2 min de lecture

"C'était une période noire" : au procès de la "martyre de l'A10", la mère reconnaît des "gifles" mais peine à s'expliquer

La mère de la fillette retrouvée morte en 1987 a reconnu des violences sur sa fille, décrivant à la barre une période "noire", avec "beaucoup de souffrance".

La mère d'Inass Touloub, lors de son procès devant la cour d'assises du Loir-et-Cher en novembre 2026.

Crédit : ALAIN JOCARD / AFP

Cindy Hubert & AFP

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Mettre RTL en favori sur Google

Dès le départ, l'histoire déraille. La mère de la petite Inass Touloub, retrouvée morte au bord de l'A10 en 1987, a peiné vendredi 6 novembre à expliquer l'origine des blessures qui ont conduit à la mort de sa fille, 39 ans après les faits.


Au terme d'un témoignage confus, Madame El Bakhti, 72 ans, n'est pas parvenue à expliquer, ni commenter, la vingtaine de morsures, les nombreuses fractures ou encore les mamelons arrachés, évoqués depuis le début de l'audience lundi devant la cour d'assises du Loir-et-Cher.

Néanmoins, la mère de la fillette a raconté comment, dès la naissance de l'enfant, la relation n'aura jamais pu être celle d'une histoire normale entre une mère et sa fille. 

Une distance dès la naissance

La fillette n'a que 10 jours quand Halima El Bakhti laisse Inass au Maroc auprès de sa grand-mère. Le mari d'Halima oblige cette dernière à rentrer en France, dit-elle devant les assises du Loir-et-Cher, pour l'aider au magasin.

Inass reste donc pendant un an loin de ses parents, à des milliers de kilomètres. Quand sa mère la récupère enfin, le lien est coupé. 

L'accusée décrit cette rupture commune : "Je ne l'accepte pas, elle ne m'accepte pas". La petite pleure tout le temps, et les violences commencent. Tandis que la mère est là, présente, pour tous ses autres enfants : médecin, devoir, jeu, câlin. 

"Mais Inass, je l'évite. Je la gifle", dit Madame El Bakhti. La présidente la secoue. "Ce n'est pas suffisant, madame. Vous avez entendu le médecin légiste décrire les brûlures, les fractures, l'os du bras cassé en spirale". "Je ne me souviens plus", rétorque la mère d'Inass. "Au moins 15 morsures récentes, madame. Il faut être enragée pour mordre jusqu'au sang !", lance la présidente. 

L'accusée contemple le sol. C'était une période "noire", "je ne me souviens plus", a aussi dit Mme El Bakhti. "Il y avait beaucoup de souffrance. Quand la petite est morte, moi aussi j'étais morte". 

"Pourquoi Inass est morte ?"

"À ce moment-là, je ne savais pas ce que je faisais", a déclaré Halima El Bakhti, jugée pour torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

La mère de famille livre ensuite une version de la mort d'Inass, à mille lieues de ce qu'a toujours raconté son ex-mari, jugé pour complicité. Lui n'a pas oublié, par exemple, la petite fille inerte sur le canapé, après qu'Inass a été poussée dans les escaliers selon l'une de ses grandes sœurs. 

En entendant ce récit, Halima El Bakhti secoue la tête, comme pour nier les faits. Elle se souvient d'avoir préparé des sandwiches pour la route des vacances, d'Inass qui pose sa tête sur elle dans la voiture, puis qui ne bouge plus.

"Pourquoi est-elle morte Inass ?", questionne la magistrate. L'accusée souffle très fort dans le micro, fatiguée. 

Les parents ont été identifiés, grâce à l'ADN, et interpellés en 2018, plus de trente ans après les faits. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Ils sont jugés pour la mort de la petite Inass jusqu'au 18 novembre prochain. 

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée