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Enfin des réponses pour la famille de Jonathan Coulom ? Le garçon avait été enlevé dans un centre de vacances puis tué : 22 ans après, le procès du principal suspect débute

Ce mardi 19 mai et jusqu'au 5 juin, s'ouvre à la cour d'assises, le procès de Martin Ney, jugé pour le meurtre de Jonathan Coulom, 10 ans, en 2004. L'Allemand a toujours nié les faits. Pour la famille du petit garçon, ce procès représente la possible fin d'un "très long parcours judiciaire".

Jonathan Coulom a disparu en mars 2004, à Saint-Brévin-les-Pins. Son corps a été retrouvé à Guérande, un mois plus tard.

Crédit : COR / AFP

Le journal RTL de 5h du 19 mai 2026

00:08:11

AFP & Mathieu Lopinot - édité par Justine Audollent

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Un criminel allemand aux assises pour le meurtre de Jonathan Coulom en 2004. Vingt-deux ans jour pour jour après la découverte du corps du garçon de 10 ans, dans un étang des environs de Guérande, en Loire-Atlantique, le procès pour meurtre de Martin Ney, un Allemand de 55 ans, s'ouvre ce mardi 19 mai devant la cour d'assises.

Jugé jusqu'au 5 juin pour l'enlèvement et le meurtre du petit garçon, disparu en avril 2004 lors d'une classe de mer à Saint-Brévin-les-Pins, Martin Ney a toujours nié les faits. Né à Brême, l'homme a été condamné en 2012 en Allemagne à la prison à perpétuité pour les meurtres de trois garçons de 13, 8 et 9 ans entre 1992 et 2001, qu'il a avoués, et pour neuf agressions sexuelles commises après s'être introduit dans des centres hébergeant des enfants.

J'attends qu'il avoue, mais ça va être compliqué.

Virginie, la maman de Jonathan

Pour la famille de Jonathan, ce procès représente la possible fin d'un "très long parcours judiciaire", a déclaré à l'AFP Me Caty Richard, avocate de la grand-mère du petit garçon, partie civile au procès. "Ce que l'on pourrait espérer, mais sans trop y croire, c'est qu'enfin (l'accusé) prenne ses responsabilités et donne des explications", a-t-elle ajouté.

Le procès se fera sans preuve accablante, mais pour Catherine Salsac, l'avocate de la mère de Jonathan, deux témoignages clés pourraient être déterminants. "Vous avez le co-détenu qui dit que Martin Ney lui aurait avoué qu'il était parti en France. Et puis vous avez un agriculteur qui a aperçu près d'une mare une voiture immatriculée en Allemagne avec un homme de très forte corpulence. Donc des points convergents qui, j'espère, pourront convaincre les jurés dans leur intime conviction pour condamner cet homme', indique-t-elle au micro de RTL.

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Virginie, la mère de Jonathan, espère également des aveux de la part du suspect. "J'ai une partie de moi qui me dit que c'est lui et il y a l'autre qui me dit que ce n'est pas lui. C'est ça que j'attends aussi de ce procès, de comprendre. Pour avancer, j'ai besoin de ça. Moi, j'attends qu'il avoue, mais ça va être compliqué", confie-t-elle.

L'"homme en noir"

Le 7 avril 2004 à 8h25, à Saint-Brévin-les-Pins, les gendarmes sont avertis de la disparition pendant la nuit d'un petit garçon qui séjournait avec sa classe dans un centre de vacances. Son lit était vide au réveil de ses camarades de chambre. Jonathan, originaire du Cher, a les cheveux châtains coupés courts, les yeux bleus, mesure 1m40, et porte vraisemblablement un pyjama gris à manches longues.

Dès les premières semaines de recherches, les autorités allemandes signalent aux enquêteurs français que les circonstances de la disparition de Jonathan rappellent celles de plusieurs enlèvements et meurtres d'enfants, attribués à un inconnu surnommé l'"homme en noir", en allemand "Schwarzer Mann".

Le corps de Jonathan, lesté d'un parpaing, est retrouvé le 19 mai 2004 dans un étang des environs de Guérande, à une trentaine de kilomètres du lieu de sa disparition. Une cordelette entrave son cou, ses pieds et ses mains.

Martin Ney arrêté en 2011

Les investigations se concentrent d'abord sur l'hypothèse d'un suspect local, qui aurait pu séquestrer l'enfant et aurait connu l'existence de l'étang, invisible depuis les routes alentour. Des dizaines d'individus font l'objet de prélèvements génétiques, les enquêtes de voisinage se multiplient. Mais à partir de 2008, de nouveaux rapports d'expertise estiment que Jonathan a pu être tué peu après son enlèvement et son corps immergé rapidement.

De l'autre côté de la frontière, Martin Ney est arrêté en 2011 et reconnaît lors de sa garde à vue les meurtres de trois garçons. Interrogé sur l'enlèvement de Jonathan, il nie les faits et conteste s'être trouvé en France à ce moment-là. Selon l'enquête, Martin Ney a posté dès 2004, avant la découverte du corps de Jonathan, un message sur un forum en ligne attribuant son meurtre à "l'homme en noir". Martin Ney admettra par la suite la paternité de ce surnom.

Un tournant dans l'enquête en 2017

L'enquête connaît un nouveau tournant en 2017, quand un ancien co-détenu de Martin Ney affirme avoir recueilli ses confidences. Celui-ci lui aurait avoué avoir tué un enfant en France, s'étonnant de ne pas avoir été identifié par un homme croisé au moment des faits. Ces déclarations font écho au témoignage d'un agriculteur qui avait affirmé des années plus tôt avoir croisé un soir d'avril 2004 un individu conduisant une berline immatriculée en Allemagne.

Sous le coup d'un mandat d'arrêt européen, Martin Ney est transféré plusieurs mois en 2021 en France, où il est mis en examen. Au fil des 13 jours d'audience, 20 témoins et experts, français et allemands, seront entendus par la cour d'assises.

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