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VIDÉO - Collégiens pris en otages en Italie : comment le carnage a pu être évité

ÉCLAIRAGE - Un terrible drame a été évité mercredi près de Milan, où 51 adolescents en sortie scolaire ont été pris en otage par leur chauffeur, un Italien d'origine sénégalaise. La classe a pu être libérée "de justesse" grâce à l'intervention de six carabiniers.

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Collégiens pris en otages en Italie : comment le carnage a pu être évité Crédit Image : Flavio LO SCALZO / AFP | Crédit Média : M6 info/ Arthur Deshayes | Date :
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La rédaction de M6 édité par Joanna Wadel

Un premier groupe d'enfant sort du bus, puis, quelques secondes plus tard, quand les policiers italiens stoppent définitivement le véhicule, d'autres parviennent à prendre la fuite. Après 40 minutes de séquestration, les collégiens sains et saufs ont pu s'enfuir, encore effrayés. Les 51 adolescents ont évité la mort de justesse, car, tandis qu'ils évacuent le chauffeur qui les prenait en otage met le feu au car.

Alors que les élèves voyageaient entre Crema et Milan dans le cadre d'une sortie sportive, le chauffeur change subitement de trajet, et prend la direction de l'aéroport. Armé d'un briquet et de bidons d'essence, il demande alors aux trois accompagnateurs de ligoter les collégiens avec du fil électrique. 

Selon les premiers témoignages révélés par la presse italienne, l'homme, d'origine sénégalaise, s'explique alors sur les raisons de son acte prémédité. Il déclare qu'il a perdu trois enfants en mer, qu'il veut dénoncer le sort des migrants en méditerranée, et affirme : "Personne ne sortira d'ici vivant". Alberto Nobili, chef de la cellule anti-terrorisme du ministère public de Milan, précise : "Il n'a fait aucune référence à l'État Islamique (...) il ne supportait pas de voir des enfants déchirés par des requins, de voir des femmes enceintes noyées".

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Le chauffeur a été interpellé après avoir forcé un premier barrage de deux véhicules de police, avant d'être bloqué contre un parapet par trois autres voitures. Le véhicule s'est retrouvé face à deux carabiniers qui ont entendu les enfants crier. 

Ousseynou Sy, âgé de 47 ans, Italien depuis 2004, chauffeur scolaire sans histoire, "a agi comme un loup solitaire" sans liens avec l'islamisme radical, a toutefois estimé au cours d'une conférence de presse le chef de la cellule anti-terrorisme de Milan. Divorcé de son épouse italienne, il a deux enfants adolescents. 

Certains enfants ont réussi à se libérer de leurs liens, et l'un d'eux à lancer l'alerte.

Francesco Greco, procureur général de Milan
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Roberto Manucci, chef de la station des carabiniers de Paullo-Milan, raconte : "Ce qui m'a le plus surpris, ce sont les enfants, leur force à se sauver et à sortir du bus." Francesco Greco, procureur général de Milan explique que "l'homme a dit aux enfants de laisser leurs téléphones au fond du bus. Certains enfants ont réussi à se libérer de leurs liens, et l'un d'eux a lancé l'alerte".

Un jeune garçon de 13 ans a en effet pris le risque de récupérer un téléphone tombé à terre pour prévenir la police vers 11h50. "Je me suis un peu fait mal aux mains pour le récupérer et j'ai pu prévenir les carabiniers et la police. Nous étions tous effrayés", a-t-il raconté, très calmement, devant une caméra.

Six carabiniers ont évacué les enfants de justesse

Selon le procureur Francesco Greco, le chauffeur a en outre percuté une voiture où se trouvait un père de famille et son enfant, qui se sont enfuis avant que leur véhicule ne prenne feu. Le bus et la voiture ont été entièrement calcinés. 

"Les enfants frappaient sur les vitres, appelaient à l'aide", a décrit Roberto Manucci, l'un des six carabiniers qui sont intervenus alors que le preneur d'otages tentait de mettre le feu au car. "C'est un miracle, cela aurait pu être un carnage. Les carabiniers ont été exceptionnels pour bloquer le bus et faire sortir tous les enfants", a déclaré à la presse le procureur de Milan.

Matteo Salvini vante les mérites de sa politique

Une douzaine d'enfants et deux des adultes, conduits à l'hôpital après avoir été légèrement intoxiqués par la fumée, "vont bien" selon les déclarations du président de la région Lombardie, Attilio Fontana. 

"Le ministère est à l'oeuvre pour vérifier la possibilité de retirer la citoyenneté italienne au Sénégalais", ont ajouté des sources ministérielles, en brandissant le décret-loi du ministre de l'Intérieur Matteo Salvini sur la sécurité et l'immigration adopté à l'automne.

Dans la matinée devant les sénateurs, M. Salvini avait assuré que sa politique de fermeté, qui a quasiment stoppé les arrivées de migrants déjà en très forte baisse avant son arrivée au pouvoir, avait sauvé des milliers de vies : "Moins de départs, moins d'arrivées, moins de morts", avait-il martelé.

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