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Un enfant avec une AESH (Accompagnante d'élèves en situation de handicap) dans une école à Cenon, près de Bordeaux, le 2 septembre 2022.
Crédit : Philippe LOPEZ / AFP
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Il était en attente d'une place dans un institut spécialisé. Un enfant de 8 ans, atteint d'un handicap sévère, a agressé sa maîtresse à Évry-Courcouronnes (Essonne) le 11 septembre dernier. Ce sont ses troubles psychologiques qui justifieraient son passage à l'acte. "Je vais te tuer", a-t-il lancé à son enseignante avant de lui asséner plusieurs coups dans la cour de récréation, lui provoquant sept jours d'ITT.
"Nous avons un élève de 8 ans qui présente manifestement des troubles psychologiques extrêmement sérieux, qui est très handicapé, et qui a explosé de colère et qui a commis des actes et tenu des propos inqualifiables", a expliqué le ministre de l'Éducation Édouard Geffray dans le cadre d'un déplacement au rectorat de Créteil. "On ne touche pas à un professeur", a-t-il poursuivi, mais "on n'est pas dans l'hypothèse d'un enfant qui en pleine connaissance de cause et d'une manière consciente aurait voulu agresser un professeur".
L'enfant qui "présente un handicap très lourd", a-t-il insisté, "avait une notification pour aller en ITEP", un institut thérapeutique, éducatif et pédagogique, a-t-il précisé. Il a indiqué avoir demandé à ce qu'il lui soit trouvé "de manière urgente, dans les heures ou jours qui viennent" une place d'accueil dans une structure spécialisée.
Cet incident révèle un manque criant de moyens, notamment en nombre de places en établissements spécialisés. "Cet enfant, il a une notification MDPH (maison départementale des personnes handicapées, NDLR) qui n'a pas pu être respectée, sans doute faute de place", réagit Aurélie Gagner, porte-parole du FSU-SNUipp, le principal syndicat d'enseignants du primaire, invitée de RTL Midi ce jeudi.
Et d'affirmer : "Faute de moyens, de nombreuses notifications MDPH ne sont pas respectées. Que ce soit pour aller en établissement spécialisé, pour aller dans des dispositifs spécialisés ou alors pour des AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap, NDLR). On manque vraiment de moyens pour accueillir au mieux tous ces enfants-là." Un problème alors que "les enseignants en classe ordinaire ne sont pas formés pour gérer cette hétérogénéité-là".
Mais pour obtenir cette notification MDPH, certains parents évoquent un parcours du combattant. "C'était la croix et la bannière", témoigne Karim, dont le fils de 13 ans est accompagné depuis plusieurs années par une AESH. "C'est très compliqué parce que c'est du paramédical [...] et ça coûte très cher", explique-t-il.
Sous Macron, le nombre d'enfants handicapés scolarisés en milieu ordinaire a fortement augmenté de 320.000 en 2017 à plus de 550.000, un mouvement toutefois enclenché dès 2006. Pour les aider, les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) ont vu leur nombre progresser, jusqu'à 135.000 en 2024, selon le service statistique du ministère de l'Éducation nationale. Cette profession est néanmoins marquée par une forte précarité, souligne un récent rapport sénatorial, qui remet en question ce modèle.
"Je suis assez marquée par les salaires qui sont proposés, qui sont souvent des mi-temps voire des 80% et ça c'est préjudiciable", regrette Marine, une AESH, au micro des Auditeurs ont la parole. "Nous faisons le maximum pour les enfants. Nous prenons des coups, des insultes. C'est très lourd, tout ça pour 900 euros seulement", complète Delphine sur notre antenne. Une précarité confirmée par Séverine, qui gagne 1.026 euros net après 14 ans dans le métier, pour 24 heures par semaine. "On se bat pour qu'on puisse obtenir une titularisation parce qu'on est quand même le deuxième métier après les professeurs et on n'est pas considéré comme fonctionnaire."
Malgré les avancées, des milliers d'enfants handicapés sont sans solution à chaque rentrée, comme cet élève d'Évry-Courcouronnes.
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