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"Cold case" : comment la police enquête sur les dossiers criminels non-élucidés

ÉCLAIRAGE - Les nouvelles traces d'ADN retrouvées sur un matelas de la sœur de Fourniret pourraient faire avancer des affaires non-élucidées, des "cold cases".

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"Cold case" : comment la police enquête sur les dossiers criminels non-élucidés Crédit Image : Andrew Brookes / Cultura Creative | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
Thomas Prouteau édité par Paul Turban

De nouvelles traces d'ADN ont été identifiées sur un matelas saisi chez la sœur de Michel Fourniret, a-t-on appris récemment. Elles vont être comparées aux empreintes génétiques d'une trentaine de jeunes filles dont la disparition ou la mort est restée inexpliquée. Des "cold cases", en jargon policier

Il s'agit de dossiers criminels non résolus et dont les faits ne sont pas prescrits. Cela  veut dire que soit l'enquête est toujours en cours, parfois 30 ans après les faits, soit elle a été classée mais elle peut être rouverte à tout moment si un nouvel élément apparaît. Il s'agit principalement d'homicides non-élucidés, mais certaines affaires de viols en série ou de disparitions inquiétantes sont aussi des "cold cases".

Parfois 30 ans après les faits, des enquêteurs travaillent toujours dessus. C'est le cas, par exemple, de l'affaire Sabine Dumont, violée et étranglée à onze ans en 1987 dans l'Essonne. Le meurtrier n'a jamais été retrouvé même si les enquêteurs possèdent un ADN complet. À l'époque, la prescription était de dix ans pour les crimes. 

Mais la loi prévoit que chaque nouvel acte d'enquête remet le compteur à zéro, ce qui a été le cas ici. C'est d'ailleurs l'un des enjeux pour les juges et les enquêteurs : surveiller les "cold case" qu'on espère résoudre et qui risquent de basculer dans la prescription.

Plusieurs centaines de "cold cases" actifs en France

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Il y a environ 300 ou 400 "cold cases" actifs en France répartis entre différents services de police et de gendarmerie. Le problème est que ces enquêtes ne sont pas regroupées. Un office central, l'OCRVP, est censé les centraliser mais en réalité il n'en suit qu'une centaine. Impossible donc parfois de trouver des correspondances. 

Ces enquêtes sont parfois loin d'être prioritaires ; les familles de victimes le savent. Un groupe de travail à la chancellerie doit faire prochainement des propositions, par exemple, en confiant les "cold cases" à des juges spécialisés au niveau départemental, voire national, pour ne pas perdre la mémoire du crime. 

L'ADN au cœur du travail sur les "cold cases"

Pour faire avancer ces "cold cases", l'ADN a conquis une place centrale. On sait aujourd'hui l'isoler sur des matériaux jusqu'alors inexploitables, comme dans le dossier Fourniret. On sait également comparer des ADN partiels ou des ADN de la parentèle. C'est comme cela qu'a été identifiée en 2018 la "petite martyre de l'A10", une fillette de quatre ans retrouvée morte en 1987. Son ADN a soudainement matché avec celui de son frère, arrêté pour un délit mineur. Ce qui a permis de remonter à ses parents, qui ont avoué le crime.

Il y aussi des logiciels d'analyse capables d'ingérer des masses de données et de trouver des correspondances. Encore faut-il que les magistrats ordonnent les actes, souvent onéreux, dans le cadre de budgets limités. D'où la pression constante des familles, qui mènent toutes un très long combat. 

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