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Image d'illustration - Un vignoble le matin - 2025
Crédit : Jean-Bernard NADEAU / ONLY FRANCE / Only France via AFP
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Vendredi 30 septembre 2022, 7h35, le Samu est appelé pour un homme blessé par arme à feu à Cumières, à dix minutes d'Épernay. Les pompiers arrivent au numéro 12 de la rue de la Coopérative, le siège des champagnes Vadin-Plateau, une maison avec terrasse accolée à une petite boutique. La femme de ménage et un ouvrier viticole les accueillent, choqués.
À l'étage, un homme tente un massage cardiaque sur la victime vêtue d'un tee-shirt et d'un caleçon. C’est le fils de la maison Yann Vadin, 33 ans. Il essaie de sauver son père, Jean-Luc Vadin, 56 ans. Mais il est trop tard. Le vigneron est mort. La victime a reçu trois balles de calibre 12 millimètres. Des tirs à moins de deux mètres. Jean-Luc Vadin est décédé d'une hémorragie rapide et massive. Son décès remonte au petit matin.
Les policiers d'Épernay inspectent la scène de crime. Un carreau de la porte d'entrée du garage a été brisé. Suffisant pour glisser une main débloquer le verrou et entrer dans l’habitation. Le bureau est sens dessus dessous. Des papiers et des objets au sol. Le tiroir-caisse ne contient plus que de la menue monnaie. Yann Vadin, qui a découvert le corps de son père, est entendu. Il gère les champagnes Vadin-Plateau avec son père. Ce matin, il a découvert son père sur le ventre dans le couloir et pense qu'un intrus a pénétré dans la maison.
Lundi 3 octobre 2022, les enquêteurs sont de retour dans la maison de champagne de Cumières. Yann Vadin avait déclaré avoir tiré accidentellement dans la cave pour faire fuir un hypothétique cambrioleur. C’est pour ça qu’il avait de la poudre sur les doigts. Mais aucun impact n’est retrouvé. De plus, le matin du crime, Yann Vadin dit être arrivé à la maison de champagne vers 7h45. Son téléphone a pourtant borné sur place bien plus tôt, entre 2h38 et 6h27.
Deux jours plus tard, la femme de ménage déclare à demi-mots que Yann a pu tirer sur son père. Elle n'en sait pas plus, elle ne veut pas d'ennuis. Yann Vadin est placé en garde à vue. Il dément avoir tiré. Il reconnait seulement avoir pioché dans la trésorerie de l’entreprise. "Quand il raconte les choses, il adapte en permanence son discours, on a des versions qui évoluent d’un moment à un autre", précise Me Gérard Chemla, avocat de la famille de Jean-Luc Vadin.
Les heures de garde à vue défilent. Le fils évoque désormais "un accident". Depuis quelques jours, il était désespéré. Un contrôle de la répression des fraudes s’était mal passé. La maison de champagne était menacée de sanctions. Il avait décidé de se suicider. À l'aube, il a pris sa carabine et s'est rendu à la maison. Son père a entendu du bruit, il lui a fait face, le coup est parti accidentellement. Il a jeté sa carabine 12 millimètres dans un tas de fumier. Le fils est mis en examen pour "meurtre sur ascendant" : un parricide.
Un mois et demi après la mise en examen, Yann Vadin est entendu par le juge d'instruction de Reims. Il décrit les relations difficiles avec son père. Yann Vadin revient sur ses déclarations. Plus question d'accident. Il a tué volontairement son père. Cette nuit-là, il ne trouvait pas le sommeil. Il s'est levé. Il est allé à la maison de champagne. Il a tiré trois balles.
Lundi 24 novembre 2025, Yann Vadin est devant la cour d'assises de la Marne, à Reims. Sur la nuit tragique, il raconte : "J'aurais dû partir mais je suis resté. Je voulais en finir". "Il a montré assez peu d’émotions pendant le procès. Il passait beaucoup de temps a récriminer son père", se rappelle Maxime Mascoli, journaliste pour L'Union, dans L'Heure du Crime, sur RTL. Pour l'avocate de l'accusé, Me Naïri Zadourian, son client n'aurait rien de calculateur ou de machiavélique. Elle le décrit comme un jeune homme qui était sous le joug de son père et qui ne sait pas dire non.
Les témoins se succèdent. L’épouse de Yann répète qu'elle ne comprend toujours pas ce qui s'est passé. Yann Vadin ne réagit pas à ces témoignages à la chaîne. Il finit par s'excuser auprès de sa grand-mère et de sa mère. Après quatre jours de procès, la cour d'assises de la Marne condamne Yann Vadin à vingt-cinq ans de prison. Aucune peine de sûreté prononcée. "Je ne peux pas lui pardonner. Il a gâché la vie de tout le monde, il a gâché nos vies", déclare Nelly Mainguet, la soeur de Jean-Luc Vadin.
- Me Gérard Chemla, avocat au barreau de Reims. Avocat de la famille de Jean-Luc Vadin.
- Maxime Mascoli, journaliste localier pour le quotidien L'Union ayant suivi toute l'affaire.
- Nelly Mainguet, sœur de Jean-Luc Vadin.
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