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École Saint-Dominique à Paris : un animateur mis en examen pour agressions sexuelles recruté malgré une plainte préalable pour inceste

À Paris, l'affaire de l'école Saint-Dominique soulève de nouvelles questions. Mis en examen pour agressions sexuelles sur mineurs, un animateur de l'établissement du 7e arrondissement de Paris avait été embauché malgré une plainte pour inceste déposée plus d’un an avant son recrutement.

Une assistante maternelle accompagne des enfants (illustration)

Crédit : Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

École Saint-Dominique à Paris : un animateur mis en examen pour agressions sexuelles recruté malgré une plainte préalable pour inceste

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Maxime Levy & Jérémy Descours

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Un animateur périscolaire de 44 ans, en poste depuis la rentrée 2025 à l'école maternelle Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement de Paris, est aujourd'hui mis en examen pour agressions sexuelles sur mineurs dans le cadre de faits présumés commis au sein de l'établissement

Mais un élément du dossier interroge particulièrement sur son parcours : cet homme avait été recruté par la Ville de Paris alors même qu'il faisait déjà l'objet, depuis plus d'un an, d'une plainte pour des faits d'inceste.

Selon des informations du Monde, confirmées par RTL, cette plainte avait été déposée en mars 2024 par son fils, aujourd'hui âgé de 18 ans. Le jeune homme y dénonçait des violences sur une longue période, évoquant des "violences habituelles" depuis l'âge de 4 ans, des "agressions sexuelles incestueuses" entre 6 et 10 ans, ainsi qu'une tentative de viol alors qu'il avait 7 ans. Une procédure ouverte bien avant le début de son activité dans les écoles parisiennes.

Lors de son audition devant une juge d'instruction, le 22 mai dernier, le suspect a déclaré ne pas savoir "d'où ça sort[ait]".

Sept agressions sexuelles

D'après les éléments consultés par Le Monde, l'homme, connu des services de police pour des infractions liées aux stupéfiants et des violences, commence pourtant à travailler comme animateur périscolaire à partir du 28 avril 2025, d'abord dans une école élémentaire du 15e arrondissement. 

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Il enchaîne ensuite plusieurs établissements durant l'été, avant d'être affecté à l'école Saint-Dominique à la rentrée de septembre 2025. Il y exerce jusqu'à sa suspension administrative le 5 février 2026, décidée après les premières accusations portées par des enfants.

Dans ce dossier, neuf enfants ont depuis déposé des témoignages visant l'animateur. Il est mis en examen pour agressions sexuelles sur sept mineurs et exhibition sexuelle sur deux autres. 

Parmi les faits dénoncés, cités par Le Monde, figurent notamment des attouchements sur les parties intimes et les fesses, des baisers sur la bouche et sur le corps, des caresses, des demandes faites à des enfants de se toucher entre eux, des mises à nu, ainsi que des violences physiques, dont des claques, des étranglements, des coups de pied et des coups de poing. Il lui est aussi reproché d'avoir pris des photographies d'enfants nus et d'avoir montré son sexe.

L'animateur assure que ce n'était pas lui

Le 22 mai, lors de son audition devant la juge d'instruction, l'animateur mis en cause conteste les faits, d'après des éléments d'interrogatoire dont l'AFP a eu connaissance. "Non jamais, c'est interdit (...). On faisait pas de câlin, on n'a pas le droit", a-t-il affirmé au moment d'évoquer son comportement avec les enfants.

La magistrate lui oppose alors les déclarations de sept mineurs évoquant des attouchements sur les fesses et le "tutu", ainsi que des baisers sur la bouche. Deux enfants disent également avoir vu son sexe. "Totalement faux", répond-il.

Face aux signalements de parents évoquant des changements de comportement chez leurs enfants, une source policière rapporte plusieurs troubles observés chez des mineurs, notamment du sommeil, de l'alimentation et des douleurs physiques. "Je suis navré pour eux mais ce n'est pas moi qui ai fait ça, c'est quelqu'un d’autre mais pas moi", maintient-il.

Les avocates de l'animateur, Me Raphaëlle Varaut et Me Clémentine Berthier, ont pour leur part réagi en affirmant : "Les investigations permettront, avec certitude, de démontrer son innocence".

Une affaire qui pose question

Cette plainte soulève des interrogations sur les conditions de recrutement de cet agent, mais aussi sur le suivi judiciaire du dossier. Près de quatorze mois après son dépôt, aucune suite judiciaire n'avait encore été engagée à l'encontre de l'homme au moment de son embauche.

L'absence de mise en cause formelle a également eu des conséquences concrètes : il n'était pas inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles et son casier judiciaire demeurait vierge. Dans ces conditions, aucune alerte n'a pu être transmise aux administrations ou aux établissements scolaires lors de son recrutement, rendant difficile l'identification du risque potentiel.

Ce jeudi matin, postés devant l'école Saint-Dominique, plusieurs centaines de parents ont dénoncé une omerta et une inaction des pouvoirs publics.

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