3 min de lecture Attentats en France

Après les fusillades à "Charlie Hebdo" et "Montrouge", les hommages aux policiers se multiplient

Les messages et démonstrations de soutien à l'attention des policiers ont afflué en masse après les deux fusillades qui ont frappé le siège de "Charlie Hebdo" mercredi et deux gardiens de la paix à Montrouge jeudi.

Le frère de Franck Brinsolaro (au centre), garde du corps de Charb décédé mercredi, observe une minute de silence au commissariat de Marseille en hommage aux victimes de l'attentat contre "Charlie Hebdo"
Le frère de Franck Brinsolaro (au centre), garde du corps de Charb décédé mercredi, observe une minute de silence au commissariat de Marseille en hommage aux victimes de l'attentat contre "Charlie Hebdo" Crédit : AFP
BenjaminHuepro
Benjamin Hue
Journaliste RTL

La profession a été lourdement frappée dans les deux fusillades qui ont secoué la France ces dernières 48 heures. Mercredi, deux gardiens de la paix, Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet ont payé de leur vie leur présence sur le chemin des terroristes qui ont attaqué le siège de Charlie Hebdo.

Le premier, membre du service de protection des hautes personnalités, père de famille de 49 ans, marié à une journaliste, est décédé aux côtés de Charb, le rédacteur en chef du journal satirique dont il assurait la sécurité. 

Le second, 42 ans, marié aussi, était affecté à la brigade VTT du commissariat central du XIe arrondissement de Paris. La vidéo de sa froide exécution sur le trottoir du boulevard Richard Lenoir alors qu'il tentait de ralentir la fuite des terroristes a provoqué un vif émoi dans le monde entier.

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Le courage d'une profession salué de toutes parts

Un hashtag en la mémoire des fonctionnaires tués et leurs quatre collègues également blessés dans l'attentat a rapidement fleuri sur Twitter, où #JeSuisPolicier est très vite devenu l'un des sujets les plus populaires, souvent accolé au mot-dièse #JeSuisCharlie en hommage aux journalistes de l'hebdomadaire satirique. En deux jours, plus de 5.000 tweets ont ainsi été partagés par les internautes désireux d'exprimer leur compassion à une profession endeuillée et peu habituée à de telles démonstrations de soutien.

"Parfois, on a la sensation que la police est mal comprise par les citoyens mais il ne faut pas oublier que le geste d'hier témoigne que, quoi qu'il en soit, un policier, en toute occasion, saura s'interposer lorsqu'il faudra qu'il protège la nation", a déclaré jeudi Philippe Brinsolaro, le frère du garde du corps de Charb, lui aussi gardien de la paix, lors d'une cérémonie au commissariat de Marseille. Sur la place de la République à Paris, où des milliers de personnes se sont rassemblées spontanément mercredi, les policiers ont été chaleureusement applaudis à chacun de leur passage.

Le décès d'une policière stagiaire de 25 ans réveille les vieux débats

Cet élan de solidarité s'est amplifié jeudi, après l'assaut lancé en début de matinée par un homme armé d'un fusil mitrailleur et d'une arme de poing contre une policière municipale et un agent de voirie à Montrouge, dans les Hauts-de-Seine, à quelques hectomètres de la porte de Châtillon. Malgré son gilet pare-balles, Clarissa Jean-Philippe, jeune femme de 25 ans originaire de Martinique, n'a pas résisté aux deux balles qui l'ont atteinte dans le dos et dans le cou. En poste dans la ville du sud de Paris depuis quelques mois à peine, elle sortait seulement de formation à Pantin et n'avait pas encore été titularisée lorsqu'elle est morte dans l'exercice de ses fonctions. 

Son décès a aussitôt suscité une profonde vague d'émotion. François Hollande, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, la ville de Montrouge et de nombreux anonymes ont rendu hommage à la jeune femme qui n'était pas encore entrée de plain pied dans la vie active et laisse une mère et un frère dans la douleur à l'autre bout du globe. Un hashtag #JeSuisClarissa est rapidement apparu sur Twitter pour honorer la fonctionnaire. 

Mais sa disparition n'a pas manqué de réveiller aussi le débat sur l'armement des policiers municipaux. Comme tous les gardiens de la paix de Montrouge, la jeune femme ne portait pas d'arme à feu lorsqu'elle a été abattu. "Nous restons choqués, qu'aujourd'hui en France, des policiers municipaux n'aient pour se protéger qu'un simple stylo voire une bombe lacrymogène", s'est indigné le Syndicat national de la profession. De son côté, l'Union syndicale professionnelle des policiers municipaux n'a pas exclu de porter plainte contre le maire de Montrouge, rapporte Le Monde.

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Les messages et démonstrations de soutien à l'attention des policiers ont afflué en masse après les deux fusillades qui ont frappé le siège de "Charlie Hebdo" mercredi et deux gardiens de la paix à Montrouge jeudi.
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2015-01-08 20:32:00
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