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Crimes nazis : 3 questions sur l'affaire des restes humains de la faculté de Strasbourg

Une commission d'enquête a confirmé la présence de restes de tissus humains dans les archives, lourd héritage de l'occupation nazie de l'université de Strasbourg.

Une vue de la cathédrale de Strasbourg, en juin 2009
Une vue de la cathédrale de Strasbourg, en juin 2009
Crédit : AFP / Archives, Frédérick Florin
Crimes nazis à la faculté de médecine de Strasbourg : Michel Cymes revient sur son livre-enquête
00:06:32
Dominique Tenza - édité par Florine Boukhelifa

En 2015, dans Hippocrate aux enfers, Michel Cymes revenait sur l'histoire des médecins nazis qui utilisaient des déportés juifs pour faire des expériences pendant la Seconde guerre mondiale, notamment à l'université de Strasbourg. Ouverte après la publication du livre, une commission d'enquête a confirmé la présence de restes humains dans cette faculté de médecine, dirigée par les nazis de 1941 à 1945.

Pourtant, le médecin et journaliste, qui essayait "de comprendre comment des gens qui font le même métier ont fini par se pervertir à ce point et faire des horreurs", explique avoir vécu une période "absolument infernale" après la publication de son ouvrage et avant cette commission d'enquête. Michel Cymes, qui s'était rendu sur place à l'époque pour vérifier la présence de ces restes humains avait, selon lui, "mis le doigt sur quelque chose de très sensible en Alsace".

Où ont été découverts ces restes humains ?

En pleine écriture de son livre, Michel Cymes a été contacté par un médecin qui avait fait son internat dans le service d'anatomie de l'université de médecine de Strasbourg. "J'avais visité les locaux et on m'avait ouvert une armoire dans laquelle il y avait des bocaux avec des restes humains sur lesquels il y avait écrit 'Juden' (Juifs en allemand, ndlr) en lettres gothiques", lui avait-il confié.

Face à l'absence "d'ambigüité sur leur origine", le journaliste était allé à la rencontre du chef de service d'anatomie. L'université avait alors affirmé qu'il ne restait "plus rien, que les quelques restes qui avaient pu être découverts avaient été envoyés au cimetière juif de Cronenbourg ou remis aux familles", explique-t-il.

Quelles sont les conclusions de la commission ?

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Ouverte après la publication de livre de Michel Cymes, la commission d'enquête a finalement rendu ses conclusions mercredi 4 mai. Celles-ci sont formelles : l'université actuelle de Strasbourg conservait bien des restes de tissus humains provenant de victimes des camps de concentration dans ses archives.

Le médecin, qui n'a pas été surpris par cette annonce, appelle cependant à la prudence. "Les gens savaient-ils ? Étaient-ils convaincus qu'il restait des choses mais ne voulaient volontairement pas en parler pour ne pas créer de nouvelles polémiques ? Je n'en suis pas sûr". Pour lui, le vrai problème est "qu'ils n'ont pas cherché à savoir. Il fallait enquêter et réaliser le travail que la commission a pu faire ces dernières années".

Que sait-on sur ces expériences ?

En 2015, le sujet des expériences menées par les médecins nazis est encore mal connu. Aujourd'hui de nombreuses questions subsistent toujours. "Il y a probablement autant de réponses que de médecins nazis qui se sont prêtés à ça", estime Michel Cymes.

Parmi eux, Josef Mengele, "probablement un illuminé puisqu'il cherchait à comprendre le secret de la gémellité alors qu'il n'y a en pas et à rendre les yeux des enfants bleus pour en faire des Aryens". Ou encore August Hirt qui "voulait un musée de l'anatomie juive parce que les Juifs allaient disparaître" et Carl Clauberg "un gynécologue qui essayait de stériliser les femmes juives par des méthodes atroces".

"On ne sait pas tout, cette mémoire se fait pierre par pierre", ajoute Michel Cymes, qui rappelle "on n'accuse pas la faculté de médecine de Strasbourg d'avoir collaboré à l'époque puisque tous les médecins étaient à Clermont-Ferrand". "Mais s'il restait des choses, il fallait les trouver", conclut-il.

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