencontrer, se mettent alors à fumer une dizaine de joints et à sniffer quatre à six grammes de cocaïne par jour pour "tenir le rythme"

Outre le chef de proxénétisme aggravé, les prévenus, qui comparaissent sous contrôle judiciaire, sont aussi jugés pour trafic de stupéfiants. Ils risquent jusqu'à dix ans de prison.

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