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Procès en appel de Nicolas Sarkozy : "Il n'y a pas eu d'argent liquide libyen dans cette campagne", martèle Éric Woerth

Le procès en appel de Nicolas Sarkozy dans l'affaire du financement de sa campagne présidentielle de 2007 se poursuit. Lors de cette quatrième journée d'audience, lundi 23 mars, Éric Woerth, l'ex-trésorier, a assuré qu'il n'y a "pas eu d'argent liquide libyen dans cette campagne".

Éric Woerth à la cour d'appel de Paris, lundi 16 mars 2026.

Crédit : Tom Nicholson / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

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Les 3 infos à retenir
  • Le procès en appel de Nicolas Sarkozy et de neuf autres prévenus dans l'affaire du financement libyen se tient jusqu'au 3 juin, avant un délibéré prévu à l'automne. 
  • Dans ce feuilleton politico-financier dit du "financement libyen" déclenché en 2011, Nicolas Sarkozy est accusé d'avoir voulu faire financer sa campagne victorieuse de 2007 par des fonds occultes de la Libye du dictateur Mouammar Khadafi en échange de contreparties commerciales, diplomatiques et judiciaires, ce qu'il a toujours nié.
  • La cour d'appel poursuit l'interrogatoire d'Éric Woerth ce lundi 23 mars après-midi. L'ancien ministre du Travail et du Budget affirme qu'il y a "aucun argent liquide libyen dans cette campagne."
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"Il n'y a pas eu d'argent liquide libyen dans cette campagne."

"Est-ce que monsieur Khadafi vous a remis des enveloppes?", poursuit l'avocat.

"La question ne m'a jamais été posée au cours de l'instruction ou en première instance. Il est très difficile de décrire quelque chose qui n'a pas existé." Il maintient : "Il n'y a pas eu d'argent liquide libyen dans cette campagne."

"Avec Nicolas Sarkozy, on ne se connaissait pas très bien"

Eric Woerth revient sur l'enthousiasme autour de la campagne et sur son rôle de trésorier, lui qui était déjà trésorier du parti, l'UMP, à l'époque.  "C'était un signe de confiance, assure-t-il à la barre. Ce n'était pas la fonction la plus politisée".

 "Avec Nicolas Sarkozy, on ne se connaissait pas très bien, affirme-t-il.  À partir du moment où il prend la tête de l'UMP, il rassemble et j'apparaissais comme quelqu'un qui pouvait participer à ce rassemblement."

Ce direct est désormais terminé

Ce direct consacré à la quatrième journée d'audience dans le procès en appel des accusations d'un financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 est désormais terminé.


L'audience reprendra demain par les questions des parties civiles à Alexandre Djouhri.

Ce direct est désormais terminé. Vous pourrez suivre la prochaine d'audience mardi 24 mars ici.

Suspension d'audience

L'audience est suspendue.

Alexandre Djouhri reconnaît tirer profit de son influence

À la barre, Alexandre Djouhri se vante de son influence dans les milieux des affaires, en politique mais aussi au sein des services de renseignements de plusieurs pays. Ce qu'il en tire comme profit ? Celui "d'aider son pays", assure-t-il. 

Le juge s'interroge alors si c'est son seul bénéfice. "Le bénéfice ne peut pas être unique", reconnaît Alexandre Djouhri. Le fait de "vivre confortablement, avoir des moyens conséquents pour pouvoir en distribuer une partie, ce que j'ai toujours fait toute ma vie. Si Dieu vous donne la grâce de l'abondance, il faut savoir le distribuer."

Le magistrat veut en avoir le cœur net : "Concrètement, il s'agit d'un bénéfice financier ?" "Absolument", admet l'intéressé.

pour Alexandre Djouhri, Nicolas Sarkozy est un "homme cultivé, visionnaire"

Le président de la Cour interroge maintenant Alexandre Djouhri sur l'ancien chef d'État. "Nicolas Sarkozy est un homme d'Etat, cultivé, visionnaire", détaille l'homme d'affaires franco-algérien. 

"J'ai compris son combat, les difficultés qu'il a eues dans la vie. J'ai voté pour Nicolas Sarkozy. On échangeait sur des problèmes familiaux. Il pouvait me demander ce que je pense de tel ou tel pays", poursuit-il. 

Concernant son rôle dans l'affaire de la libération des infirmières bulgares. Il explique avoir "mis en contact Bechir Saleh et Claude Guéant, ensuite Nicolas Sarkozy l'a reçu". Selon lui, l'ex-président "faisait d'une priorité de libérer les infirmières bulgares". "Il n'en dormait plus."

Bernard Squarcini, un "homme pragmatique", pour Alexandre Djouhri

Un autre rendez-vous en présence de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, Bernard Squarcini et Maurice Gourdault-Montagne est désormais évoqué par le président de la cour, s'interrogeant sur le but de cette rencontre. 

Alexandre Djouhri, qui a organisé ce rendez-vous, l'explique par le contexte politique "jusqu'au dernier moment, la candidature de Dominique de Villepin était d'actualité. C'est pour cela. C'était pour pacifier." 

Le magistrat s'interroge toutefois sur la présence Bernard Squarcini, alors préfet à la sécurité. "C'est un homme de qualité qui a servi son pays. j'avais besoin qu'il assiste à cette rencontre pour avoir son éclairage personnel." 

Mais "ce n'est pas un homme politique", questionne encore le président de la Cour. "C'est un homme pragmatique", rétorque Alexandre Djouhri.

"sarkozy était persuadé que moi et Villepin, on avait monté une cabale"

Alexandre Djouhri dit avoir fait la connaissance de Nicolas Sarkozy en 2006 "car il était persuadé que moi et Dominique de Villepin, on avait monté une cabale, qu'on était les instigateurs dans l'affaire Clearstream".

"C'est donc à la demande de Jacques Chirac que je rencontre Nicolas Sarkozy qui s'en était plaint en conseil des ministres, raconte-t-il. Je reçois un coup de fil du ministère de l'Intérieur. On s'en est expliqué au ministère de l'Intérieur en présence de Claude Guéant. Je ne connaissais pas Clearstream : 'C'est qui ?' Je pense qu'il en a été convaincu". "Claude Guéant et Nicolas Sarkozy ont été convaincus que je n'avais rien à voir avec l'affaire Clearstream."

place à l'audition d'Alexandre djouhri

Après Éric Woerth, le président de la cour entame son interogatoire d'Alexandre Djouhri, l'intermédiaire de 67 ans qui, lui aussi, fait partie des prévenus. Il cherche également à savoir comment il a rencontré l'un des autres prévenus (absent au procès) Bechir Saleh, ancien argentier de Khadafi.

"Il n'y a pas eu d'argent liquide libyen dans cette campagne."

"Est-ce que monsieur Khadafi vous a remis des enveloppes?", poursuit l'avocat.

"La question ne m'a jamais été posée au cours de l'instruction ou en première instance. Il est très difficile de décrire quelque chose qui n'a pas existé." Il maintient : "Il n'y a pas eu d'argent liquide libyen dans cette campagne."

Woerth : "Il n'y a paus eu d'avalanche d'argent"

L'avocat de Nicolas Sarkozy poursuit son contre-interrogatoire et émet l'hypothèse : si l'argent libyen a existé, "à quoi ces 50 millions ont-ils pu servir ? À payer des fournisseurs ?"


"Il faut peut-être rappeler une autre option, répond Eric Woerth, C'est qu'ils n'ont pas existé. Si on ne les trouve pas, c'est qu'ils n'ont pas existé. Il n'y a pas eu d'avalanche d'argent. Si autant d'argent avait été injecté dans la campagne, ça se serait su. Ça aurait été injecté sans doute chez les prestataires, je ne vois pas trop où ça aurait pu aller d'autre, mais ça n'a pas été le cas."

Nicolas Sarkozy a joué "un rôle considérable" dans l'augmentation des dons

Christophe Ingrain l'un des avocats de Nicolas Sarkozy se lève le premier pour les questions de la défense : "Pouvez-vous nous préciser quel rôle Nicolas Sarkozy a joué dans l'augmentation des dons et des adhésions, des cotisations des adhérents ?"


"Il est considérable, répond Eric Woerth. Le nombre de parlementaires qui ont pris leur adhésion au parti est considérable.  Pour les dons, Nicolas Sarkozy a été énormément sollicité. On faisait après chaque meeting des réunions de donateurs, on en faisait après et avant les meetings. Il animait des réunions de donateurs. Il en a fait énormément à Paris et en province également".

"Ça montre que les gens voulaient participer à LA CAMPAGNE"

"C'est à un moment donné fondamental dans une campagne présidentielle qu'il y ait autant de dons, se justifie l'ex-trésorier. Ça montre que les gens voulaient y participer, vous semblez ne pas vouloir en tenir compte. Je ne sais pas pourquoi une ou plusieurs personnes font ça. Elles le font dans les conditions que j'ai évoquées. C'est comme ça."

Woerth : "évidemment que ces enveloppes ont existé !"

L'avocat général s'interroge donc quant à l'existence même de ces enveloppes d'argent liquide. Réponse immédiate de l'ancien trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy : "Évidemment ces enveloppes ont existé ! Évidemment qu'elles ont existé, sinon nous ne serions pas là". 

Woerth se défend : "Cette somme ne sera pas utilisée"

Éric Woerth assure avoir "isolé" cette somme d'argent liquide.

"Cette somme sera isolée et ne sera pas utilisée dans la campagne, affirme-t-il. Je ne prends pas rendez-vous à la commission des comptes de campagne pour 35.000 euros. On ne peut pas ajouter de l'argent comme ça sans traçabilité aux comptes de campagne, donc je ne les ajoute pas..."

"C'était quelque chose d'assez exceptionnel, autant d'argent qui arrive à peu près au même moment, ça n'était jamais arrivé à l'UMP".

Pourquoi l'argent liquide a-t-il été utilisé pour des primes ?

Le ministère public cherche toujours à comprendre comment a été décidé le versement de primes en liquide aux salariés de la campagne de Nicolas Sarkozy avec cet argent reçu anonymement, en rappelant qu'Éric Woerth deviendra quelques années plus tard ministre du Budget et des Comptes publics. 

"Pourquoi vous ne prenez pas d'avis, interroge l'avocat général. Vous pouviez contacter la commission des comptes de campagne ou un service juridique ? Vous prenez une décision sans avis qui n'est pas conforme au texte et pour laquelle vous vous assurez qu'il n'y a aucune traçabilité."

Un procès à enjeu pour Nicolas Sarkozy

L’enjeu est considérable pour l’ancien président Nicolas Sarkozy. Il a déjà effectué vingt jours de prison, une expérience qui l’a profondément marqué et qu’il a racontée dans son livre Le journal d'un prisonnier publié en décembre 2025. 

Conscient qu’il pourrait être incarcéré de nouveau, il redoute cette éventualité mais affirme ne pas vouloir être paralysé par cette perspective. D’autant que l’attente sera longue : le verdict n’est attendu que le 30 novembre prochain. 

Des enveloppes d'argent liquide ? "pour moi ce n'était pas un sujet"

Le trésorier de la campagne de 2007 est désormais interrogé sur les enveloppes d'argent liquide arrivées en fin de campagne, en une dizaine d'envois. 

Éric Woerth martèle : "L'argent est arrivé comme je l'ai dit et pas autrement et il n'a jamais été mon intention d'en faire de l'argent de campagne.  On avait 12.000 sujets par jour à traiter. Pour moi cet argent n'était pas un sujet."

Nicolas Sarkozy présent au quatrièMe jour d'audience

L'ancien président de la République est présent, au premier rang du banc des prévenus, écoutant attentivement l'interrogatoire d'Eric Woerth. Il prend des notes sans regarder celui qui témoigne aujourd'hui.

"Avec Nicolas Sarkozy, on ne se connaissait pas très bien"

Eric Woerth revient sur l'enthousiasme autour de la campagne et sur son rôle de trésorier, lui qui était déjà trésorier du parti, l'UMP, à l'époque.  "C'était un signe de confiance, assure-t-il à la barre. Ce n'était pas la fonction la plus politisée".

 "Avec Nicolas Sarkozy, on ne se connaissait pas très bien, affirme-t-il.  À partir du moment où il prend la tête de l'UMP, il rassemble et j'apparaissais comme quelqu'un qui pouvait participer à ce rassemblement."

De quoi est soupçonné éric woerth ?

Eric Woerth est soupçonné de financement illégal de campagne pour ne pas avoir déclaré 11.000 euros de primes en espèces à la Commission des comptes de campagne, selon les calculs des juges d’instruction. En première instance, il a été relaxé des faits qui lui sont reprochés. 

Éric Woerth à NOUVEAU ENTENDU CE LUNDI

Bienvenue dans ce direct consacré à la quatrième journée d'audience dans le procès en appel de Nicolas Sarkozy et de neuf autres prévenus. Cet après-midi, Eric Woerth, le trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, doit encore répondre à des questions après un premier interrogatoire le 18 mars. 

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