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Affaire de "la dépeceuse de Tours" : comment ce crime a marqué les annales criminelles ?

PODCAST – Le 13 décembre 1988, deux sacs poubelle sont retrouvés près de l'hôpital Trousseau, à Tours. À l'intérieur, des morceaux d'un corps humain, celui de Françoise Gendron. L'avocat du fils de la victime raconte comment ce dépeçage a marqué les annales criminelles et sa carrière.

Image illustration de l'hôpital Trousseau à Tours
Image illustration de l'hôpital Trousseau à Tours
Crédit : GUILLAUME SOUVANT / AFP
48. Affaire de "la dépeceuse de Tours" : Françoise Gendron et Sylvie Reviriego, une amité devenue fatale
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Jeanne Rouxel & Jean-Alphonse Richard

Le 13 décembre 1988, deux agents d'entretien font leur ronde habituelle sur le parking de l'hôpital Trousseau, à Tours. Ils y trouvent deux sacs poubelle. À l'intérieur, l'impensable : des morceaux humains. Vingt-quatre heures plus tard, un troisième sac est découvert non loin d'un centre commercial comportant cette fois un bassin. L'identification est cependant complexe : la tête manque. 

"C'est quand même quelque chose d'assez extraordinaire au sens propre du mot. On se pose immédiatement des questions", se souvient Me Jean-Michel Sieklucki, avocat du fils de la victime, dans Les Voix du Crime. 

Mais quelle est l'identité de la victime ? Pour le savoir, les détails de l'autopsie sont dévoilés dans le quotidien La Nouvelle République. Quatre jours plus tard, les policiers reçoivent un appel anonyme expliquant que la victime pourrait être Françoise Gendron. La police se rend alors au domicile de cette dernière. L'appartement est vide, mais les empreintes prélevées sur place sont formelles : il s'agit bien de Françoise, une mère célibataire à priori sans problème.

L'enquête révèle que la trentenaire avait pour amie proche, une certaine Sylvie Reviriego. Toutes deux sortaient régulièrement dans les bars et les boîtes de la ville. Pourtant, un litige aurait éclaté entre les deux femmes, peu de temps avant l'issue fatale. 

On n'a aucune espèce de raison d'imaginer qu'une femme comme celle-là (…) puisse avoir des raisons de se livrer à un acte d'une telle barbarie

Jean-Michel Sieklucki
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Face à ces révélations, les policiers se rendent à l'adresse de la suspecte et découvrent des preuves accablantes dans la salle de bain : des traces de sang mais aussi des dents appartenant à la victime. Sylvie Reviriego accuse dans un premier temps deux hommes qu'elle fréquentait avec la défunte, puis avoue enfin : c'est bien elle qui l'a tué. 

La surprise est totale. "Personne n'a de doute sur Sylvie Reviriego (…) On n'a aucune espèce de raison d'imaginer qu'une femme comme celle-là, qui est intégrée socialement, professionnellement, qui vit normalement, puisse avoir des raisons de se livrer à un acte d'une telle barbarie", s'étonne toujours Jean-Michel Sieklucki.

Pendant plusieurs jours, Sylvie Reviriego a méthodiquement et froidement dépecé son amie. Pour l'avocat, cela ne fait aucun doute : le meurtre est réfléchi et probablement prémédité. "Ce qui est important de savoir, c'est qu'il y a eu une première tentative (…) quelques jours ou quelques semaines plus tôt." 

"Une des choses qui me frappent et ça continuera par la suite, c'est l'apparente insensibilité totale de Sylvie Reviriego. Je n'ai jamais pu croiser son regard." Malgré les aveux de cette dernière, l'affaire se complique les jours suivants : la meurtrière dit ne plus se souvenir de rien. Une thèse peu plausible pour l'avocat de Cyril Gendron, persuadé que cette "amnésie salvatrice" cache un "mensonge utilitaire".  

Les criminels, au niveau du dépeçage, sont soit suicidaires à la fin compte tenu de ce qu'ils ont fait, soit déclarés irresponsables

Jean-Michel Sieklucki

Le 24 juin 1991 à la Cour d'assises de Tours, s'ouvre le procès de Sylvie Reviriego. La défense plaide l'irresponsabilité de l'accusée. Celle-ci prenait en effet des médicaments facilitant la perte de poids, dont l'abus pouvait provoquer des séquelles physiques et psychologiques.

"Le cocktail médicamenteux n'aurait jamais dû être donné mais il ne pouvait pas aboutir à un résultat de cette nature et à une irresponsabilité", estime l'avocat. La Cour d'assises de Tours réfute l'irresponsabilité et condamne Sylvie Reviriego à la réclusion criminelle à perpétuité.

Pour Jean-Michel Sieklucki, cette affaire reste l'une des "plus impressionnantes" de sa carrière : "On est là, près de 25 ans plus tard, à en parler encore". Et d'ajouter : "Le dépeçage est un crime relativement rare, et commis par une femme, c'est encore plus rare. Ce qui est le le troisième degré de la rareté, c'est qu'on puisse aller jusqu'au bout du processus puisqu'en général, les criminels au niveau du dépeçage sont soit suicidaires à la fin, compte tenu de ce qu'ils ont fait, soit déclarés irresponsables." 

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>> Les Voix du crime sont avocats ou avocates, enquêteurs ou enquêtrices, proches de victimes, de suspects ou de coupables. Ces témoins-clefs se confient au micro des journalistes de RTL. Des témoignages inédits, qui apportent un éclairage nouveau sur la justice et les grandes affaires criminelles d’aujourd’hui.

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