2 min de lecture Attentats à Paris

Attentats de Paris : le "logeur" Jawad Bendaoud écope d'une obligation de soins

Jawad Bendaoud a comparu au tribunal de Bobigny. Il n'était pas jugé pour ses liens avec les jihadistes du 13 novembre 2015 mais pour son comportement avec les forces de l'ordre.

Jawad Bendaoud, soupçonné d'avoir prêté son appartement de Saint-Denis aux terroristes
Jawad Bendaoud, soupçonné d'avoir prêté son appartement de Saint-Denis aux terroristes Crédit : Capture d'écran/BFM TV
Nicolas Marischaël avec sa famille dans son atelier-boutique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Jawad Bendaoud avait craqué, la fois précédente. "Fils de p*** ! Je suis pas terro ! Ils m'ont mis des coups de matraque !", criait-il en janvier, au tribunal de Bobigny, à des policiers lors d'un procès pour trafic de cocaïne. Son comportement violent vis-à-vis des forces de l'ordre lui a valu de comparaître à nouveau, jeudi 1er juin. Soupçonné d'avoir logé les jihadistes des attentats du 13 novembre 2015 - faits pour lesquels il n'a pas encore été jugé -, le prévenu a écopé de six mois de mise à l'épreuve à sa sortie de détention, avec une obligation de soins. Il devra aussi verser 400 à 700 euros d'indemnisation à chacun des cinq policiers qui l'auraient, selon lui, moqué et violenté.

En janvier, à son arrivée dans le box, ce jeune homme de trente ans, en larmes et ivre de colère, avait alors accusé les fonctionnaires de violences avant de les noyer sous un flot d'insultes. Frappé à coups de matraques télescopique au niveau du thorax, le prévenu s'était vu prescrire 5 jours d'incapacité totale de travail. De leur côté, les cinq policiers ont déposé plainte.

"J'ai pété les plombs"

Pour sa troisième apparition en cinq mois devant la justice, il a reconnu les insultes et exprimé des "regrets". Mais livré une version des faits bien loin de celle des fonctionnaires, absents de l'audience, selon lesquels il n'aurait pas supporté une palpation. "Il m'a dit : 'Century 21, ferme ta gueule et colle toi au mur'. Ensuite, il m'a mis la matraque entre les jambes, à mis une main de chaque côté et m'a soulevé, mes pieds ne touchaient plus par terre. Puis il m'a enfoncé la matraque dans le ventre en me disant : 'Tu manges bien en prison espèce de gros kebab'. J'ai pété les plombs, je les ai insultés et j'ai montré le poing", a-t-il raconté.

Pour se défendre, celui qui a déjà purgé quelque 10 ans de prison, dont huit pour coups mortels, a plaidé avoir "été 50 fois au tribunal de Bobigny, extrait 40 fois de cellule, contrôlé 100 fois dans la rue et ne jamais avoir fait d'outrage" à des policiers. Des arguments apparemment entendus par la présidente, qui a recadré à plusieurs reprises l'ingérable Bendaoud, alors qu'il mimait un joueur de pipeau ou lançait "elle est complètement toc toc" pendant les réquisitions de la procureure.

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L'avocat de Jawad Bendaoud, Xavier Nogueras, a salué une "décision d'apaisement" pour cet homme qu'il décrit comme "broyé" par l'isolement et "piétiné par la France". Le 18 novembre 2015, jour de l'assaut du Raid à Saint-Denis, l'homme s'était illustré lors d'une interview télévisée dans laquelle il clamait maladroitement son innocence.

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