2 min de lecture Faits divers

Bourges : le corps d'une défunte en attente de crémation à cause d'un pacemaker

Après son décès, le 22 novembre dernier, une octogénaire équipée d'un pacemaker devait être incinérée à Bourges. Mais la nature même de l'appareil et le lieu de son implantation posent problème.

Un cercueil (illustration).
Un cercueil (illustration). Crédit : ALBERTO PIZZOLI / AFP
Maxime Magnier

La situation est aussi triste qu'incongrue pour la famille de Marie. Le corps de cette femme de 81 ans, décédée le mardi 22 novembre dernier à Bourges, est en attente d'incinération. En cause, selon le site Slate, le pacemaker dont elle était équipée et qui doit systématiquement être ôté des corps à incinérer ou à inhumer.

En réalité, c'est la nouveauté du dispositif électronique qui freine la procédure. Car avant son décès à Saint-Doulchard (Cher), Marie s'était vu implanter un Micra, le tout dernier modèle de la firme Medtronic, spécialisée dans les stimulateurs cardiaques. Et si le dispositif est révolutionnaire, par sa très petite taille et parce qu'il s'implante directement dans le cœur du patient, il pose aussi un problème juridique.

Cette dimension légale, justement, n'a pas été anticipée par Medtronic. Car la loi française implique, pour éviter la pollution des piles du pacemaker ou les risques d'explosion, que soit extrait l'appareil du corps d'un défunt avant son inhumation ou crémation. Mais quand les stimulateurs cardiaques habituels sont, d'ordinaire, retirés sans mal par le thanatopracteur, le Micra nécessite d'être retiré au cours d'une intervention invasive que, selon Slate, "personne ne semble, en pratique, disposé à pratiquer".

Lenteur législative

Conséquemment, le groupe gestionnaire du crématorium de Bourges, OGF, a expliqué à Slate être "totalement opposé à inhumer ou à incinérer des corps sans respecter scrupuleusement la réglementation en vigueur". "Nous avons déjà dû déplorer six explosions de ce type depuis le début de l'année, à cause d'un non-respect des dispositions en vigueur. Ces événements rendent inutilisables pendant de longues périodes les crématoriums, posant alors d'importantes difficultés pratiques aux familles concernées", précise même le groupe OGF.

À lire aussi
Un chasseur français en 2016 (illustration) faits divers
Ille-et-Vilaine : un chasseur blessé par un autre au cours d'une battue

Chez Medtronic, on assure pourtant que le modèle Micra a justement été conçu pour ne plus quitter le corps des patients après l'implantation, même en cas de décès : "Il peut être incinéré dans des crématoriums standards sans provoquer de bruits dérangeants [...] ou de dommages", a expliqué l'entreprise au Berry Républicain, précisant même que des tests montraient "que les risques n'existent plus".

Une dure épreuve pour la famille

Seulement les tests ont été réalisés par un laboratoire américain indépendant et n'ont pas encore été pris en compte par la législation française, comme l'a expliqué Medtronic à Slate : "La direction générale de la Santé a souhaité reprendre l'expertise réalisée aux États-Unis et la faire expérimenter par un laboratoire spécialisé. Cela prendra du temps, peut-être quelques mois, avant de modifier la réglementation", détaille l'entreprise.

Face à ce vide juridique, le corps de Marie a été placé en chambre froide et va prochainement être mis en congélation. Une situation que déplore sa famille, qui ne désespère pourtant pas de "trouver [un crématorium] qui accepterait" la crémation, comme l'a expliqué la sœur de la défunte à La Nouvelle République. Jusqu'à ce que cela arrive, Marie n'aura donc pas droit à ses funérailles, qui traînent depuis 10 jours désormais.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Faits divers Décès Bourges
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants