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Féminicide en Alsace : "Personne n'a voulu écouter", dit la fille de la victime

Une femme est morte, poignardée par son mari. Sa fille témoigne, furieuse contre les forces de l'ordre : "Personne n’a voulu nous aider", raconte la jeune fille, à part des 'portez plainte, Madame'. C’est bien beau de porter plainte, mais ça n’aide pas."

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"Personne n'a voulu écouter", dit la fille de la victime d'un féminicide en Alsace Crédit Image : MYCHELE DANIAU / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Amandine Bégot édité par Paul Turban

C'est le coup de gueule d'une jeune fille qui a vu sa mère mourir dans ses bras. Ce dimanche 10 novembre, vers 23 heures, Stella est chez elle, dans l'est de la France. Au bout du fil, sa mère, une femme de 40 ans, vient d'être poignardée à plusieurs reprises par son mari avec qui elle est en instance de divorce. Et ce, malgré une main courante et une plainte.

"Il a de nouveau caché un couteau", lance la mère de Stella au téléphone. Elle explique ensuite avoir entendu des cris. "Je suis immédiatement partie, j'ai pris ma voiture, et j'ai mis trois minutes à arriver sur les lieux. Les gendarmes eux, s’énerve-t-elle, n’arriveront qu’une demi-heure plus tard. J’ai eu le temps, poursuit la jeune femme d’escalader le portail, de fracturer la porte pour essayer de rentrer et de voir ma mère se prendre le dernier coup de couteau dans la carotide. Elle s’est alors relevée, est venue vers moi. C’était fini."

Le récit est insoutenable, d’autant plus insoutenable que Stella raconte ensuite à France Bleu Alsace que sa mère avait déposé une main courante il y a deux mois, puis une plainte. "Personne, dit-elle, n’a voulu nous écouter. Personne n’a voulu nous aider, raconte la jeune fille. À part des 'portez plainte madame'. C’est bien beau de porter plainte, poursuit Stella, mais ça n’aide pas."

Des violences répétées

"On lui disait 'Madame, il faut que vous partiez', mais elle leur répondait : 'Je suis chez moi aussi, j’ai mon chien, j’aime ma vie ici, je ne peux pas partir'", explique encore la jeune femme. Alors, on la raccompagnait sur le canapé et on lui disait "Bonne nuit, Madame". "Le lendemain, conclut Stella, on n’est même pas sûr qu’elle se réveillerait. C’est ce qui est arrivé dimanche soir."

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Les voisins évoquent une intervention des gendarmes 3 jours avant le meurtre dans les Dernières nouvelles d'Alsace. Le couple, poursuit le journal, se fréquentait depuis 3 ou 4 ans. Ils s’étaient mariés en 2018. Selon Stella, les violences auraient débuté avant même leurs noces. "Il ne voulait pas, dit-elle, que ma mère travaille. Il trouvait qu’elle n’en faisait pas assez à la maison, la traitait de feignasse."

"Je me battrai pour elle, pour les autres"

En juillet dernier, il a sorti un couteau, pour la première fois. "C’est là, explique la jeune femme, que ma mère a demandé le divorce." Mais le ton est monté encore un peu plus. "Il lui disait : 'Je vais te buter, j’ai plus rien à perdre. Si ce n'est pas aujourd’hui, je le ferai demain'". "Demain a fini par être aujourd’hui", concluent les DNA.

Ce matin, alors que le mari de sa mère est toujours en garde à vue, Stella se dit déterminée à se battre. Elle souhaite organiser une marche blanche. "Je me battrai pour elle, dit elle, pour les autres et pour tous ceux qui, comme moi ont vu un parent mourir sous des coups. Je veux que ça se sache, martèle-t-elle. Il y a trop de femmes qui subissent ça, mais beaucoup n’en parlent pas."

131e féminicide depuis le début de l'année

Sylvia, qui travaillait à l’hôpital de Bishwiller en tant qu’assistante de service hospitalier, est la 131e victime de violences conjugales depuis le début de l’année. C’est déjà bien plus que l’an dernier (on était à 121 fin 2018) et pourtant, pas un jour dans la presse sans qu’une histoire de ce type ne soit évoquée.
Vous vous souvenez peut-être de Julie, 34 ans, tuée par balle en Corse en mars dernier. Depuis  il y a eu Danielle, 74 ans, Stéphanie, 39 ans, Mariette, 65 ans, ou encore Laura, 22 ans. La liste insupportable a été dressée et mise à jour par le Dauphiné libéré.

Des histoire, là encore, de plaintes parfois prises à la légère, d'hommes violents qui restent et recommencent malgré tout. Il y aussi, et heureusement, celles qui parviennent à s’enfuir. Le gouvernement a lancé début septembre un grenelle. Les premières mesures devraient être annoncées le 25 novembre.

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