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Google pourrait écoper de la plus grosse amende de l’histoire de l'Union européenne

Dans les jours ou les semaines à venir, la Commission européenne va officiellement mettre en accusation le géant américain pour "abus de position dominante".

"J'alerte l'Arcep" signale les problèmes de téléphone ou de connexion directement aux opérateurs.
"J'alerte l'Arcep" signale les problèmes de téléphone ou de connexion directement aux opérateurs.
Crédit : DAMIEN MEYER / AFP
Google pourrait écoper de la plus grosse amende de l'histoire de l'Union européenne
03:26
Loïc Farge
Loïc Farge

Et de trois ! C'est exceptionnel : il n'est jamais arrivé dans l’histoire de l’Union européenne qu’une même société soit l’objet de trois enquêtes simultanées et qu’elle soit mise en accusation trois fois de suite. Le nouvel assaut contre le titan américain doit être lancé dans les semaines, voire dans les jours qui viennent. C’était prévu avant le Brexit. Mais du coup, cette accusation, fruit de longues années d'enquête, porte un message politique. "Cela démontre que Bruxelles a du bon", se réjouit Jacques Lafitte de chez Avisa, qui conseille une société qui a fait faillite et qui a porté plainte contre Google.

"Cela rappelle que l'Europe sert à quelque chose. Beaucoup de gens l'avaient oublié. C'est plus facile pour l'Europe de s'attaquer à un géant comme Google, dont les activités sont mondiales, que ça ne le serait pour une petite autorité de concurrence nationale, même dans un pays de bonne taille", argue-t-il. "Évidemment si cela se passait dans un seul pays à l'exclusion de tous les autres, Google jouerait des jeux encore plus violents que ceux auxquels il joue, et le pays en question se retrouverait immédiatement accusé de protectionnisme, d'anti-américanisme primaire, etc.", ajoute Jacques Lafitte, pour qui "l'Europe c'est mieux que le Royaume-Uni ou la France".
Ce n’est pas souvent qu’on trouve des interlocuteurs pour défendre l’Europe de Bruxelles. Un bémol tout de même : il faut être patient. La première enquête pour "abus de position dominante" contre Google a été lancée il y a six ans, et ce premier procès est toujours en cours.

"Contre Google, l'Europe c'est mieux que le Royaume-Uni ou la France"

Jacques Lafitte, de chez Avisa

Cette première enquête concerne la recherche sur Google. La Commission européenne tente de démontrer (elle a du mal à établir les preuves) que les résultats qu'on vous propose sont biaisés par Google et ne respectent pas la concurrence. Le deuxième procès en cours vise Android, le système d’exploitation de Google installé sur les huit téléphones sur dix dans le monde. La troisième enquête, qui va donc aboutir très bientôt, s’attaque à la vente de publicité par Google

Vous vous souvenez de la série télévisée Borgen ? La série danoise a justement été inspirée par la commissaire danoise Margrethe Vestager qui mène ces trois enquêtes. "C’est la meilleure commissaire chargée de la concurrence depuis des décennies", nous a confié un lobbyiste à Bruxelles.

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Cela inquiète-t-il Google ? Pas de commentaire là-dessus. "On répond à la Commission, on collabore. La presse parle déjà d’amendes, or il n’y a pas eu de condamnation", réplique le géant américain qui a dû, tout de même, faire les calculs. Selon les textes, Google risque une énorme amende géante : jusqu'à 10% de son chiffre annuel. Son chiffre d’affaires est de 75 milliards de dollars. Comme il y a trois dossiers différents, on pourrait multiplier par trois, et donc atteindre trois fois 7,5 milliards de dollars. On devrait être très loin de ces chiffres purement théoriques. Il y a des possibilités d'accord amiable. Ça négocie à Bruxelles. Mais il est probable que l’Union européenne inflige à Google les plus grosses amendes de son histoire. Cela fera les gros titres.

Mais là n’est pas l’essentiel. Ce qui est important c’est ce que la Commission va exiger de Google pour mettre fin à ces abus de position dominante, les contraintes qu’elle peut lui imposer dans l’avenir pour respecter la concurrence. C’est pour cela que Google a embauché les meilleurs avocats et les meilleurs lobbyistes de Bruxelles pour se défendre face à la redoutable commissaire danoise de Borgen.

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