3 min de lecture Attentats à Paris

Attentats du 13 novembre : où en est l'enquête, un an après ?

ÉCLAIRAGE - Depuis les événements tragiques de novembre 2015, les enquêteurs ont réalisé de véritables avancées, malgré l'étendue de la cellule et le silence du seul terroriste survivant, Salah Abdeslam.

Des militaires français devant la Tour Eiffeil, illuminée aux couleurs tricolores en hommage aux victimes du 13 novembre
Des militaires français devant la Tour Eiffeil, illuminée aux couleurs tricolores en hommage aux victimes du 13 novembre
Cécile De Sèze
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

Plus les enquêteurs découvrent des pistes, plus elles se multiplient. C'est l'impression qui ressort de l'enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis qui ont fait 130 morts et plus de 400 blessés. Si neuf des terroristes présumés sont morts, soit le soir-même soit dans l'assaut de Saint-Denis le 18 novembre, l'un d'eux, le seul encore vivant, est incarcéré en France. 

Salah Abdelslam, interpellé en Belgique quelques jours avant les attentats de Bruxelles, puis transféré à Fleury-Mérogis, refuse de parler. Ses avocats ont d'ailleurs abandonné le dossier il y a plusieurs semaines. En s'affranchissant du droit d'être défendu par un avocat, Salah Abdeslam ne remet nullement en cause le déroulement de l'enquête ni la tenue d'un procès. "L'enquête est en train d'avancer, elle continuera avec ou sans lui", précisait Samia Maktouf, avocate d'une dizaine de parties civiles. 

L'un des "cerveaux" identifié

Et d'ailleurs, elle continue de progresser. Selon une information révélée par RTL et complétée par Le Monde, le commanditaire aurait été identifié. Il s'agirait, selon le quotidien, d'un ressortissant belge de 32 ans, répondant au nom d'Oussama Ahmad Atar ou Abou Ahmad, son nom de guerre qui avait été évoqué lors des attentats de Bruxelles.

Le Monde détaille alors que l'individu aurait recruté les deux kamikazes irakiens du Stade de France, en plus d'être soupçonné d'être le destinataire des messages reçus le 22 mars depuis la Belgique et aurait organisé les attentats du 13 novembre depuis la Syrie. Une nuance est tout de même relevée par le journaliste du Monde : si il est sans doute l'un des commanditaires, "il n'est pas le principal cerveau des attentats de Paris et Bruxelles."

Un projet bien plus vaste prévu à l'origine

Toujours dans les colonnes du Monde, daté du 6 octobre, les enquêteurs dévoilent que les attentats du 13 novembre devaient être bien plus importants qu'ils ne l'ont déjà été. Après les explosions dans le métro et l'aéroport bruxellois le 22 mars 2016, un ordinateur appartenant à l'un des terroristes a été retrouvé dans une poubelle. À l'intérieur, un testament, mais pas seulement. Selon le quotidien français, un fichier intitulé "13 novembre" aurait été retrouvé sur l'engin décrit par l'un des policiers comme "un plan des attentats terroristes du 13 novembre (...) voire d’attaques futures". 

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Le dossier contenait alors cinq sous-fichiers, correspondant aux commandos. Les trois premiers, "groupe Omar", "groupe Français", "groupe Irakiens", coïncident aux attaques de l'an dernier. Les deux autres, "groupe Schiphol" et "groupe métro" ne semblent corroborer avec aucun événement, si ce n'est l'attaque du métro de Bruxelles. Schiphol fait, lui, très probablement référence à l'aéroport d'Amsterdam.

Des suspects toujours incarcérés

Si les attentats n'ont pas eu l'ampleur espérée par leurs auteurs, c'est aussi que certains ont été interpellés sur le chemin. En avril dernier, on apprend que deux individus, un Algérien et un Pakistanais, ont été arrêtés en Autriche puis transférés vers la France après des aveux. Ils devaient participer au 13 novembre. Huit suspects en tout sont incarcérés en France.

D'autres suspects sont détenus à l'étranger en Europe, particulièrement en Belgique. Notamment Mohammed Abrini - "l'homme au chapeau" de Bruxelles et celui qui a acheminé les frères Abdelslam vers la région parisienne -, que la France réclame. Mais il restera de l'autre côté de la frontière le temps de l'enquête sur l'attentat de Bruxelles. D'autres individus sont soupçonnés d'avoir été en contact avec la cellule terroriste franco-belge mais rien ne prouve leur implication dans les attentats ou dans des projets d'attentats. Ils sont donc toujours en liberté. 

L'enquête a en tout cas révélé que les deux attentats, Paris et Bruxelles, sont liés et qu'il n'a jamais été question d'actes solitaires et isolés. L'organisation des terroristes est redoutable. Une dizaine de planques différentes ont été trouvées près de la capitale belge. Tous leurs participants semblent appartenir à un même cercle, rattaché de près ou de loin à la filière dite des Buttes Chaumont, à l'époque "dirigée" Farid Benyettou (aujourd'hui main dans la main avec Dounia Bouzar dans sa lutte pour la déradicalisation), et depuis dissoute. Elle a fait sa réapparition sous le nom de la cellule de Verviers (Belgique), sous l'influence d'un certain Abdelhamid Abaaoud. Tous agissent sous la bannière sombre et sanglante de Daesh.

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2016-11-13 06:00:00
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