2 min de lecture Isère

Directeur d'école accusé de viols : d'autres parents ont du mal à se faire entendre

REPLAY / REPORTAGE - Parler de viol à l'école serait tabou. Joan explique qu'elle a dû taire le viol de sa fille alors qu'on lui avait expliqué que le dévoiler pourrait jouer en sa défaveur.

Yves Calvi_ RTL Matin Yves Calvi iTunes RSS
>
Directeur d'école accusé de viols : d'autres parents ont du mal à se faire entendre Crédit Image : PHILIPPE DESMAZES / AFP | Crédit Média : Sophie Aurenche | Durée : | Date : La page de l'émission
Sophie Aurenche et James Abbott

Dans l'Isère, le directeur de l'école primaire de Villefontaine va être déféré ce matin devant un magistrat. En garde à vue, il a finalement reconnu des viols alors que 9 plaintes ont été enregistrées. Les familles ne comprennent toujours pas comment la justice et l'Éducation nationale ont pu laisser en classe un homme condamné pour recel d'images pédopornographiques, en 2008, cette même année où il a été arrêté après le décès de l'un de ses enfants.

D'autres parents ont eu du mal à se faire entendre par l'Éducation nationale et la Justice alors qu'ils rapportaient ce que racontaient leurs enfants. C'est le cas avec la fille de Joan qui, du jour au lendemain, n'a plus voulu aller à l'école. Des crises de larmes, des hurlements, des scènes déchirantes tous les matins. Et soudain, un soir, la parole de cette fillette de 3 ans s'est libérée : "Le monsieur m'a fait mal à la zézette avec son zizi". Le monsieur, c'est l'animateur qui s'occupait des enfants après l'école. Le monde s'est écroulé pour Joan qui a frappé à toutes les portes, sans qu'il ne se soit rien passé.

On m'a dit que ça pourrait jouer en notre défaveur, donc on a choisi de se taire délibérément

Joan, mère d'une victime de viol
Partager la citation

"Il y a une omerta sur le sujet, personne ne veut en entendre parler, révèle Joan. Il faut défoncer les murs partout pour pouvoir être entendu. On m'a dit que si jamais je pétais un plomb à l'école ça pourrait jouer en ma défaveur, donc on a choisi de se taire délibérément. Je trouve ça terrible."

Joan en a parlé à deux amies proches seulement, en leur demandant de ne rien dire à personne. Un silence imposé qui ne surprend pas Me Marie Grimaud. Elle défend six familles dans des dossiers d'attouchements sexuels et de viols.

Ils prennent contact avec les parents et leur demandent de ne pas parler

Maître Marie Grimaud
Partager la citation
À lire aussi
Gard
Double meurtre dans les Cévennes : quelles sont les zones d’ombres de l'enquête ?

"Immédiatement l'école, les centres de loisirs, les services de mairie, prennent contact avec les parents et leur demande de ne pas parler, dévoile-t-elle. Peur de la panique, surtout ne pas ébruiter l'affaire. Les parents sont tellement muselés... Tout un système psychologique se met en place."

Joan a dû changer sa fille d'établissement, la justice n'a pas bougé, l'école non plus. "L'Éducation nationale protège tout le corps enseignant, et a peur je pense d'être salie par une histoire de cet ordre-là, estime-t-elle. Donc on étouffe, et on préfère dire que c'est l'enfant qui a un problème." Pendant ce temps-là, l'agresseur de sa fille travaille non plus dans une, mais trois écoles de la ville.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Isère Société Viol
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants