1. Accueil
  2. Actu
  3. Justice et faits divers
  4. États-Unis : une exécution avec un cocktail létal controversé autorisée par la Cour suprême
2 min de lecture

États-Unis : une exécution avec un cocktail létal controversé autorisée par la Cour suprême

John Grant, condamné à la peine de mort pour meurtre, doit recevoir une combinaison de trois substances soupçonnée de causer d'atroces souffrances.

Illustration de la Cour suprême américaine
Illustration de la Cour suprême américaine
Crédit : JIM WATSON / AFP
Florine Boukhelifa & AFP

Aucune exécution n'a eu lieu dans cet État depuis six ans. La Cour suprême des États-Unis a autorisé jeudi 28 octobre l'Oklahoma à renouer avec les exécutions et à procéder à l'injection d'un cocktail létal, soupçonné de causer d'atroces souffrances aux condamnés.

Cet État rural et conservateur du Sud devrait donc exécuter jeudi soir John Grant, un Afro-Américain de 60 ans condamné à la peine capitale pour le meurtre d'une employée de prison. Il doit recevoir une combinaison de trois substances qui, après plusieurs exécutions ratées en 2014 et 2015, avait conduit l'État à déclarer un moratoire sur les exécutions. "Ce protocole s'est montré humain et efficace", ont assuré dans un communiqué les services pénitentiaires de l'Oklahoma.

Pour son avocat, Dale Baich, il reste toutefois "des questions sérieuses" sur les douleurs occasionnées par ce cocktail létal et sur sa conformité avec la Constitution américaine qui interdit "les peines cruelles et inhabituelles". "Un procès sur ce point précis doit débuter en février et les exécutions ne devraient pas reprendre avant", a-t-il estimé dans un communiqué.

Mercredi une cour d'appel lui a donné raison et a suspendu l'exécution. Mais les autorités de l'Oklahoma ont immédiatement saisi la Cour suprême des États-Unis pour lui demander de renverser cette décision. Sans expliquer ses raisons, la haute juridiction a finalement donné in extremis son feu vert à l'exécution. Ses trois juges progressistes ont toutefois précisé qu'ils n'étaient pas d'accord avec la majorité conservatrice.

43 minutes d'agonie lors d'une précédente exécution

À lire aussi

Le protocole contesté combine un sédatif, le midazolam, et un anesthésiant, censés empêcher la douleur avant l'injection de chlorure de potassium à dose létale. Il avait été utilisé en 2014 pour exécuter Clayton Lockett, mais le condamné avait agonisé pendant 43 minutes dans d'apparentes souffrances.

En 2015, un autre condamné, Charles Warner, s'était plaint que son "corps brûlait" avant de s'éteindre, les bourreaux ayant utilisé un produit non conforme. La même erreur avait failli être reproduite en septembre 2015 et une exécution avait été reportée in extremis. Suite à ces ratés, un grand jury avait ouvert une enquête et les autorités avaient accepté de suspendre l'application de la peine capitale.

En 2020, elles ont finalisé un nouveau protocole et ont fixé en 2021 plusieurs dates d'exécution, à commencer par celle de John Grant. En 1998, il avait tué avec un tournevis une femme qui travaillait à la cafétéria de la prison où il purgeait une peine pour un cambriolage à main armée.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/