2 min de lecture Santé

Essai clinique sauvage : "J'étais en confiance", dit une malade qui suit le traitement

DOCUMENT RTL - Nadège, 58 ans, est atteinte de la maladie de Parkinson depuis 8 ans. Cela fait un an qu'elle teste les patchs transdermiques expérimentés illégalement, et en est pleinement satisfaite.

RTL Midi -  Christelle Rebière RTL Midi Christelle Rebière iTunes RSS
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Essai clinique sauvage : "J'étais en confiance", dit une malade qui suit le traitement Crédit Image : AFP PHOTO / ERIC CABANIS | Crédit Média : Émilie Baujard | Durée : | Date :
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Émilie Baujard
Emilie Baujard et Léa Stassinet

C'est un essai clinique illégal d'une ampleur sans précédent. Dans l'abbaye Sainte-Croix près de Poitiers (Vienne), au moins 350 patients malades d'Alzheimer ou de Parkinson ont testé des patchs censés les soigner. Une expérimentation sauvage, initiée par une structure aux relents mystiques. L'ANSM, l'Agence nationale de sécurité du médicament, s'est saisie du dossier. C'est le pôle Santé du parquet de Paris qui va se pencher sur l'affaire, précise Bernard Celli, directeur de l'inspection à l'ANSM. 

C'est sur Internet que Nadège, 58 ans, tombe sur le site du fond Josefa présidé par Jean-Bernard Fourtillan. Ce pharmacien de Poitiers assure avoir découvert une hormone dérivée de la mélatonine qui réduirait les effets de la maladie de Parkinson. À la recherche d'un traitement miracle, Nadège prend contact avec lui et accepte de venir tester ces patchs transdermiques. C'était en juin 2018.

Une expérimentation en dehors de tout cadre légal

"Il proposait de venir à Poitiers faire une prise de sang pour avoir les dosages de notre glande pinéale. Le soir on mettait le patch et le matin, des infirmières passaient faire des prises de sang à tout le monde", explique Nadège. Des tests médicaux qui étaient donc menés en dehors de tout cadre légal.

"Je n'ai pas trouvé que ça avait l'air d'un essai. Jean-Bernard Fourtillan avait un discours logique et scientifique. J'étais en confiance", assure-t-elle au micro de RTL. Depuis un an, elle utilise régulièrement ces patchs, et ne le regrette pas.

Dès que j'ai un patch, j'ai beaucoup moins de tremblements

Nadège, une malade d'Alzheimer qui suit le traitement
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"C'est incroyable, dès que j'ai un patch, j'ai beaucoup moins de tremblements et j'ai besoin de diminuer la dopamine classique. Il n'y a aucun effet secondaire. Moi j'étais insomniaque, et avec les patchs je dors 7 à 8 heures par nuit. À chaque fois que je reçois ces patchs, j'ai les mêmes effets positifs", décrit la patiente enthousiaste.

Nadège, qui reçoit donc régulièrement par La Poste ces patchs, dit avoir payé deux fois... Sans dévoiler la somme. Mais selon elle, les malades donnaient ce qu'ils voulaient au fond Josefa. 

"À ne pas utiliser chez l'Homme"

Comme elle le raconte, elle a depuis réduit son traitement classique prescrit par son neurologue. Et c'est ce qui inquiète aujourd'hui. Les autorités sanitaires demandent aux patients de se rapprocher au plus vite de leur médecin. Sur l'emballage du patch que nous avons pu voir, il est ainsi écrit : à ne pas utiliser chez l'Homme.

Quant à Nadège, elle confie avoir quelques patchs encore en stock chez elle. "Si on me dit qu'il faut que je les ramène, je ne le ferais pas. Je les cacherais. Je suis mieux quand je les mets", assure-t-elle.

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