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Directeur d'école accusé de viols : d'autres parents ont du mal à se faire entendre

REPLAY / REPORTAGE - Parler de viol à l'école serait tabou. Joan explique qu'elle a dû taire le viol de sa fille alors qu'on lui avait expliqué que le dévoiler pourrait jouer en sa défaveur.

Un policier municipal devant l'école élémentaire où un directeur d'école est soupçonné d'avoir violé des jeunes filles à Villefontaine (Isère)
Un policier municipal devant l'école élémentaire où un directeur d'école est soupçonné d'avoir violé des jeunes filles à Villefontaine (Isère)
Crédit : PHILIPPE DESMAZES / AFP
Directeur d'école accusé de viols : d'autres parents ont du mal à se faire entendre
01:23
Sophie Aurenche
Chroniqueur

Dans l'Isère, le directeur de l'école primaire de Villefontaine va être déféré ce matin devant un magistrat. En garde à vue, il a finalement reconnu des viols alors que 9 plaintes ont été enregistrées. Les familles ne comprennent toujours pas comment la justice et l'Éducation nationale ont pu laisser en classe un homme condamné pour recel d'images pédopornographiques, en 2008, cette même année où il a été arrêté après le décès de l'un de ses enfants.

D'autres parents ont eu du mal à se faire entendre par l'Éducation nationale et la Justice alors qu'ils rapportaient ce que racontaient leurs enfants. C'est le cas avec la fille de Joan qui, du jour au lendemain, n'a plus voulu aller à l'école. Des crises de larmes, des hurlements, des scènes déchirantes tous les matins. Et soudain, un soir, la parole de cette fillette de 3 ans s'est libérée : "Le monsieur m'a fait mal à la zézette avec son zizi". Le monsieur, c'est l'animateur qui s'occupait des enfants après l'école. Le monde s'est écroulé pour Joan qui a frappé à toutes les portes, sans qu'il ne se soit rien passé.

On m'a dit que ça pourrait jouer en notre défaveur, donc on a choisi de se taire délibérément

Joan, mère d'une victime de viol

"Il y a une omerta sur le sujet, personne ne veut en entendre parler, révèle Joan. Il faut défoncer les murs partout pour pouvoir être entendu. On m'a dit que si jamais je pétais un plomb à l'école ça pourrait jouer en ma défaveur, donc on a choisi de se taire délibérément. Je trouve ça terrible."

Joan en a parlé à deux amies proches seulement, en leur demandant de ne rien dire à personne. Un silence imposé qui ne surprend pas Me Marie Grimaud. Elle défend six familles dans des dossiers d'attouchements sexuels et de viols.

Ils prennent contact avec les parents et leur demandent de ne pas parler

Maître Marie Grimaud
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"Immédiatement l'école, les centres de loisirs, les services de mairie, prennent contact avec les parents et leur demande de ne pas parler, dévoile-t-elle. Peur de la panique, surtout ne pas ébruiter l'affaire. Les parents sont tellement muselés... Tout un système psychologique se met en place."

Joan a dû changer sa fille d'établissement, la justice n'a pas bougé, l'école non plus. "L'Éducation nationale protège tout le corps enseignant, et a peur je pense d'être salie par une histoire de cet ordre-là, estime-t-elle. Donc on étouffe, et on préfère dire que c'est l'enfant qui a un problème." Pendant ce temps-là, l'agresseur de sa fille travaille non plus dans une, mais trois écoles de la ville.

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