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Fusillade du lycée de Grasse : ouverture du procès ce mardi 3 mars

Le 16 mars 2017 un lycéen a ouvert le feu dans son lycée à Grasse, faisant cinq blessés. Le procès de la première fusillade scolaire en France, s'ouvre ce mardi 3 mars aux assises de Nice.

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Ouverture du procès fusillade de Grasse Crédit Image : Valery HACHE / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Michaël Lefebvre
et Marie Gingault

Il y a presque trois ans jour pour jour, Killian Barbey, âgé de 16 ans au moment des faits, est le premier en France à avoir voulu tuer ses camarades avec des armes à feu, comme à Columbine aux États-Unis. Ce lycéen, scolarisé au lycée Alexis de Tocqueville de Grasse a blessé cinq personnes lors d'une fusillade. Ce mardi 3 mars, s'ouvre son procès aux assises de Nice.

Ce jeudi 16 mars 2017, Killian avait escaladé la grille de son établissement à l'heure du déjeuner. Armé d'un fusil de chasse, d'un revolver et d'un pistolet à grenaille, dérobés avec des munitions chez son grand-père, l'adolescent a pénétré dans le lycée avec une seule idée en tête : se venger. 

Killian, élève de première L, a déambulé dans l'école, armes en main et fera vivre 35 minutes de terreur à ses camarades et au personnel de l'établissement, qui ont d'abord cru à un attentat, avant d'être interpellé. L'adolescent avait alors avoué spontanément avoir voulu se venger d'une dizaine de ses camarades de classe, sans y parvenir car il s'était trompé de salle. 

Ils le méritaient

Killian B, auteur de la fusillade du lycée Tocqueville à Grasse
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Le lycéen avait alors ouvert le feu, semant la panique dans l'établissement. Cinq personnes furent blessées lors de l'attaque, quatre élèves et le proviseur de l'établissement qui avait tenté de s'interposer. Hervé Pizzinat, avait tenté de raisonner Killian et s'était reçu une balle de revolver dans le bras gauche. L'ancien proviseur par la suite été décoré de la légion d'honneur pour son geste héroïque. 

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Lors de son interpellation, Killian avait donné aux enquêteurs une liste de noms d'élèves qu'il avait en tête de tuer et pourquoi. Selon Killian, "ils le méritaient", l'un parce qu'il était "vraiment efféminé", une autre parce qu'elle "croyait en Dieu", et une autre de ses camarades car elle s'était ouvertement moquée de lui sur Facebook, affirmant "qu'il était ridicule". Par la suite, il avait affirmé qu'il avait seulement voulu leur faire "très peur". 

Passionné par les tueries de masses, l'adolescent est accusé, entre autre, de "tentative d'assassinat". Il encourt jusqu'à 20 ans de réclusion et sera défendu par Maître Dupont-Moretti. Lucas, l'ami d'enfance de Killian, est quant à lui soupçonné de "complicité" pour l'avoir aidé à récupérer les armes et déposé en scooter près du lycée.

Killian, qui avait demandé pardon dans une lettre au juge d'instruction en octobre 2018 est toujours en détention provisoire, son ami Lucas a été libéré début 2019 sous contrôle judiciaire et comparaîtra libre.

Un procès hors-normes

Une multitude de parties civiles, d'ancien élèves et professeurs, feront face aux deux jeunes hommes, désormais majeurs. L'audience est prévue de durée trois semaines, et devrait se dérouler à huit-clos devant la Cour d'assises des mineurs, des Alpes-Maritimes. Les accusés étant aujourd'hui majeurs, la cour pourrait décider de rendre les débats publics.

Initialement prévu pour le lundi 2 mars, le début du procès fut reporté d'une journée en conséquence de la grève des avocats des barreaux de Nice et Grasse. Ceux-ci ont manifesté à l’intérieur du palais de justice de Nice hier, bloquant l'accès à la salle où doit se tenir le procès.

En effet, c'est la première fois qu'un tel événement survient en France. "C'est un procès hors norme car ça ne s'était jamais produit en France et les faits sont similaires à ce qui s'était passé aux Etats-Unis à Columbine", analyse Me Aurélie Huertas, avocate de deux lycéens blessés lors de la fusillade, Alexandre et Akram, "touchés par des balles de plomb, dont l'un au visage" et durablement ébranlés. L'un d'eux a renoncé à assister au procès, qui devrait durer trois semaines.

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