2 min de lecture Faits divers

Exorcisme : quatre personnes jugées pour séquestration et torture

Quatre personnes se revendiquant d'un mouvement évangélique sont poursuivies pour "arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire avec torture ou acte de barbarie".

Un officier de police, le 21 mars 2013, à Villeparisis (archives)
Un officier de police, le 21 mars 2013, à Villeparisis (archives) Crédit : AFP / MARTIN BUREAU
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et AFP

Le procès en appel de quatre personnes se revendiquant d'un mouvement évangélique, accusés d'avoir torturé et séquestré une jeune femme qu'ils pensaient "possédée par le diable", s'est ouvert vendredi 31 octobre devant la cour d'assises de Seine-Saint-Denis.

Poursuivis pour "arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire avec torture ou acte de barbarie", ils avaient été condamnés en première instance par la cour d'assises de l'Essonne à des peines allant de 3 à 6 ans d'emprisonnement. Ils encourent la prison à perpétuité.

Ligotée en croix, sans manger

En mai 2011, Antoinette, 19 ans à l'époque, avait été retrouvée par des policiers après une semaine de calvaire dans un appartement de la cité de la Grande Borne à Grigny (Essonne). Elle venait de passer sept jours ligotée dans la position du Christ en croix sur un matelas posé à même le sol, sans rien manger ni boire, si ce n'est un peu d'eau mélangée à de l'huile administrée par les accusés. Son pronostic vital n'était pas engagé.

Les quatre mis en cause, originaires des Antilles, et la victime, une Camerounaise, se revendiquaient tous de l'Eglise adventiste du 7e jour. Depuis plusieurs mois, ils avaient formé un groupe vivant en autarcie dans le même appartement, devenu une véritable salle de prière.

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Le procès s'est ouvert vendredi avec le rappel des faits et l'examen de la personnalité de Thérèse, 57 ans, mère de famille qui hébergeait tout le monde. "On vivait comme des frères et soeurs dans le respect de Dieu et de l'évangile", a-t-elle dit à la cour. Son fils Eric et deux amis sont également poursuivis.

Une "manifestation diabolique"

Considéré comme l'initiateur présumé des sévices, Eric était le compagnon d'Antoinette. Un soir, voyant les symptômes d'une manifestation diabolique chez elle, il avait voulu la "libérer du diable". Les accusés ont toujours nié toute forme de violence et revendiqué la sincérité et le bien-fondé de cet exorcisme, affirmant que le démon devait être chassé de son corps.

Vendredi, l'un d'eux, qui a purgé sa peine de trois ans d'emprisonnement et comparaît désormais libre, a reconnu les faits. Dans le box des accusés, les trois autres les ont contestés. Le procès doit durer une semaine.

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