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"Il commence à me palper une fesse, puis l'autre" : le navigateur Kevin Escoffier jugé à Lorient pour quatre agressions sexuelles présumées

Kevin Escoffier, figure de la voile française, fait face à la justice ce lundi 30 mars à Lorient. Le skipper est poursuivi pour quatre agressions sexuelles, des faits qu'il nie, dans une affaire qui a bouleversé le milieu nautique.

Kevin Escoffier à Lorient le 6 octobre 2020

Crédit : Loic VENANCE / AFP

Kevin Escoffier : un champion dans la tempête du tribunal

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Jérémy Descours & AFP

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Il y a des images qui marquent une époque. Celle de Kevin Escoffier, en novembre 2020, en fait partie. En pleine nuit, dans les quarantièmes rugissants au large du Cap de Bonne-Espérance, dans l'océan Indien, son bateau se brise net. En quelques minutes, le navigateur passe du statut de compétiteur engagé dans le Vendée Globe à celui de naufragé, seul sur un radeau de survie, balloté par une mer déchaînée.

Le monde entier retient alors son souffle jusqu'à ce que Jean Le Cam, guidé dans l'obscurité et la tempête, finisse par le retrouver. Escoffier grimpe à bord, transi, épuisé, mais vivant. L'histoire est celle d'un miracle, d'un homme arraché à la mort. Mais près de six ans plus tard, le décor a radicalement changé.

Ce lundi 30 mars, à Lorient, Kevin Escoffier ne va pas lutter plus contre les éléments mais devant la justice. Le skipper comparaît devant le tribunal correctionnel de la ville aux six ports pour des faits d'agressions sexuelles dénoncés par quatre femmes, en France et à l'étranger commis entre 2017 et 2023. Des faits que le skipper conteste fermement.

Une première plainte en 2023

Ce procès, très attendu, marque une étape majeure dans une affaire qui secoue depuis 2023 le milieu de la course au large. Pour son avocate, Me Virginie Le Roy, le navigateur entend s'expliquer et défendre sa version. En face, les plaignantes, soutenues notamment par leurs conseils, évoquent des faits graves et répétés.

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Tout commence publiquement en 2023. Une jeune, attachée de presse de l'équipe avec laquelle Escoffier participe à l'Ocean Race, dépose plainte après une soirée à Newport, aux États-Unis.

Tandis qu'elle s'apprête à une accolade avec le skipper, celui-ci lui "presse les seins avec ses mains", a affirmé la jeune femme. "Il commence à me palper une fesse, puis l'autre", "et sa main commence à remonter sous mon t-shirt". Sidérée, elle s'éloigne, tente de comprendre, avant de décider de porter plainte.

"Si ce procès a lieu aujourd'hui, c'est parce que ma cliente a été la première à dénoncer les agressions sexuelles qu'elle a subies. Son courage a rendu cette action en justice possible", souligne son avocate, Me Caroline Toby.

Des faits similaires décrits par trois autres femmes

Ce premier témoignage agit comme un déclencheur. Au cours de l'enquête, les policiers vont s'appuyer sur les témoignages de trois autres femmes. Skippers débutantes ou membres d'équipes techniques, elles décrivent des faits similaires survenus dans différents lieux : Lorient, le Brésil, Melbourne.
Toutes évoquent des gestes déplacés, souvent dans des contextes festifs, parfois avec un Kevin escoffier décrit comme alcoolisé. Certaines racontent avoir dû se défendre physiquement, D'autres mentionnent des comportements intrusifs, voire l'envoi de contenus sexuels non sollicités. 

Dans le journal L’Équipe, Me Caroline Toby, conseil de l'attachée de presse, explique : "Si on lit bien les témoignages avec attention, on a un faisceau, une construction identique, un mode opératoire similaire. J'agresse, souvent dans un contexte alcoolisé, ensuite je m'excuse. Une sorte d'usage". 

Le skippeur se voit comme "un dragueur", mais conteste toute agression sexuelle

Face à ces accusations, Kevin Escoffier conteste. Il se décrit comme un "dragueur", reconnaît une possible lourdeur liée à l'ambiance festive, mais nie toute agression. Sa ligne de défense repose sur l'idée de gestes "mal interprétés", de "quiproquos", d'interactions ambiguës mais non intentionnellement violentes.

Dans le même temps, certains témoins, cités par L’Équipe, continuent de saluer le marin qu'il a été : un professionnel respecté, un navigateur exemplaire. Sur le plan sportif, les conséquences sont déjà lourdes. Kevin Escoffier a quitté son équipe en pleine compétition dès 2023. Suspendu un temps par la Fédération française de voile (avant une annulation pour vice de procédure), il n'a depuis repris aucune course majeure. Depuis les plaintes, aucun sponsor n'a osé remonter à bord.


S'il est reconnu coupable d'agression sexuelle par le tribunal de Lorient, Kevin Escoffier encourt une peine maximale de cinq ans de prison, voire sept ans si des circonstances aggravantes sont retenues. Le jugement devrait être mis en délibéré à l'issue des débats lundi soir.

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