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Romain Chilly, avocat de victimes d'enlèvements liées à la cryptomonnaie sur RTL le 15 avril 2026
Crédit : RTL
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Depuis le début de l’année, les enlèvements liés aux crypto-monnaies se multiplient. Selon nos informations, 41 affaires ont déjà été recensées en 2026. L'augmentation est très nette puisque la police judiciaire n’avait comptabilisé qu’une vingtaine de kidnappings sur les trois années précédentes, entre 2023 et 2025.
Mardi 14 avril, le GIGN a dû intervenir dans le Val-de-Marne pour libérer une femme et son fils de 11 ans, enlevés la veille en Bourgogne. Les ravisseurs réclamaient 340.000 euros en bitcoins.
Invité sur RTL, l’avocat Romain Chilly, qui représente "une quinzaine de victimes dans ces dossiers", décrit une évolution marquante du profil des cibles.
"Initialement, historiquement, ce sont plutôt des personnes visibles dans le secteur parce que ce sont des entrepreneurs ou des détenteurs, on va dire, connus en tant que tels", explique-t-il. Mais désormais, "le profil de mes clients est de plus en plus celui de détenteurs particuliers, de Monsieur et Madame Tout-le-monde".
Pour l’avocat, ces victimes sont parfois repérées à la faveur de "fuites de données" ou de traces laissées en ligne, même si l’origine précise des ciblages n’est pas toujours identifiée. Il souligne aussi que ces enlèvements ne semblent pas tous relever d’un seul réseau criminel. "Ces nouvelles affaires, a priori, sont liées à plusieurs réseaux, plusieurs groupes, avec des degrés d’organisation et de professionnalisation qui sont variables", précise-t-il.
Romain Chilly distingue deux grands modes opératoires : le kidnapping et le home-jacking. Dans les deux cas, la violence est fréquente. "Ça se passe souvent sous la contrainte", résume-t-il, avec des exécutants souvent "très jeunes", parfois mineurs, et des commanditaires régulièrement basés à l’étranger. Il note aussi une forme de banalisation inquiétante du phénomène, avec des équipes parfois mal préparées, capables de s’en prendre à de mauvaises personnes. "Vous avez une démocratisation de ce phénomène", assure-t-il.
Selon Romain Chilly, les crypto-monnaies ont des caractéristiques ambivalentes qui les rendent particulièrement attirantes pour les criminels : "à la fois elles sont traçables", mais elles restent "plus difficilement saisissables". L’avocat estime que la réponse judiciaire française doit encore progresser, notamment sur la saisie des actifs numériques. "L’une des causes de prospérité de ce type de délit, c’est parce que lorsque ça fonctionne, le crime continue à payer", alerte-t-il.
Face à cette menace, la peur gagne une partie des détenteurs de crypto-actifs. Refusant de parler de "psychose", Romain Chilly évoque une "crainte légitime". Certains détenteurs de crypto-monnaies prennent des mesures de discrétion renforcées, d’autres recourent à des agents de sécurité, et quelques entrepreneurs vont jusqu’à quitter la France. Un signe que ces affaires ne relèvent plus du simple fait divers, mais d’un phénomène criminel installé.
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