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13-Novembre : la reconstruction des victimes grâce à la reconversion professionnelle

Six ans après les attentats, les victimes tentent toujours de se reconstruire. Beaucoup choisissent de changer de vie et de se tourner vers le soin.

Les forces de sécurité à l'extérieur de la salle d'audience lors du procès des attentats du 13 novembre 2015 au Palais de Justice de Paris.
Les forces de sécurité à l'extérieur de la salle d'audience lors du procès des attentats du 13 novembre 2015 au Palais de Justice de Paris.
Crédit : Alain JOCARD / AFP
13-Novembre : la reconstruction des victimes grâce à la reconversion professionnelle
03:55
Nicolas Burnens & Aymeric Parthonnaud

Au procès du 13-Novembre, les parties civiles vont témoigner dès ce 28 septembre et durant plus d'un mois de l'horreur qu'elles ont vécu, devant la cour d'assises spéciale. Six ans après les attentats, les victimes et rescapés tentent toujours de se reconstruire... Près de la moitié d'entre eux n'ont pas repris le chemin du travail ou ont changé de métier.
 
De cette nuit d'horreur, Arnaud en a gardé un tatouage, la date de l'attentat, inscrit en chiffres romains sur le bras. Petite barbe, cheveux grisonnants, ce père de famille de 47 ans, ne prend plus de médicaments, ne fait plus de cauchemars. Le 13 novembre 2015, il a été retenu par deux terroristes armés dans un couloir du Bataclan. L'un des preneurs d'otages a déclenché sa ceinture d'explosifs juste à côté de lui. Il s'en est sorti miraculeusement.
 
"En tant que victime de ce qu'on appelle un blast, j'étais tellement content d'être en vie que juste le fait d'être là et de respirer je trouvais ça fantastique, raconte-t-il au micro de RTL. Je me suis laissé aller sur le reste. Ne plus faire grand chose. Je passais mes journées à dormir, à écouter de la musique, je ne sortais pas beaucoup de mon appartement. Il y a une petite partie de moi qui est morte et qui est toujours avec ces gens-là, de manière un peu fantomatique".

Se tourner vers les autres

Le rescapé connaît une longue période de dépression, ces angoisses qui ne passent pas, la mémoire et la concentration qui flanchent. Le graphiste de formation enchaîne les arrêts de travail, survit grâce aux avances du Fonds de Garantie. Arnaud se rend à l'évidence. "La question du sens s'était posée tellement forte au moment du Bataclan que je me suis dit : tu ne peux plus continuer, passer tes journées derrière ton ordinateur tout seul. J'avais envie d'un métier qui me mette en relation avec des êtres vivants. Ça a été le début de la reconstruction pour moi. Je me suis recyclé. J'ai fait une formation qui m'a amené sur un métier sans comparaison avec mon ancien métier", décrit Arnaud.

Désormais, il est professeur de dessin auprès d'enfants et de jeunes adultes. Épanoui, il aime enseigner et transmettre, mais évite de parler de son passé à ses élèves...Comme Arnaud, certains rescapés sont devenus professeurs, pâtissiers, gérants de bars, mais aussi infirmiers ou sophrologues... Beaucoup de victimes, blessées physiquement, choisissent des métiers tournés vers les autres ou les soins. 

Une partie du visage de Gaëlle a été emporté par une balle de Kalachnikov. Cette ancienne cheffe de projet a subi une quarantaine d'opérations chirurgicales. "J'ai découvert un métier en centre de rééducation qui est l'ergothérapie. Je me suis dit : qu'est-ce qui t'empêche de le faire ce métier ? Il fallait passer un concours. Trois années d'études. Faire de la pub pour des lunettes, c'était bien agréable mais j'avais envie de passer à autre chose. En passant plus par les besoins primaires : boire, manger, dormir, etc. J'ai ce besoin d'aider les autres car on m'a énormément aidé."

Des aides méconnues

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Mais les reconversions professionnelles sont difficiles pour les victimes de terrorisme. Il n'existe pas de dispositif unique. Les démarches restent longues et compliquées. À Paris, Pôle Emploi propose un accompagnement personnalisé avec un bilan de compétences. De son côté, l'Office National des Anciens Combattants finance chaque année près de 50.000 euros de formation pour les victimes d'attentats. L'an dernier, l'Office a enregistré moins d'une vingtaine de dossiers... Beaucoup de rescapés du 13-Novembre, continuent de mener, seuls, leur projet, vers une nouvelle vie...

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