3 min de lecture Terrorisme

Attentat à Paris : où en est l'enquête sur Khamzat Azimov ?

L'enquête se poursuit après l'attaque au couteau de Paris du samedi 12 mai. Les parents de l'assaillant ainsi que son ami, radicalisé, ont été entendus par les enquêteurs. Deux femmes ont été arrêtées jeudi 17 mai en région parisienne.

Des secours où un attentat à fait un mort à Paris, le 12 mai 2018
Des secours où un attentat à fait un mort à Paris, le 12 mai 2018 Crédit : Thomas SAMSON / AFP
Thibaut Deleaz
Thibaut Deleaz
Journaliste RTL

Cinq jours après l'attaque au couteau de Khamzat Azimov, qui a tué un homme de 29 ans et blessé cinq autres personnes à Paris samedi 12 mai, le procureur François Molins a tenu une conférence de presse pour faire un point sur l'enquête et retracer le déroulement de l'attentat.

Le terroriste est repéré sur les images de vidéosurveillance à 20h33 près de l'Opéra, "cachant un objet" avec sa main gauche. Moins de 10 minutes plus tard, il poignarde Ronan, un passant croisé au hasard. Le jeune homme décède dans la rue des suites de ses blessures. 10 plaies par arme blanche ont été retrouvées sur son corps, "dont une plaie est compatible avec une tentative d'égorgement", a précisé François Molins.

Khamzat Azimov a ensuite continué son chemin et frappé plusieurs personnes. Le procureur a également fait état de deux blessés graves, dont un homme de nationalité chinoise. "Trois autres personnes ont également été blessées", ajoute-t-il. Le bilan est donc porté à un mort et cinq blessés, contre quatre jusqu'à maintenant.

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"Je vais vous buter !"

Après un appel au 17, les policiers sont intervenus sur place. Les voyant, Khamzat Azimov leur a lancé : "Je vais vous buter !" L'un des fonctionnaires a tiré "à deux reprises" sur l'assaillant avec son taser, "sans parvenir à l'arrêter". Un autre policier "a tiré à deux reprises avec son arme de service" sur l'agresseur. Khamzat Azimov est abattu par les forces de l'ordre.

Plusieurs victimes ont indiqué avoir entendu le terroriste crier "Allahou Akbar", dont une femme qui a précisé que l'arabe employé par Khamzat Azimov était incorrect. Par ailleurs, François Molins précise que Daesh a revendiqué l'attentat par le biais de son agence de communication Amaq quelques minutes après l'attaque.

"Un étudiant timide avec une pratique religieuse irrégulière"

L'assaillant "n'avait pas de pièce d'identité ni de téléphone" sur lui, a précisé le procureur. Mais les enquêteurs ont rapidement fait le rapprochement avec Khamzat Azimov, qu'ils avaient entendu quelques mois auparavant comme témoin, en avril 2017. La comparaison des empreintes du terroriste avec celles déposées par Khamzat Azimov lors d'une demande de carte d'identité ont permis de l’identifier formellement.

Fiché S et inscrit au Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) depuis 2016, Khamzat Azimov vivait avec ses parents dans le 18e arrondissement de Paris depuis juillet 2017. Placés en garde à vue dimanche 13 mai, "ils ont décrit leur fils comme un étudiant timide avec une pratique religieuse irrégulière" et affirmé ignorer qu'il avait été entendu par la police en 2017. Ils ont été libérés mardi 15 mai.

Deux femmes arrêtées en région parisienne

Son ami, Abdoul Hakim A., 20 ans et né en Russie, avait été auditionné à l'époque dans les mêmes circonstances. Il s'était rendu à Paris avec Khamzat Azimov pour se marier avec une femme radicalisée à la veille de son départ en Syrie. Il a été présenté à un juge d'instruction jeudi 17 mai à l'issue de sa garde à vue, et son placement en détention provisoire a été requis.

Le père d'Abdoul Hakim A. a évoqué lors de son audition la découverte dans son ordinateur de vidéos avec le drapeau noir de Daesh, a développé François Molins. Plusieurs documents ont été saisis au domicile du suspect, mais son téléphone reste introuvable : il dit l'avoir égaré le matin même. Le 12 mai à 19h16, une heure avant l'attentat, Abdoul Hakim A. adresse à sa sœur un chant jihadiste souvent repris par Daesh sur Whatsapp. 

Deux femmes proches d'Abdoul Hakim A. et de Khamzat Azimov ont également été interpellées jeudi 17 mai en région parisienne, a annoncé le procureur, sans donner plus de détails. Les investigations se poursuivent encore.

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