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Franck Renard Payen (à gauche), jugé pour la mort de Dominique Aubry, veuve fortunée retrouvée pendue en 2005, arrive avec son avocat Eric Dezeuze à la cour d'assises de Versailles, près de Paris, le 19 octobre 2015.
Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
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Jeudi 1er décembre 2005, 14h27, le commissariat de Neuilly-sur-Seine est appelé pour une femme découverte pendue à bord de la péniche "La Martinique" amarrée à hauteur du boulevard Koenig. Les gardiens de la paix sont accueillis par un homme, le dénommé Franck Renard-Payen. C'est lui qui a découvert le corps pendu de sa très bonne amie Dominique Aubry, 57 ans. Il venait lui rendre visite.
Franck Renard-Payen est entendu. Il connaît le couple Aubry depuis une quinzaine d'années. Il s'est inquiété car Dominique a tenté de se suicider cinq mois auparavant. Quinze jours après le premier interrogatoire, il est réentendu et répète avoir dîné avec Dominique Aubry la veille de la découverte du corps. Mais Franck précise qu'il n'était pas seul. Un de ses meilleurs amis, Olivier Eustache, un habitué de la péniche, était présent. Il avait "oublié" de donner ce détail aux policiers.
Mardi 31 janvier 2006, une enquête est ouverte pour homicide volontaire. La mère et le frère de la défunte viennent en effet de déposer plainte. Selon sa mère, Dominique lui a téléphoné la veille du drame. Elle allait bien, n'avait rien d’une désespérée. Selon la famille, Dominique n'aurait jamais été capable de se pendre après un repas arrosé et une prise de médicaments. Dominique Aubry, sans enfant, disparaît après avoir légué depuis peu toute sa fortune, 14 millions d'euros, à son fils spirituel, Franck Renard-Payen. Celui-là même qui a découvert le corps.
Deux mois après la mort de Dominique Aubry, les policiers perquisitionnent la péniche. Dans un tiroir de la commode est retrouvé un rouleau de corde d'amarrage en nylon bleu. Corde identique à celle utilisée pour la pendaison. Le juge d'instruction se penche sur le premier rapport établi après l'autopsie. L'aspect des poumons ne serait pas conforme à une asphyxie par pendaison. La présence d'une fracture post mortem pourrait évoquer l'intervention d'un tiers.
Les enquêteurs s'intéressent à la vie Dominique Aubry. Avec son défunt mari, ils avaient l'habitude de se lier d'amitié avec ce qu'ils appelaient des "fils spirituels". Franck Renard-Payen et Olivier Eustache en faisaient partie. Des amis du couple Aubry affirment qu'après le décès de son mari, Dominique se serait isolée. Elle ne voyait quasiment que Franck Renard-Payen et Olivier Eustache. Un conseiller bancaire, parle de "véritable emprise". Après le décès de l'antiquaire Jean Aubry, Renard-Payen aurait même eu cette réflexion : "On va manger le gâteau".
"Franck vivait au crochet du couple Aubry depuis des années. Olivier Eustache dit qu’il n'avait pas besoin d'argent, qu'il avait des économies, mais c’est faux. Ils profitent de la prodigalité de Dominique Aubry", explique Me Philippe Sarda, avocat de Frédéric Fontaine, le frère de Dominique Aubry, dans L'Heure du Crime, sur RTL.
Mercredi 11 mai 2011, six ans après la mort de Dominique Aubry, la dernière juge en charge du dossier, Nathalie Turquey, considère les charges contre Franck Renard-Payen et Olivier Eustache insuffisantes. Elle rend donc un non-lieu en leur faveur. Le procureur de Nanterre fait appel. L'ordonnance de non-lieu est cassée. Les deux hommes sont finalement renvoyés devant une cour d'assises.
Mardi 4 mars 2014, Franck Renard-Payen et Olivier Eustache se présentent devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine, à Nanterre. Ils comparaissent libres. Ils répètent n'avoir fait aucun mal à Dominique Aubry. Ceux qui connaissent les deux hommes les pensent incapables d'avoir tué Dominique. Les experts restent indécis sur la manière s'est déroulée la pendaison. Les deux accusés sont acquittés.
Lundi 5 octobre 2015, Franck Renard-Payen et Olivier Eustache sont rejugés en appel devant la cour d'assises des Yvelines, à Versailles. Ils ressortent libres du tribunal. "Dans cette affaire, on a des doutes parce que la péniche, la scène de crime, n’a pas été placée sous scellés et ça c’est une erreur. Quand la brigade criminelle va sur les lieux pour faire des constatations, la scène a pu être remodifiée et ça a pu peser dans cette affaire", indique Christel Sire-Coupet, directrice du laboratoire de police scientifique de Paris.
- Christel Sire-Coupet, directrice du laboratoire de police scientifique de Paris. Auteure du livre Le crime parfait n'existe pas aux Éditions du Rocher.
- Me Philippe Sarda, avocat au barreau de Paris. Avocat de Frédéric Fontaine, le frère de Dominique Aubry.
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