3 min de lecture Justice

Affaire Grégory : les dernières avancées de l'enquête

Les gardes à vue de trois membres de la famille ainsi que les auditions libres des grands-parents a relancé cette affaire judiciaire toujours non élucidée depuis 1984.

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Affaire Grégory : qui sont les protagonistes ? Crédit Média : RTLnet | Date :
Claire Gaveau
Claire Gaveau
et AFP

Plus de 32 ans après les faits, le mystère reste entier sur la mort du petit Grégory. Le 16 octobre 1984, Grégory Villemin, âgé de 4 ans, était retrouvé dans les eaux froides de la Vologne, pieds et poings liés. Une découverte qui a marqué le début d'une des grandes affaires de ces dernières années. Mercredi 14 juin, la section de recherches de Dijon avait placé en garde à vue Marcel Jacob, oncle maternel de Jean-Marie Villemin (le père de Grégory, ndlr), sa femme Jacqueline ainsi qu'une belle-sœur du père, Ginette Villemin.

À ses débuts, l'enquête a d'abord soupçonné Bernard Laroche, finalement remis en liberté le 4 février 1985 mais convaincu de sa culpabilité, Jean-Marie Villemin l'a tué d'un coup de fusil de chasse. Il sera condamné pour ce meurtre à 4 ans de prison en 1993. En juillet 1985, le juge Jean-Michel Lambert opérait un spectaculaire revirement, portant ses soupçons vers la mère de Grégory, Christine Villemin, qui sera innocentée en 1993 au terme d'un non-lieu retentissant. Le dossier, qui comporte 12.000 pièces, a été rouvert en 1999, puis en 2008, pour tenter de trouver d'hypothétiques traces d'ADN sur les scellés. Depuis, 400 prélèvements ont été effectués, une centaine de témoins ont été interrogés et près de 2.000 courriers anonymes ont été analysés en détail.

Pourtant, impossible aujourd'hui de suspecter l'auteur de ce macabre fait divers. Lors d'une conférence de presse ce jeudi 15 juin, le procureur a assuré "ne pas savoir qui était l'auteur" de ce crime. Au cours des nombreuses relances de cette affaire, les enquêteurs se sont notamment penchés sur un mystérieux "corbeau" ayant revendiqué le meurtre de l'enfant en invoquant une "vengeance". 

Plusieurs personnes ciblées par les enquêteurs

L'enquête sur la mort du petit Grégory en 1984, dans le cadre de laquelle trois membres de la famille Villemin ont été placés en garde à vue, montre que "plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime", a affirmé jeudi le procureur général de Dijon. "À ce stade, les investigations montrent que plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime. Quelques jours avant le passage à l'acte, des repérages et surveillances ont été réalisés, opérés par un homme portant une moustache et quelques fois accompagné d'une femme", a précisé Jean-Jacques Bosc, selon lequel l'enquête s'oriente vers la vérification des emplois du temps des suspects dans le cadre de leur garde à vue.

L'expertise des lettres manuscrites

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Mais les révélations ne se sont pas arrêtées là. Le procureur général de Dijon a ainsi révélé que de nouvelles expertises d'une lettre manuscrite anonyme de 1983 adressée à Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, orientaient les soupçons sur Jacqueline Jacob, la tante de Jean-Marie Villemin. "Les conclusions de cette expertise sont confondantes", a-t-il affirmé.

L'expertise d'une autre lettre de menaces de mort adressée en 1989 cette fois au juge Simon, qui était sur le point d'innocenter Christine Villemin, "implique également avec les mêmes réserves de prudence la grand-mère de Grégory". Ce qui a "justifié son audition" mercredi 14 juin.

En revanche, la lettre "de revendication" postée à Lépanges le 16 octobre 1984, le jour du meurtre, "également soumise à une expertise, n'a pas permis à ce stade d'en déterminer l'auteur". Il est cependant possible "d'observer une similitude importante des termes" entre ces deux lettres de 1983 et la lettre de revendication où l'on retrouve le mot 'le chef' (surnom donné au père de famille, ndlr)", a-t-il détaillé. 

Les membres de la famille Villemin gardent le silence

Les trois membres de la famille Villemin placés en garde à vue se poursuivaient ce jeudi 15 mai à Dijon. À l'heure actuelle, impossible pour les enquêteurs d'en tirer quelque chose. Tous trois restaient mutiques face aux questions des gendarmes qui tentent de percer le mystère de cet assassinat. "Je ne suis pas venu aujourd'hui vous dire que l'affaire était résolue", a-t-il lancé.

"Sur le fond, il n'y a pas d'éléments nouveaux", souligne-t-on de source proche de l'enquête mais le logiciel d'analyse criminelle Anacrim, conçu et utilisé par la gendarmerie, a permis d'avoir "un regard neuf sur la procédure". Avec cet outil, les gendarmes ont reconstitué la chronologie des jours ayant précédé et suivi le crime, de façon à positionner dans l'espace et dans le temps l'ensemble des protagonistes et des éléments considérés comme intéressants. Le logiciel a ainsi mis au jour de nouvelles incohérences, que les enquêteurs cherchent à comprendre. 

Les différents rebondissements de l'affaire Grégory
Les différents rebondissements de l'affaire Grégory Crédit : VINCENT LEFAI, SABRINA BLANCHARD, THOMAS SAINT-CRICQ / AFP
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