3 min de lecture Faits divers

Affaire Elisa Pilarski : une enquête semée d'embûches

L'enquête concernant la mort mystérieuse d'Elisa Pilarski, la jeune femme retrouvée morte dans la forêt de Retz, piétine. En cause les analyses ADN tant attendues, mais ce n'est pas tout.

Des chasseurs à courre (France)
Des chasseurs à courre (France) Crédit : JEFF PACHOUD / AFP
Nicolas Barreiro

Un gendarme présent sur les lieux du crime, la juge d'instruction et le procureur de la République qui s'en vont en plein milieu de l'enquête... De nombreux éléments sont venus ralentir l'enquête sur la mort d'Elisa Pilarski.

Cette femme de 29 ans était enceinte de 6 mois lorsqu'elle a été retrouvée morte, couverte de morsures, dans la forêt de Retz, dans l'Aisne, le 16 novembre 2019. Deux pistes ont rapidement été étudiées. D'une part Curtis, un American Staff, il se promenait avec Elisa dans la forêt ce jour-là. D'autre part, une meute de chiens de race poitevin, appartenant au "Rallye la Passion" qui organisait une chasse à courre au même moment.

Dans un communiqué, le désormais ex-procureur de la République de Soissons, Frédéric Trinh, déclarait que le décès était lié à "l'action d'un, ou plus probablement de plusieurs chiens au regard de la répartition des plaies, de leurs différences de morphologies et de leur profondeur".

Une analyse ADN est en cours depuis novembre afin d'identifier quels chiens ont pu mordre Elisa Pilarski. Mais celle-ci se fait longue, voire trop longue, comme tout le reste de l'enquête, qui piétine.

Jean-Charles Metras, un témoin-clé

À lire aussi
Un tramway à Bordeaux (illustration) faits divers
Bordeaux : accident entre une voiture et un tramway, les blessées détroussées

Avant les faits, Jean-Charles Metras est lieutenant-colonel, commandant du groupement de gendarmerie de l'Aisne. Le 16 novembre, lorsque Christophe Ellul, le compagnon d'Elisa arrive sur le lieu du décès, il reconnaît un cavalier et affirme à nos confrères du Parisien qu'il s'agit du gendarme.

Ce dernier assume avoir été présent lors de la chasse à courre mais nie être tombé nez-à-nez avec Christophe Ellul. "Il fait erreur [...] on était dans la forêt à ce moment-là, mais on ne l’a pas croisé" explique-t-il en novembre à l'Union.

Le gendarme aurait été invité par le "Rallye la Passion" en tant que "suiveur", avec sa femme et ses quatre enfants. À cause de son implication, le dossier a été retiré à la gendarmerie, dans un souci d'objectivité, c'est désormais la police judiciaire de Creil qui mène l'enquête.

Je confie le traitement de la procédure à un service qui n’est pas placé sous son autorité

Frédéric Trinh, procureur de la République de Soissons
Partager la citation

Le 14 janvier, Jean-Charles Metras annonce qu'il va quitter l'Aisnes, afin de "suivre son épouse dans le privé" selon lui. On apprendra plus tard qu'il a été affecté au commandement de la gendarmerie d’Outre-Mer, le 17 février. 

Son cas laisse perplexe l'avocat de Christophe Ellul, maître Alexandre Novion, contacté par RTL.fr. D'une part, il s'interroge sur cette mutation, on peut facilement se demander si cette mutation ne ressemble pas "plutôt à une sanction". D'autre part, "nul ne sait ce qu'il a pu faire sur le moment", lorsqu'il a appris que la femme avait été retrouvée, suppose l'avocat. 

Des mutations qui ralentissent l'enquête

Si le lieutenant-colonel Metras a été muté en Outre-Mer, ce n'est pas le seul à avoir quitté ses fonctions au cours de cette affaire. C'est également le cas de l'ancienne juge d'instruction en charge de l'enquête. Celle-ci a été nommée substitut du procureur de Reims en août, nous apprenait l'Union.

La juge d'instruction possède un rôle élémentaire dans la première phase d'une enquête. Elle est notamment en charge de la recherche de preuves. Pour ce faire elle peut mettre en examen un suspect, procéder à des perquisitions, ordonner des expertises...

Lorsque cette dernière se dessaisit de ses fonctions, un autre juge d’instruction doit être nommé et alors prendre connaissance du dossier. Plus l’affaire est importante et complexe, plus la prise de connaissance du dossier dans les moindres détails s’avère importante. Ainsi, un retard dans l’instruction peut se faire ressentir.

Autre magistrat très impliqué dans l'affaire, Frédéric Trinh. Il était procureur de la République de Soissons jusqu'au vendredi 11 septembre, date à laquelle il a changé de poste. Il a été nommé sous-directeur de l'organisation judiciaire et de l'innovation au sein du ministère de la Justice.

Le même problème se pose alors, le nouveau procureur ne connaît pas l'avancement du dossier. Il doit donc prendre le temps de découvrir l'affaire, de quoi retarder encore plus l'enquête.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Faits divers Chiens Chasse
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants