3 min de lecture Justice

Georges Tron devant la justice : une ex-collaboratrice se dit à son tour victime

Le maire de Draveil (Essonne) et ancien secrétaire d'État, jugé pour viols aux assises de Bobigny depuis mardi 23 octobre, voit sa défense menacée par le témoignage d'une nouvelle victime présumée, qui l'avait par le passé défendu.

L'ancien secrétaire d'État et maire en exercice de Draveil (Essonne) Georges Tron lors de son procès mardi 23 octobre 2018
L'ancien secrétaire d'État et maire en exercice de Draveil (Essonne) Georges Tron lors de son procès mardi 23 octobre 2018 Crédit : Thomas SAMSON / AFP
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Clémence Bauduin
et AFP

Coup de théâtre aux assises de Bobigny ce jeudi 25 octobre. "Je suis victime non reconnue", lâche Lucile Mignon, une ex-attachée parlementaire de Georges Tron, jugé pour viols depuis trois jours au côté de son ex-adjointe Brigitte Gruel. La quadragénaire affirme avoir elle aussi été agressée par l'ex-secrétaire d'État, et maire de la commune de Draveil (Essonne) depuis 23 ans. Elle avait défendu au début de l'enquête celui qu'elle qualifie désormais de "gourou".

Georges Tron et Brigitte Gruel sont jugés depuis mardi 23 octobre. Ils nient les viols et agressions sexuelles en réunion dénoncés par deux anciennes employées municipales, Virginie Ettel et Eva Loubrieu. Celles-ci affirment que l'élu avait commencé par leur prodiguer des séances de réflexologie plantaire et fini par leur imposer des attouchements et des pénétrations digitales, avec ou sans Brigitte Gruel

"Je suis également victime non reconnue aujourd'hui", lance Lucile Mignon dès le début de son audition par visioconférence. Elle affirme avoir subi trois agressions de la part de l'élu, dont deux en présence de Brigitte Gruel. Elle n'avait jusqu'alors évoqué qu'un seul épisode, fin 2006. En arrêt maladie depuis 2012, "toujours dans les effectifs de la mairie de Draveil, sans salaire depuis un an", elle évoque aussi un "harcèlement moral très violent". "Je souhaiterais que ma plainte aboutisse, que Monsieur Tron soit entendu", insiste-t-elle, parfois véhémente au cours de ces près de quatre heures d'audition.  

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Une volonté de témoigner dès 2017

L'affaire jugée à Bobigny avait éclaté fin mai 2011 dans le sillage de la retentissante arrestation à New York de l'ex-patron du FMI Dominique Strauss-Kahn, accusé de viol par une femme de chambre. Georges Tron avait démissionné de son poste de secrétaire d'État à la Fonction publique. 

Lucile Mignon devait déjà être entendue en décembre 2017, mais l'audience avait été renvoyée avec fracas juste avant son témoignage. La défense de Georges Tron avait notamment dénoncé la diffusion en plein procès d'un sujet d'Envoyé spécial donnant la parole à Virginie Ettel. Lucile Mignon y témoignait également. Saisi par la défense, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a qualifié le reportage de "déséquilibré" et adressé en avril une mise en demeure à France Télévisions.

"L'emprise" Tron

Présentée comme "repentie" dans le reportage, Lucile Mignon expliquait avoir tenté de dissuader Virginie Ettel de porter plainte. Elle avait également participé à une campagne de dénigrement à son encontre. Placée en garde à vue pour chantage au début de l'affaire, elle avait finalement lâché avoir agi à la demande de Georges Tron lors de sa cinquième audition. Lucile Mignon souligne désormais "avoir suivi le mouvement comme beaucoup d'autres" de peur de perdre son emploi. Elle parle d'un "système", d'une "secte" réunie autour d'un "gourou". "C'est de l'emprise", assume-t-elle.

Lucile Mignon explique avoir sollicité Georges Tron dans sa permanence parlementaire en 2005 alors que son ménage avait des difficultés financières. Embauchée comme secrétaire à la mairie, elle était ensuite devenue attachée parlementaire du député-maire. Elle affirme que, député (1993-2010, 2011-2012), Georges Tron recevait souvent des "femmes seules ou en situation de divorce" à sa permanence et mettait en avant sa pratique de la réflexologie plantaire "pour appâter ses victimes, ses proies".

"Déni" et "sidération"

Concernant la première agression dont elle dit avoir été victime, fin 2006, Lucile Mignon explique s'être trouvée "en état de sidération" entre les mains des accusés. Elle a changé de version depuis sa plainte d'octobre 2011 : elle expliquait alors avoir trouvé la force de partir avant que cela ne dégénère. Pourquoi ce revirement ? Elle était "dans le déni" et ne voulait "pas voir que ça avait pu m'arriver", justifie-t-elle. "Il a fallu un choc post-traumatique pour que certains événements me reviennent en mémoire", ajoute-t-elle.

L'avocat de Brigitte Gruel, Frank Natali, intervient : n'aurait-elle pas pu déposer plainte "au lieu d'attendre le 25 octobre 2018 pour faire un scoop d'audience" en évoquant deux autres agressions ? Lucile Mignon rétorque qu'elle peine à croire en la justice, les procédures qu'elle a engagées contre le maire n'ayant jusque-là pas abouti.

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