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Attaque au couteau à Marseille : où en est l'enquête ?

ÉCLAIRAGE - Trois jours après l'attaque au couteau sur le parvis de la gare Saint-Charles, cinq personnes ont été interpellées dans le cadre de l'enquête. Elles ont toutes été relâchées vendredi 6 octobre.

Une attaque au couteau a eu lieu à la gare Saint-Charles (Marseille) dimanche 1er octobre.
Une attaque au couteau a eu lieu à la gare Saint-Charles (Marseille) dimanche 1er octobre.
Crédit : Claude Paris/AP/SIPA
Claire Gaveau
Claire Gaveau

Alors que les hommages se multiplient à Marseille mais aussi à Rillieux-la-Pape, près de Lyon, les forces de l'ordre poursuivent leur enquête après l'attaque au couteau sur le parvis de la gare Saint-Charles, dimanche 1er octobre.

Et trois jours après cette attaque qui a ôté la vie à deux cousines d'une vingtaine d'années, Laura et Mauranne, certaines informations permettent d'y voir plus clair. En première ligne : le profil du suspect, qui était connu sous sept identités différentes dans les fichiers de police tantôt de nationalité tunisienne, algérienne ou marocaine.

Les enquêteurs ont formellement identifié l'individu. Son nom est Ahmed Hanachi, un ressortissant tunisien de 29 ans né en 1987, selon une information de RTL, confirmée ensuite par Gérard Collomb. Cette identité est bien celle qui figurait sur le passeport que l'individu avait présenté lors de son interpellation survenue deux jours auparavant pour un vol à l'étalage à Lyon.

Un appartement perquisitionné

Mardi 3 octobre, tard dans la soirée, les forces de l'ordre ont pris la direction du quartier populaire de Saint Mauront, dans le IIIe arrondissement de Marseille, pour perquisitionner un appartement, un petit studio, situé au fond d'une impasse relativement tranquille. Le nom de Mohamed Hamachi apparaît même sur la boîte aux lettres.

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Les enquêteurs de l'IGPN et de la police judiciaire ont notamment mis la main sur le sac noir, visible sur les images de vidéosurveillance, lors de l'arrivée du suspect à la gare Saint-Charles samedi soir. À l'intérieur se trouvaient essentiellement des habits et autres produits du quotidien.

Selon les informations de plusieurs voisins, l'assaillant louait ce studio depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Il est décrit comme une personne discrète qui recevait quelques amis. Un homme au profil assez lisse, loin de montrer certains signes de radicalisation.

Cinq interpellations à Marseille

Au total, cinq personnes ont été arrêtées à Marseille mardi 3 octobre, dont au moins deux dans un immeuble d'apparence modeste qui abrite des logements sociaux et des locations temporaires à quelques centaines de mètres du Vieux-Port. Ayant été en relation avec Ahmed Hanachi, abattu après son attaque, quatre hommes et une femme ont été placés en garde à vue pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer s'ils ont, au moins pour certains d'entre eux, pu apporter un soutien logistique au tueur. Vendredi 6 octobre, elles ont toutes les cinq été relâchées.

Quand le terroriste a été abattu dimanche 1er octobre, il n'avait aucun papier sur lui, aucun bagage, seulement un iPhone. C'est grâce à l'examen minutieux de ce téléphone que le lien a pu être établi avec ces personnes.

Des vidéos jihadistes sur son téléphone

Mais ce téléphone a également permis aux enquêteurs d'y voir plus clair sur la radicalisation de l'assaillant. D'après nos informations, des vidéos islamistes ont été téléchargées récemment dans le téléphone du terroriste. Il s'agit de chants qu'on appelle les nasheed. Le plus souvent interprétés a cappella, ces chants islamistes sont typiques de la propagande djihadiste mise en place par Daesh.

Si l'organisation terroriste avait revendiqué l'attaque seulement quelques heures après les faits, aucun élément ne reliait le suspect au groupe islamique. Le terroriste aurait téléchargé ces chants récemment, ce qui constitue un élément troublant et un signe d'une radicalisation récente.

2.000 euros qui posent question

Et ces derniers s'interrogent dorénavant sur une importante somme d'argent perçue par l'assaillant, pour un total avoisinant les 2.000 euros, quelques jours avant l'attaque.

Les enquêteurs refusent de tirer des conclusions hâtives alors que "rien à cette heure n’indique que ces sommes aient été données pour qu’il commette ses crimes", explique une source au Parisien. En effet, Ahmed Hamedi, qui vivait dans la délinquance, a perpétré son attaque avec un simple couteau de boucher. Sans aucune logistique et sans aucun moyen.

Une défaillance judiciaire ?

Ahmed Hanachi, étranger en situation irrégulière interpellé deux jours avant son crime pour un vol, aurait-il dû être placé en rétention en vue d'une éventuelle expulsion ? Après son interpellation, Ahmed Hanachi avait bénéficié de la part de la justice d'un classement sans suite et la préfecture n'avait pas été en mesure de prendre une mesure d'éloignement à son encontre", a déclaré le procureur François Molins, lors d'une conférence de presse lundi 2 octobre.

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