1 min de lecture

Procès en appel de Nicolas Sarkozy : "Je n'ai pas été proche de lui", déclare Éric Woerth à propos de l'ex-président

Le procès en appel de dix personnes dans l'affaire du financement libyen se poursuit mercredi 18 mars à Paris, une échéance cruciale pour Nicolas Sarkozy après son incarcération à l'automne. L'interrogatoire d'Éric Woerth a commencé en début d'après-midi.

Éric Woerth à la cour d'appel de Paris, lundi 16 mars 2026.

Crédit : Tom Nicholson / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

La rédaction numérique de RTL

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Les 3 infos à retenir
  • Les déclarations liminaires des prévenus présents sont attendues ce mercredi 18 mars mais le président de la cour d'appel, Olivier Géron, a appelé dès mardi Nicolas Sarkozy à la barre pour une question concernant les exceptions soulevées par sa défense, des points de procédure préalables aux débats au fond. 
  • Nicolas Sarkozy a répété, mardi 17 mars, être "innocent" et affirmé n'avoir "pas commis d'acte de corruption, ni de près ni de loin", dans sa première prise de parole à son procès en appel sur les accusations de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. 
  • Son procès en appel, au côté de neuf autres prévenus, se tient jusqu'au 3 juin, avant un délibéré prévu à l'automne. Claude Guéant n'assiste pas aux débats. Selon une expertise médicale lue à l'audience, l'ancien bras droit de Nicolas Sarkozy "n'est pas en capacité de comparaître ni actuellement, ni dans les mois qui viennent". 
Filtrer et afficher les actualités :

"Avec des billets de 100, les enveloppes sont moins épaisses"

C'est au tour des avocats de la partie civile de poser des questions à Éric Woerth. Me Vincent Brengarth pour l'association Sherpa, qui a pour objet de protéger et défendre les populations victimes de crimes économiques, lui demande sous quelle forme il pouvait recevoir des dons. "C'était des billets de 50 et de 100 peut être 200. Mais surtout de 50 et 100", répond-il.

"L'enveloppe devait être épaisse", rétorque l'avocat. "Avec des billets de 100, c'est moins épais", justifie Éric Woerth.

Pourquoi ces 35.000 euros ne figurent pas dans les comptes de campagne ?

"J'ai regretté de ne pas avoir stoppé ça", indique Éric Woerth, justifiant que "l'ambiance extraordinaire" de la campagne amenait à faire "des trucs un peu bizarres". 

Mais juridiquement parlant, comment ces 35.000 euros peuvent ne pas figurer dans les comptes ? "Toutes les dispenses qui figurent sur les comptes de campagnes doivent être tracées. Donc ces sommes intraçables n'intègrent pas la campagne", répond l'ancien trésorier. 

35.000 euros intraçables

Un jour, 35.000 euros sont arrivés en plusieurs envois. De qui ? On ne sait pas. "C'est stocké soit à l'UMP, soit au siège de campagne. Ce n'est pas utilisé dans la campagne", promet Éric Woerth. L'idée était de stocker cet argent pour le distribuer au personnel "à la fin du parcours".

"Je sais qu'on a du mal à y croire, je l'ai lu, mais je ne vais pas inventer une histoire pour qu'ils me croient. Parfois, la réalité est invraisemblable", lâche l'ancien ministre, imaginant que Ségolène Royal avait peut-être reçu ce genre d'enveloppe également à cette époque.

"il peut y avoir des erreurs qui soient faites", reconnaît Éric Woerth sur la tenue des comptes de campagne

Alerte

Deux déclarations évoquent également des remises d'espèces ? "Je ne sais pas", rétorque l'ancien trésorier de la campagne. "Il y a 4.850 euros qui rentrent dans ce cadre,  parfois ce sont des remboursements de frais", poursuit-il. 

"Il y en a eu beaucoup réalisés par chèque. On a 500 ou 600 chèques qui sont des dépenses pas intégrables mais remboursables. Ici ou là, il peut y avoir des erreurs qui soient faites", reconnaît Éric Woerth.

Le président de la Cour dit avoir fait ses propres calculs et comptabilisé 12.000 euros de remises d'espèces. "Il y a certains qui ont demandé des remboursements mais les frais n'ont pas été retrouvés", ajoute l'ancien ministre.

d'où viennent les 11 millions d'euros sur les comptes de campagne ?

Dans les comptes de campagne, 11 millions d'euros correspondent à un apport du candidat. "J'ai cru comprendre que ce n'est pas un apport personnel mais un emprunt de l'UMP. Quand a été décidé ce prêt ?", se demande le président de la Cour.

"C'est une organisation classique. L'UMP a emprunté cette somme, pas le candidat", a indiqué Éric Woerth.

Retour sur le financement des meetings

Venons en au sujet des meetings. Certains d'entre eux, par leur grandiloquence, ont créé la polémique, notamment celui de la porte de Versailles. 

"Le coût réel des meetings étaient parfaitement maîtrisés (...) Nous avions des règles et des fournisseurs stricts. On a pris ceux de l'UMP, ceux qu'on connaissait", se remémore l'homme politique. 

Une projection budgétaire par semaine

"Sur le plan purement financier, je donnais une projection budgétaire des dépenses de campagne et même des dons et des recettes, au moins une fois par semaine", fait savoir Éric Woerth.

de trésorier de l'ump à trésorier de campagne : comment s'est opéré ce cumul de casquettes ?

Éric Woerth explique qu'il est devenu trésorier de la campagne assez naturellement puisqu'il était déjà trésorier de l'UMP, "C'était une campagne très centralisée", justifie-t-il.

Comment cela s'est décidé ? "Ça s'est fait peut-être au cours d'une réunion. En tout cas, dans son bureau, Nicolas Sarkozy m'a dit qu'il me faisait confiance."

Ce changement de casquette serait survenu "courant de l'année 2026", selon Éric Woerth. Or, le président de la Cour fait remarquer que des réunions auraient eu lieu début 2005 selon l'agenda de Brice Hortefeux.

l'UMP avait un "endettement raisonnable" au moment de la campagne de 2007

Trésorier de l'UMP en 2002, Éric Woerth a été interrogé sur la situation financière du parti. "Il n'y avait aucun stress financier, peut-être un stress politique", reconnaît-il. "Il y avait un endettement raisonnable au moment de la campagne", ajoute l'ancien ministre. Endettement "comblé" l'année suivante, selon ses dires. 

Celui qui a récemment démissionné de son poste de député a ensuite expliqué comment fonctionne les flux financiers lors d'une campagne présidentielle. Pour faire simple, l'endettement du parti se creuse au moment des campagnes présidentielles puis se comble l'année suivante grâce au remboursement de la moitié du plafond.

"Je n'ai pas été proche de lui", déclare éric woerth à propos de nicolas sarkozy

Après avoir rappelé ses fonctions publiques occupées par la passé, il lui est demandé depuis quand il connaît Nicolas Sarkozy. "Je le connais depuis le début de ma carrière politique. Je n'ai pas été proche de lui. Vous savez, il y a plusieurs écuries (dans un parti, NDLR)", explique l'ancien ministre.

éric woerth arrive à la barre

Alerte

Éric Woerth, trésorier de la campagne présidentielle de 2007, est arrivé à la barre. L'ancien ministre doit témoigner cet après-midi ainsi que lundi 23 mars après-midi, prochain jour d'audition du procès en appel du financement libyen.

La cour ordonne une expertise informatique pour extraire les données d'un scellé

L'audience a repris

Comme prévu, le procès a repris son cours en début d'après-midi. L'interrogatoire d'Éric Woerth attendra un peu, l'ouverture des scellés demandée par Khalid Bughsan, homme d'affaires saoudien qui a mis à disposition ses comptes pour blanchir l’argent.

Que s'est-il passé ce matin au procès en appel de nicolas sarkozy ?

Nicolas Sarkozy a pris la parole ce matin, au troisième jour de son procès en appel dans le dossier dit du financement libyen de sa campagne de 2007. Des propos liminaires avant d'entrer dans le vif des débats. 

L'ancien Président s'est exprimé à deux reprises, car il a d'abord été invité à la barre pour expliquer les raisons qui l'ont poussé à faire appel du jugement. 

Comme l'ensemble des autres prévenus présents, il a ensuite été invité à faire une première déclaration sur les faits. "Je n'ai pas de propos liminaires", a lancé l'ancien chef de l'État, au grand étonnement du président de la Cour.

la séance est suspendue jusqu'à 13h30

La séance est suspendue jusqu'à 13h30. Le procès reprendra en début d'après-midi avec l'interrogatoire d'Éric Woerth,  relaxé dans cette affaire par le tribunal correctionnel de Paris en septembre 2025.

au tour de nicolas sarkozy de prendre la parole

Alerte

C'est désormais l'ancien président de la République qui est à la barre. Il ne tient pas de propos liminaires pour une raison "simple" : "Ce que j'ai dit à la cour n'était pas une formule, c'est la vérité que je ressens profondément en moi. Je n'ai commis aucun des actes qui me sont reprochés."

"Il n'y a pas un matin où je me réveille sans avoir fait un cauchemar hortefeux

"Depuis le jugement du tribunal, il n'y a pas un matin ou je me réveille sans m'interroger sur les motivations du jugement que j'estime aussi injuste qu'infondé. Il n'y a pas un matin où je me réveille sans avoir fait un cauchemar. Pas une journée où je croise les regards incrédules de ceux qui me connaissent bien", relate l'ancien ministre de l'Intérieur (2009-2011).

""J'ai été condamné car j'aurais rencontré une seule fois Abdallah Senoussi", déclare Brice hortefeux

"Je revendique avec autant de force que de calme mon innocence", a lâché Brice Hortefeux, qui rappelle avoir été entendu à cinq reprises dans cette "très longue enquête". 

"J'ai été condamné car j'aurais rencontré une seule fois Abdallah Senoussi (terroriste recherché par la France pour l’attentat du DC10 d’UTA, NDLR) de manière volontaire et préparée", regrette-t-il. "Lors de ce bref entretien, j'aurais tenté d'obtenir un financement pour la campagne présidentielle. C'est rigoureusement faux et je le prouverai", conclut-il.

Alexandre Djouhri appelle le tribunal à être "objectif"

"Toute la presse  me présente comme le deus ex machina de ce financement. J'ai été incarcéré quatre fois mais je suis encore debout et digne je le resterai jusqu'à la fin", a déclaré Alexandre Djouhri, de retour à la barre, avant d'appeler le tribunal à être "objectif".

La justice soupçonne l'homme d'affaires franco-algérien Alexandre Djouhri d'être impliqué dans l'affaire des fnancements libyens de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Crédit Image : Niklas Halle'n / AFP

Nicolas sarkozy mobilisera "toutes les forces" dont il est "capable" pour prouver son innocence

Alerte

"J'ai fait appel car je n'ai commis aucun des faits pour lesquels j'ai été condamné et je mobiliserai toutes les forces dont je suis capable pour défendre cette vérité profondément ancrée en moi", a, de son côté, déclaré Nicolas Sarkozy, pour justifier les raisons de son appel.

"Je suis totalement innocent", fait savoir brice hortefeux

Puis, c'est au tour des prévenus d'être appelés afin de donner les raisons de leur appel. "Je fais appel car j'ai été victime d'un traquenard ça vous suffit ?", argue Alexandre Djouhri, homme d'affaires franco-algérien reconnu coupable de blanchiment aggravé, de trafic d’influence actif, de corruption et d’association de malfaiteurs en première instance.

"Je fais appel car je suis totalement innocent des faits qui me sont reprochés", lance, de son côté, Brice Hortefeux. 

Même son de cloche du côté de Wahib Nacer. "On a dit dans la presse que j'étais un banquier suisse alors que je n'étais qu'un employé. Ça était extrêmement violent pour moi l'incarcération", a-t-il également ajouté.

Des victimes du DC-10 s'avancent à la barre

Guillaume Denoix de Saint Marc, victime du DC-10, s'avance à la barre pour expliquer pourquoi il fait appel. Puis, est venu le tour du collectif des "filles du DC-10". 

"J'avais ma sœur Laure, hôtesse de l'air dans l'avion. Elle avait 2 enfants. Ils ont perdu leur mère. Nous avons cette peine qui ne nous a jamais abandonné", déplore Béatrice Boëry de Castelnau.

"je préfère garder le silence" : JEAN GARRIGUES Réagit auprès de RTL

Alerte

Joint par RTL, Jean Guarrigues déclare : "À la suite de conseils qui m'ont été donné, je préfère garder le silence."

L'historien a également réaffirmé que son rôle à la barre se serait cantonné "à un rôle d'historien, à présenter les rapports de forces politiques de l'époque" en rappelant que Nicolas Sarkozy était le favori de l'UMP pour la présidentielle dès 2005, ce qui aurait permis à la défense d'en tirer la conclusion qu'il n'avait pas besoin de financement.

Des pressions venues de journalistes ?

Les pressions proviendraient de plusieurs journalistes. "J'avoue que c'est désolant", déplore Jean Garrigues dans sa lettre. 

Pour le contexte, Jean Garrigues était censé expliquer le fonctionnement des partis politiques. La défense espérait que cela permette d'expliquer que Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, allait être investit par son parti et donc qu'il avait pas besoin de financement libyen.

Un témoin absent, il aurait reçu des pressions pour ne pas venir au procès

Alerte

L'avocat de Nicolas Sarkozy, Christophe Ingrain annonce que l'universitaire Jean Garrigues, cité comme témoin, renonce à venir et affirme dans une lette avoir subi des pressions pour ne pas venir.

"Ce n'est pas acceptable. Un témoin, c'est ce qui fait que l'audience a un intérêt, qu'il peut se passer quelque chose d'autre que l'exégèse du dossier. On le trouvait utile pour le procès", a déploré Christophe Ingrain.

L'avocat de l'ancien Président annonce qu'une plainte sera déposée pour subornation de témoins, car Jean Garrigues faire état de pressions au pluriel, dans sa lettre.

l'audience a commencé

Au troisième jour du procès, l'audience s'est ouvert vers 9h ce mercredi 18 mars 2026. Les débats se poursuivent sans Claude Guéant, représenté par son conseiller. Une demande d'ouverture des scellés et une autre d'écoute de certains audios ont été formulées par les conseillers de l'homme d'affaires saoudien Khalid Bugshan.

Les déclarations liminaires des prévenus attendues cet après-midi

La matinée va se poursuivre avec une prise de parole des parties civiles et du ministère public, invités à exposer les raisons de leur appel. 

Les prévenus, dont Nicolas Sarkozy, seront ensuite entendus dans l'après-midi dans le cadre de leurs déclarations liminaires. L'ancien chef de l'État a déjà été appelé à la barre hier, pour une question concernant les exceptions soulevées par sa défense, des points de procédure préalables avant d'engager les débats au fond.  

La Décision sur la question des exceptions attendue ce matin

La décision sur les exceptions évoquées par la défense de Nicolas Sarkozy, qui ont été débattues hier, devrait être donnée ce matin.  

Les conseils de l'ancien chef de l'État ont soulevé des points de procédure, susceptibles de remettre en cause la compétence de la justice de droit commun pour juger leur client. D'abord le fait que selon eux, leur client devrait comparaître devant la Cour de justice de la République (CJR), arguant que les faits ont été commis alors qu'il occupait les fonctions de ministre de l'Intérieur.


Ils ont ensuite abordé les dispositions constitutionnelles sur l'irresponsabilité pénale du président de la République qui n'est "pas responsable des actes accomplis en cette qualité".

Troisième journée d'audience dans le procès en appel du financement libyen

Bonjour et bienvenue dans ce direct consacrée à la troisième journée d'audience du procès en appel dans l'affaire du financement libyen. La reprise des débats est prévue à 9 heures. 

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info